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Le hockey n’échappe pas à la hausse des prix

L’augmentation du prix de l’équipement force des parents à faire des sacrifices

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Le prix de l’équipement de hockey n’échappe pas à l’inflation. Dans les cinq dernières années, la hausse est d’environ 5 %, mais elle donne des maux de tête à plusieurs parents, qui déboursent parfois jusqu’à 1000 $ pour la saison de leur jeune hockeyeur avant même qu’il ait sauté sur la glace. 

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Selon des calculs effectués par Le Journal à partir des sites de quatre détaillants établis au Québec, il en coûtera au minimum 348 $ (avant taxes) pour équiper en neuf votre jeune hockeyeur. Ce prix grimpera à 880 $ si votre enfant est un gardien de but (voir plus bas).

En ajoutant le coût de l’inscription, variable d’une région à une autre, et des tournois, la facture pour la pratique de notre sport national devient vite salée. 

« Quand j’ai acheté une culotte de hockey à mon gars il y a trois ans, elle était autour de 100 $. Et cette année, elle était 180 $. C’était le même niveau de qualité, je ne suis pas allée dans le plus cher », cite en exemple Fanny Chalifoux, maman de deux jeunes joueurs.

Depuis le début de la pandémie, l’augmentation est notamment attribuable « aux difficultés d’approvisionnement et au coût des conteneurs, qui a littéralement explosé pour toutes les industries », explique Éric Dupont, gestionnaire opérations, marketing et achats pour Le Trio Hockey.  

Pour ces mêmes raisons, les prix continueront à augmenter cette année. 

Tous les produits touchés

M. Dupont pointe aussi les évolutions technologiques, qui ont fait bondir les prix de certains articles dans les dernières années, comme les patins et les bâtons, mais aussi « leur qualité et leur performance ». 

« Si tu compares un bâton d’il y a cinq ou six ans à un qui est vendu aujourd’hui, tu as l’impression que ce n’est pas la même chose, tellement il est plus performant », dit-il. 

La hausse touche autant les produits d’entrée de gamme que ceux de haute performance. Ainsi, le prix de certains patins a augmenté d’une dizaine de dollars. Pour d’autres pour adultes, qui en coûtaient 1000 $, il y a trois ans, le prix a bondi de 200 $.

Pas pour tous 

L’équipement d’entrée de gamme ne convient pas à tous les joueurs, prévient M. Dupont. Tout dépend de leur calibre de jeu et de la fréquence à laquelle ils jouent, deux aspects qui pourraient avoir un impact sur la durabilité du produit, notamment en ce qui a trait aux patins. 

« Si un jeune est sur la patinoire cinq jours par semaine, une paire de patins à 79,99 $ n’est pas nécessairement ce que ça lui prend, soulève-t-il. Il va l’user plus rapidement. »

Selon les recherches du Journal, le prix des patins pour les jeunes hockeyeurs fluctue entre 53,99 $ et 1099,99 $.

Une réalité qu’ont constatée certains parents. « Mon fils est proche de monter dans le double lettre. Quand il est arrivé avec l’équipe cette année, on s’est fait dire qu’il ne pouvait pas prendre certains types de patins, parce que ce n’est pas assez solide », affirme Marie-Claude Mercier, maman de deux hockeyeurs. 

Le prix des inscriptions aussi

Devant la hausse de prix, des parents ont développé des astuces afin d’économiser. D’autres ont choisi de se serrer la ceinture et de délaisser certaines activités. 

« On va moins souvent au restaurant, illustre Annie Dumas Beshara, maman d’une gardienne de but de 8 ans. Parfois, quand je vois un beau chandail de laine, je passe mon tour, j’attends. L’accent est vraiment mis sur Maéva. »

Car, en plus du coût de l’équipement, certains, comme Julie Doré, ont constaté une hausse du prix des inscriptions. 

Mme Doré et son conjoint ont quatre enfants qui jouent au hockey à Sainte-Sophie, dans les Laurentides.

« J’ai payé 390 $ pour chaque enfant au début de la saison, donc plus de 1500 $ au total, note-t-elle. Quand mon plus vieux a commencé, ça me coûtait environ 200 $ pour lui. »

Mais malgré les milliers de dollars qu’ils dépensent chaque année afin que leurs enfants pratiquent le hockey, malgré les sacrifices et le temps passé à l’aréna, il est hors de question pour les parents interrogés par Le Journal que leurs jeunes cessent la pratique de leur sport préféré. 

« Pour mon plus vieux, qui a des problèmes de comportement, c’est une thérapie, affirme Mme Mercier. C’est la meilleure décision que l’on a prise, alors on fait maintenant des choix en fonction de sa passion. »

- En collaboration avec Charles Mathieu, Bureau d’enquête

350 $ pour l’équipement de base  

Selon des calculs effectués par Le Journal à partir des sites de quatre détaillants spécialisés dans l’équipement sportif établis au Québec, il vous en coûtera au minimum 348 $ (avant taxes) pour équiper votre jeune hockeyeur de matériel neuf. Mais ce prix augmentera considérablement si votre petit athlète jette son dévolu sur la position de gardien de but. 

MONTANTS MINIMAUX (d’âge junior)

 

Méthodologie : Le Journal est allé chercher les prix de près de 1800 produits sur le site du Trio Hockey (Sports Rousseau, Hockey Experts et L’Entrepôt du hockey) et d’environ 2000 produits du site de La Source du Sport. Les prix peuvent varier en fonction du magasin et selon les produits offerts. Pour le Trio Hockey, les prix réguliers ont été priorisés et les rabais appliqués actuellement sur le site n’ont pas été comptabilisés. À titre indicatif, des rabais s’appliquent sur près de 550 produits. Les catégories « youth » et « enfants » ont été
ajoutées dans la catégorie « junior ». Les équipements qui n’avaient pas été catégorisés n’ont pas été comptabilisés dans les calculs. 

* Données comptabilisées par Charles Mathieu, Bureau d’enquête. | Source : Triohockey.ca et sourceforsports.ca, le 20 décembre 2021

Des heures pour dégoter des aubaines    

La maman de Maéva Beshara, une gardienne de but de 8 ans, estime avoir déboursé environ 1000 $ pour son équipement, qui comporte plusieurs pièces usagées.
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La maman de Maéva Beshara, une gardienne de but de 8 ans, estime avoir déboursé environ 1000 $ pour son équipement, qui comporte plusieurs pièces usagées.

La hausse du coût de l’équipement de hockey neuf pousse de nombreux parents à se tourner vers l’achat de pièces usagées. Mais la tâche n’est pas si simple : certains reconnaissent passer de nombreuses heures chaque saison afin de trouver les morceaux qui conviennent à leur jeune.

« Ce n’est pas évident, concède Annie Dumas Beshara, maman d’une gardienne de but de 8 ans. Il faut que tu t’y connaisses, que tu magasines. Parfois, on part de Sorel jusqu’à Montréal pour aller acheter un article. »

« Il n’y a que les bâtons que l’on achète systématiquement neufs, ajoute Julie Doré, qui a quatre jeunes hockeyeurs à la maison. Mais ça implique de se déplacer, d’essayer. Et si ça ne fait pas, je dois aller voir ailleurs. »

Grosses économies

Ces recherches sur les sites de revente tels que Marketplace ainsi que dans les boutiques spécialisées permettent toutefois aux familles de faire des économies considérables. 

« Quand mon fils de 11 ans a décidé qu’il voulait recommencer à jouer, j’ai été vraiment chanceuse, se réjouit Mme Doré. Ça m’a coûté moins de 100 $ pour l’équipement au complet. Une dame a été vraiment gentille et m’a fait un excellent prix pour du stock qui était presque neuf. » 

1000 $ quand même

Mais tous n’ont pas la main aussi heureuse. Même en se tournant vers l’usagé, certains parents doivent allonger ainsi plusieurs centaines de dollars afin d’équiper leur enfant.  

« Quand j’ai acheté l’équipement de ma fille pour la première fois, j’avais plusieurs morceaux usagés et ça m’a coûté environ 1000 $ », pointe Mme Dumas Beshara. 

Cette dernière estime qu’elle aurait dû débourser environ 700 $ de plus si elle avait acheté de première main tout l’équipement de gardien. 

Et pour certaines pièces, les parents préfèrent débourser le plein prix. C’est notamment le cas pour les casques. 

« La tête, on y tenait. Alors on a préféré payer 320 $, plus les taxes, pour un casque de gardien de but neuf pour notre fille », explique Mme Dumas Beshara. 

Un 2e emploi pour payer les frais  

Fanny Chalifoux, une militaire déployée à Halifax, compte se trouver un deuxième emploi cette année afin de payer les saisons de hockey de son fils Erick (sur la photo) et de sa fille Élizabeth.
Photo courtoisie
Fanny Chalifoux, une militaire déployée à Halifax, compte se trouver un deuxième emploi cette année afin de payer les saisons de hockey de son fils Erick (sur la photo) et de sa fille Élizabeth.

Pour que leurs enfants puissent vivre leur passion, des parents de jeunes hockeyeurs sont prêts à laisser les leurs de côté et même à se trouver un deuxième emploi. 

« Je suis militaire et séparée du père de mes enfants, raconte Fanny Chalifoux, qui a deux enfants qui pratiquent le hockey. Au printemps, je devrais être en mesure de commencer un deuxième job à partir de la maison, qui m’aidera à payer les frais. » 

Mme Chalifoux explique être seule à payer les frais relatifs au hockey. Quand son fils a commencé à jouer il y a cinq ans, elle a déboursé 1000 $ pour l’équiper de A à Z. 

« J’essaye de passer l’équipement de mon plus grand à ma fille, mais ça ne marche pas toujours. Et quand je dois aller en acheter, les prix n’arrêtent pas d’augmenter, mais ce n’est pas parce que j’opte pour des pièces de meilleure qualité », ajoute-t-elle. 

De plus en plus de parents de la classe moyenne se tournent quant à eux vers les organismes afin de trouver de l’équipement usagé sans avoir à débourser.

À Sorel, des familles se sont retroussé les manches afin que la saison leur coûte moins cher. 

Elles sont parties à la recherche de commanditaires, ont vendu des paquets de bonbons qu’ils avaient assemblés et ont organisé un « moitié-moitié ». 

« Une entreprise a acheté 175 paquets de bonbons, souligne Annie Dumas Beshara, dont la fille de 8 ans est gardienne. Ça aide à payer les frais d’inscription aux tournois, qui nous coûtent 800 $ par équipe. »

L’aréna, la deuxième maison

Et au-delà des coûts, le sport national des Canadiens occupe une bonne partie des familles qui ont parlé au Journal

Julie Doré, dont les trois jeunes jouent au hockey, en plus du fils de son conjoint, estime débourser environ 10 000 $ par année pour les quatre enfants du couple. 

Mais Mme Doré, qui travaille dans le réseau de la santé, mentionne aussi que l’hiver, « l’aréna est sa deuxième maison ». « Cette saison-ci, les quatre ont des pratiques le mardi. Je peux passer trois à quatre heures d’affilée à l’aréna », précise-t-elle. 

« Mon conjoint et moi, on jouait au bowling, dans une ligue, poursuit-elle. On a dû arrêter parce qu’on avait trop de pratiques et de matchs la fin de semaine. Mais les gars aiment ça, le hockey.

Des dons pour la classe moyenne     

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Les familles de la classe moyenne sont de plus en plus nombreuses à se tourner vers les organismes afin de dénicher de l’équipement de hockey gratuit, note Ginette Faucher, directrice générale chez Le Pivot, un organisme de bienfaisance de Québec. 

« Ce ne sont pas juste des gens défavorisés qui viennent nous voir, relève-t-elle. On a aussi des parents à revenus moyens, qui ont deux ou trois enfants qui poussent comme de la mauvaise herbe. »

« Avec la pandémie, de plus en plus de gens de la classe moyenne connaissent des problèmes financiers, ajoute Mme Faucher. Quand ils sont capables de payer moins, ils sont bien contents. » 

La pandémie nuit

Ginette Faucher note que l’équipement de hockey fait partie des dons qui trouvent preneur « assez vite », mais qu’elle en récolte moins depuis la pandémie. 

Une compagnie de la région de Québec a notamment cessé sa collecte annuelle cette année en raison des conditions sanitaires, mais devrait recommencer l’an prochain. 

Anthony De Francesco, directeur des services communautaires chez Jeunesse au Soleil, constate pour sa part qu’il reçoit souvent des équipements désuets. 

« Parfois, ça date des années 1970, pointe-t-il. On ne les redistribue pas, parce qu’on veut laisser la chance aux jeunes de découvrir le hockey avec de l’équipement qui soit assez récent. » 

2000 $ par week-end de tournoi  

Joanie Poitras demeure à Fermont, sur la Côte-Nord, d’où son conjoint est originaire. Au moins huit fois par année, la famille parcourt les six heures de route qui les séparent de Baie-Comeau ou de Sept-Îles afin que leurs deux jeunes hockeyeurs puissent disputer des tournois. 

Puisqu’ils vivent en région éloignée, une fin de semaine de tournoi peut leur coûter 2000 $ et une saison complète, 17 000 $. 

« Il y a une grosse partie du salaire qui passe dans le hockey », concède-t-elle. Mme Poitras ne travaille pas, elle qui a aussi deux filles, qui font de la danse. Son conjoint travaille pour la Ville de Fermont. 

La distance fait aussi en sorte qu’il est difficile pour la famille de trouver de l’équipement de hockey rapidement, advenant un bris, par exemple. Joanie Poitras se réjouit toutefois d’avoir trouvé un site web spécialisé qui livre en quelques jours. 

« J’ai aussi pris l’habitude de garder les patins de mon plus vieux pour mon plus jeune, explique Mme Poitras. J’en ai de toutes les tailles ! » 

Astuces pour économiser  

Des parents de jeunes hockeyeurs ont partagé au Journal leurs trucs pour économiser sur l’équipement :

Acheter usagé (dans les boutiques spécialisées ou sur le web)

Comme les enfants grandissent rapidement, les équipements sont généralement portés durant une saison ou deux. Ils sont donc encore en bon état lorsqu’ils sont revendus.  

Dons d’équipement 

Certains organismes font des collectes d’équipements usagés. Les associations de hockey locales peuvent généralement vous rediriger vers ces organismes. Certaines associations organisent quant à elles des journées d’échange d’équipement entre leurs membres. 

Surveiller les offres spéciales 

Des boutiques spécialisées offrent des programmes de fidélité ou des rabais d’anniversaire. Des détaillants proposent aussi des spéciaux en début de saison, vers les mois d’août et de septembre, souligne Éric Dupont, gestionnaire opérations, marketing et achats pour Le Trio Hockey.

Faire une location annuelle

Des boutiques spécialisées offrent aussi la location de l’équipement pour une saison. 

Utiliser les déductions fiscales

Le gouvernement du Québec propose un crédit d’impôt pour activités des enfants aux familles dont le revenu ne dépasse pas 140 910 $. Pour y être admissible, votre enfant doit être inscrit à un programme qui comprend des activités physiques et dont la durée est d’au moins huit semaines consécutives.

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