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Un modèle et une inspiration

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Photo AFP Sydney Poitier

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Sydney Poitier. Il devait fêter ses 95 ans au début du mois prochain. Par son engagement artistique et politique, il aura été un modèle de référence et une inspiration pour plusieurs personnes de ma génération.

Martin Luther King, aux côtés duquel il avait milité, avait dit de lui, je cite : « C’est un homme d’une grande profondeur, un homme concerné par la société, un homme engagé pour les droits de l’Homme et la liberté ».

Tout comme Martin Luther King, alors qu’il tentait à sa manière, dans ses choix artistiques, de bâtir des passerelles et des ponts entre les « Noirs » et les « Blancs » au plus fort du mouvement des droits civiques dans les années 1960 aux États-Unis, une frange radicale d’activistes de la communauté noire l’avait traité de « Monsieur Tom/Oncle Tom ».

Une carrière remarquable

Sa filmographie est longue... Qu’il s’agisse notamment des films La chaîne, Porgy and Bess, Le lys des champs, Un coin de ciel bleu ou Devine qui vient dîner, le travail de cet immense acteur fut remarquable.

Tout au long de sa carrière, des nominations pour son travail d’acteur, Sydney Poitier en a obtenu plusieurs. Des prix également.

En 1959, il a reçu le BAFTA Award (British Academy Film Awards) du meilleur acteur étranger pour sa brillante interprétation, aux côtés de Tony Curtis, dans le film La chaîne (The Defiant Ones) ; un film dramatique produit et réalisé par Stanley Kramer sur le scénario de Harold Jacob Smith.

En 1964, il fut le premier acteur africain-américain à gagner un Oscar pour son interprétation dans le film Le lys des champs (Lilies of the Fields), une comédie de Ralph Nelson, d’après le roman de William E. Barrett.

En 2009, il reçut la médaille présidentielle de la Liberté des mains de Barack Obama, alors président des États-Unis.

Devine qui vient dîner 

Alors jeune adolescent et pensionnaire au Collège (jésuite) Libermann, à Douala au Cameroun dans les années 1970, je découvrais pour toute la première fois Sydney Poitier dans le rôle du Dr John Prentice à travers le film Devine qui vient dîner. C’était dans le cadre de nos soirées-cinéma au collège.

Ce film posait des questions relatives au racisme. Elles sont toujours d’actualité...

Des questions qui, à l’époque, suscitaient des débats structurants et porteurs entre nos enseignants jésuites et nous, les apprenants. Il nous arrivait même de rejouer entre nous des extraits de ce film au théâtre, dans le cadre de nos soirées culturelles au collège.

Nul doute que si plusieurs de mes anciens camarades du collège et moi-même sommes devenus des adultes pacifiques et conciliants plus tard, c’est notamment grâce à l’influence que des artistes comme Sydney Poitier ont pu avoir sur nous alors que nous étions en pleine construction de nos personnalités psychiques.

En conclusion, il ne faut pas négliger le rôle des artistes « positifs », des Sydney Poitier de ce monde dans le développement intellectuel des enfants.

Merci, Monsieur Poitier, et bonne route dans la grande lumière.