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Gardé à jeun 24 heures à l’urgence...pour rien

Un résident des Laurentides a porté plainte après un séjour éprouvant à l’hôpital

Simon Rouleau
Photo Pierre-Paul Poulin Simon Rouleau, 40 ans, a dû être hospitalisé en raison d’un épisode de colite ulcéreuse particulièrement souffrant.

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Un patient immunosupprimé transféré à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme pour une batterie de tests déplore qu’il ait dû attendre 24 heures à jeun et dans l’ignorance avant qu’on s’occupe de lui.

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« Quand tu es en transfert médical et que tu es incapable d’avoir des réponses, pour moi, c’est une forme d’abandon », affirme Simon Rouleau, qui souffre de colite ulcéreuse depuis plusieurs années. 

En douleurs, l’homme de 40 ans s’est d’abord présenté à l’urgence de l’Hôpital de Saint-Eustache, le 28 décembre. 

« J’allais [aux toilettes] 50 fois par jour, je perdais du sang, je faisais de l’anémie, je n’étais plus fonctionnel », résume-t-il.  

On l’a hospitalisé et mis à jeun à partir de l’heure du souper, en prévision des examens qu’il subirait le lendemain. 

Dans l’après-midi du 29, un docteur l’a informé qu’il serait plutôt transféré à l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, où il était déjà suivi en gastroentérologie, pour subir une endoscopie. 

Une fois arrivé au triage ambulancier par taxi médical, il a patienté durant quatre heures dans l’ignorance, malgré ses questions répétées au personnel.

Une longue attente

« On m’a mis sur une chaise et on m’a dit “Simon, attends”. OK, mais pourquoi j’ai dû attendre ? On était censé m’attendre, je devais passer un examen », se souvient-il.

« J’ai eu l’impression de devoir me battre avec l’infirmière pour expliquer pourquoi j’étais là. » 

Il a passé une nuit dans ce couloir de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.
Photo courtoisie, Simon Rouleau
Il a passé une nuit dans ce couloir de l’Hôpital régional de Saint-Jérôme, dans les Laurentides.

On lui a finalement confirmé, vers 18 h, que ses tests auraient lieu le lendemain, ce qui lui a permis d’enfin manger après un jeûne inutile de 24 heures.

Le malade immunosupprimé a ensuite passé deux nuits dans un couloir, réveillé par le va-et-vient, la lumière des néons et craignant d’attraper la COVID. 

« J’ai vu beaucoup de détresse, des personnes âgées, très malades, qui ont déféqué, uriné, ou vomi dans leurs chaises sans vraiment de support », témoigne-t-il. 

Simon Rouleau a obtenu son congé le 30 décembre, après avoir subi ses examens et s’être fait prescrire un traitement de cortisone à la maison. 

Il a depuis déposé une plainte à l’hôpital en lien avec son séjour « éprouvant ». 

Système en crise

Le résident de Deux-Montagnes précise qu’il est redevable aux travailleurs de la santé qui ont pris soin de lui, malgré leur épuisement apparent. 

« On traverse une crise. Ça peut expliquer certains gestes, mais ils sont difficilement excusables », juge Paul Brunet, du Conseil pour la protection des malades. 

Le CISSS des Laurentides rappelle que la situation reliée à la COVID est très exigeante pour son personnel. 

Cependant, « même s’il y a des réductions d’activité, un tel transfert devrait assurément se dérouler beaucoup mieux que la situation [décrite] », écrit Suzanne Séguin, des relations médias.  

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