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Privatisation de La Cage — Brasserie Sportive: Jean Bédard souhaite céder les rênes à ses employés

Bien qu’il lui reste encore quelques années, l’homme d’affaires prépare sa relève

Le président et chef de la direction de Sportscene, Jean Bédard
Photo d'archives, Agence QMI (Joël Lemay) Le président et chef de la direction de Sportscene, Jean Bédard

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Avec la privatisation de la chaîne de restaurants La Cage — Brasserie Sportive, le patron de Sportscene, Jean Bédard, dit préparer sa relève qui passera, espère-t-il, par des membres de son équipe de direction. Une acquisition ou un partenariat pour développer une nouvelle enseigne est aussi au menu pour 2022.

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Ces dernières années, malgré l’intérêt de plusieurs investisseurs pour racheter ses restaurants, l’homme d’affaires québécois a toujours refusé l’idée de vendre ses parts à des groupes étrangers ou d’autres entreprises.

C’est à ses employés qu’il aimerait céder les rênes d’ici « cinq ou sept ans », tout en conservant une certaine proximité avec la compagnie.

«À 58 ans, cela me donne le temps de préparer la suite. [...] Je veux monter quelque chose de bien et je veux aussi m’assurer de la pérennité», a confié au Journal le président et chef de la direction, quelques heures après que les actionnaires de Sportscene eurent approuvé à 99 % et des poussières la transaction permettant à l’entreprise de quitter les marchés boursiers.

C’est M. Bédard et un consortium d’investisseurs d’ici dirigé par la Corporation Financière Champlain qui prendront les commandes du groupe détenant La Cage à la fin du processus prévu pour la semaine prochaine.

Le président conservera environ 18 % des parts de la compagnie.

«Ce qu’ils veulent aussi, c’est dans le même sens que nous, c’est faire grandir l’entreprise au Québec», a raconté M. Bédard, précisant que son entente avec la Corporation Financière Champlain devra être rediscutée d’ici sept ans. L’investisseur pourra alors choisir de se retirer ou de rester.

M. Bédard travaillait sur ce plan de privatisation depuis la mi-juillet. Deux groupes ont levé la main pour l’appuyer. La valeur de la transaction est estimée à environ 51,25 millions $ (7,25 $ par action).

«Soulagé» et «serein»

Le grand patron raconte avoir choisi d’entreprendre ce virage vers le privé en raison de la lourdeur administrative et des coûts liés avec sa présence sur les marchés publics. Il ne cache pas le fait qu’il était aussi un peu fatigué de gérer une compagnie à la Bourse en pleine pandémie. Il se dit «soulagé» et «serein».

«Je suis content, oui, mais cette semaine j’ai passé plus de temps à penser à mes employés sur quand nous allons rouvrir que cette transaction. J’aurais aimé mieux une assemblée annuelle en personne» a avancé M. Bédard.

Le mois prochain, la direction de La Cage prévoit ouvrir deux nouveaux restaurants, à LaSalle et à Laval, pour porter le nombre d’établissements à 40.

Dans ses cartons, Sportscene regarde également pour déployer une nouvelle enseigne grâce à une acquisition ou un nouveau partenariat en 2022. M. Bédard ne cache pas avoir déjà à l’œil certaines compagnies.

«On va essayer de répliquer un peu le modèle que nous avons fait avec La Cage ailleurs. On pourrait peut-être trouver une chaîne québécoise et ouvrir plus de restaurants. Quelque chose qui est à Montréal et l’amener à Québec ou le contraire», a-t-il souligné, précisant être aussi en réflexion quant à l’avenir de l’enseigne asiatique P.F. Chang’s.

«Ce brand ne nous appartient pas. [...] Notre contrat se termine dans deux ans. Ce n’est pas dans les priorités», avoue-t-il.

Comme d’autres restaurateurs, la pandémie a forcé La Cage à revoir son modèle d’affaires en misant davantage sur un service de livraison.

Évoquée à l’été 2020, la direction écarte toutefois aujourd’hui l’idée de mettre sur pied son propre service de livraison.

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