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La valse des reports reprend de plus belle au cinéma

La fermeture des salles cause des maux de tête aux distributeurs de films

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C’est le jour de la marmotte pour le milieu du cinéma. De nouveau plongés dans l’incertitude depuis la fermeture des salles de la province, les distributeurs québécois doivent encore chambouler le calendrier de leurs prochaines sorties de films.

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Par la force des choses, tous les films qui devaient sortir au Québec au début janvier ont déjà été repoussés à des dates ultérieures. Si la tendance se maintient, ceux attendus à la fin du mois et même en février subiront bientôt le même sort, prédisent les distributeurs interrogés par Le Journal lundi. 

Photo courtoisie

C’est le cas notamment du thriller financier Norbourg (sur le scandale du même nom), qui devait arriver sur nos écrans le 18 février. Sa sortie sera vraisemblablement repoussée à une date ultérieure, a-t-on appris lundi.

« Le plus gros problème auquel on fait face en ce moment, c’est qu’on n’a aucune idée quand les salles vont rouvrir », déplore le distributeur Christian Larouche (Louis Cyr).

Photo courtoisie, CURIOSA FILMS

M. Larouche devait lancer ce mois-ci le drame Illusions perdues, un film français mettant en vedette Xavier Dolan. Il a aussi dans ses cartons la comédie Au revoir le bonheur qui a pris l’affiche le 17 décembre dernier, soit seulement quatre jours avant la fermeture des salles, et le drame policier Confessions, inspiré de la vie du tueur à gages Gérald Gallant.  

« Pour le moment, toutes mes sorties sont sur la glace, précise-t-il. Je veux relancer Au revoir le bonheur mais je veux que ça soit fait dans les meilleures conditions possible. Pour Confessions, sa sortie est encore prévue pour le 11 mars mais il y a de fortes chances qu’elle soit repoussée. Bref, si tu me demandes aujourd’hui quand je vais sortir mes films, je vais te répondre que j’en ai absolument aucune idée. J’ai déjà été échaudé à plusieurs reprises depuis le début de la pandémie. Je ne veux plus prendre de chances. »

Engorgement à prévoir

Autre problème à l’horizon : l’accumulation de productions américaines risque de limiter le nombre d’écrans disponibles pour les longs métrages québécois et européens. 

Les cinémas étant restés ouverts chez nos voisins du Sud, les studios hollywoodiens n’ont pas ralenti la cadence au cours des dernières semaines. Tous les films américains sortis depuis la mi-décembre (dont le très populaire Spider-Man) devraient se bousculer sur nos écrans lors de la réouverture des cinémas de la province.

« C’était déjà très congestionné avant la fermeture des salles parce qu’on avait du mal à liquider le stock de l’an passé. Ça risque d’être encore plus compliqué lors de la relance », signale Louis Dussault, président de K-Films Amérique.

Photo courtoisie

La fermeture des cinémas a forcé K-Films Amérique à reporter à la dernière minute la sortie de la comédie française C’est la vie, prévue le 24 décembre. Le distributeur doit également retarder la mise en marché du film Une histoire d’amour et de désir, qui aurait dû sortir ce vendredi.

Trois semaines après le choc provoqué par l’annonce de la fermeture des salles, Louis Dussault s’explique encore mal cette décision du gouvernement Legault. D’autant plus que le Québec demeure un des seuls endroits au monde à avoir fermé ses cinémas et salles de spectacle pendant cette cinquième vague. 

« C’est quand même curieux que ce soient les endroits où on était obligés de montrer un passeport vaccinal qui ont été fermés en premier, signale-t-il. Pendant ce temps, plusieurs commerces où le passeport n’est pas requis sont restés ouverts. Encore une fois, c’est la culture qui a écopé en premier. »

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