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Explosion mortelle à Saguenay: le geste volontaire confirmé

Le père de famille a eu recours à des explosifs pour faire sauter sa maison, emportant avec lui ses deux fils

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JONQUIÈRE | La Sûreté du Québec (SQ) confirme qu’un père de famille d’Arvida a volontairement fait exploser sa maison, tuant ainsi ses deux jeunes garçons de deux ans et six mois, un geste qui provoque « peine » et « colère » chez les proches des victimes.  

• À lire aussi: Deux jeunes enfants ont péri dans le drame

Après trois jours d’enquête complexe et éprouvante pour ses experts, la SQ a confirmé mercredi qu’un geste délibéré a mené à l’explosion d’une résidence du quartier Arvida, dans l’arrondissement de Jonquière, au Saguenay, lundi matin.

Les policiers de la Sûreté du Québec ont continué leur enquête sur les lieux du drame, mercredi.
Photo Agence QMI, Roger Gagnon
Les policiers de la Sûreté du Québec ont continué leur enquête sur les lieux du drame, mercredi.

L’homme à l’origine de la tragédie, Dérick Lalancette, 39 ans, était le père des deux victimes de ce qui constitue un infanticide, selon la SQ.  

Félix, deux ans, et son frère, Édouard, six mois, ont perdu la vie dans la déflagration, aux côtés de leur père. Ce dernier et la mère des enfants étaient séparés depuis peu.  

Famille en « colère » 

Dérick Lalancette et ses enfants, Félix, deux ans, et Édouard, six mois, sont décédés dans l’explosion de leur maison lundi matin, dans le quartier Arvida, au Saguenay. Selon la police, l’homme de 39 ans a volontairement causé la tragédie.
Photo tirée de Facebook
Dérick Lalancette et ses enfants, Félix, deux ans, et Édouard, six mois, sont décédés dans l’explosion de leur maison lundi matin, dans le quartier Arvida, au Saguenay. Selon la police, l’homme de 39 ans a volontairement causé la tragédie.

La grand-mère maternelle et l’oncle des enfants ont tous deux publié un message sur Facebook. « Jamais je n’aurais pensé avoir autant de douleur, de peine, de colère et d’impuissance », écrit-elle sous une photo de ses petits-fils et de leur mère, qui semble avoir été captée peu de temps avant le décès des deux enfants. 

« Il n’est pas croyable que vous soyez partis en ayant à peine goûté à ce qu’on appelle la vie », a indiqué pour sa part l’oncle, promettant de prendre soin de la mère éplorée.

Le père de famille, ici en des temps plus heureux, avait des connaissances en explosifs.
Photo tirée de Facebook
Le père de famille, ici en des temps plus heureux, avait des connaissances en explosifs.

Selon le récit d’une proche de la famille, la mère des garçons avait laissé les enfants chez leur père quelques heures avant le drame afin qu’il passe du temps avec eux. 

L’explosion s’est produite vers 10 h et elle a été d’une telle force qu’elle a fragilisé la structure de la maison et même laissé un trou dans le plancher du sous-sol.

Recours à des explosifs

Le porte-parole de la SQ Hugues Beaulieu confirme que le père, qui travaillait à la mine Niobec, à Saint-Honoré, avait « des connaissances en explosifs ».

Pour exercer son travail de foreur-dynamiteur, Dérick Lalancette devait d’ailleurs avoir un permis général d’explosifs. 

L’enquête policière déterminera comment l’homme s’est procuré les explosifs. L’entreprise minière a indiqué mardi collaborer pleinement avec les enquêteurs dans ce dossier. 

D’ailleurs, le travail d’enquête à la résidence de la rue Dubose, à Arvida, n’est pas terminé et pourrait se poursuivre jusqu’en matinée mercredi.  

Selon ce qu’il a été permis d’apprendre, le travail de recherche dans le sous-sol pour retrouver le moindre indice, notamment pour valider le dispositif utilisé et le type d’explosif, est un travail d’une grande minutie. 

Dans le contexte d’une enquête criminelle, la coroner Francine Danais, qui s’est rendue sur place pour commencer son enquête, attendra la fin du travail policier avant d’entamer son enquête et tenter de comprendre ce qui a mené à cet infanticide.  


Une campagne de sociofinancement lancée pour venir en aide à la mère des deux jeunes garçons décédés avait déjà permis d’amasser plus de 30 000 $ mercredi soir. 

Ne peut pas utiliser des explosifs qui veut 

Les entreprises de dynamitage et les mines qui utilisent des explosifs sont régies par des règles « très sévères », assure un expert du milieu. 

Ne peut pas utiliser des explosifs qui veut au Québec. Cette profession, qui est exercée par un nombre restreint de personnes, est régie par la Sûreté du Québec.

Le corps policier délivre un permis général d’explosifs aux particuliers ou aux entreprises, de même que des permis de dépôt, de vente ou de transport. 

Avant de délivrer un permis général d’explosifs à un individu, la SQ fait une vérification exhaustive du dynamiteur, un exercice qui doit aussi être fait lors du renouvellement du permis.

Dans un registre

Selon Jean-François Gaudreau, qui a exercé pendant 15 ans dans ce milieu, chaque déplacement ou utilisation doit être rigoureusement inscrit dans un registre.  

D’abord, à la poudrière – le lieu d’entreposage – le dynamiteur doit inscrire tout ce qu’il prévoit utiliser en prévision de son travail de la journée. Il existe d’ailleurs une très grande variété d’explosifs dans ce domaine.  

« C’est comme entrer dans le rayon des fruits et légumes », illustre M. Gaudreau qui ne peut spéculer sur le type d’explosif utilisé par Dérick Lalancette, qui travaillait à la mine Niobec. 

Un « bordereau de transport » doit également être rempli avant chaque déplacement.  

Sur le lieu d’explosion, un « journal de tir » doit aussi contenir l’inventaire de ce qui a été utilisé pour procéder à un dynamitage. 

De plus, en fin de journée, un nouvel inventaire de ce qui a été ramené à la poudrière doit être effectué.

« Processus rigoureux »

« Le processus est rigoureux et doit être suivi de A à Z, mais en bout de ligne c’est aussi une question de confiance du dynamiteur », explique M.Gaudreau.  

Si vous avez besoin d’aide            

Ligne québécoise de prévention du suicide  

  • www.aqps.info  
  • 1 866 APPELLE (277-3553)                          

Jeunesse, J’écoute  

Tel-jeunes  

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