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«Vaccimpôt»: au Canada, un écart entre l’opinion publique et la santé publique

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Le «vaccimpôt» proposé par Québec suscite des réactions contrastées au Canada : alors qu’une majorité de la population semble appuyer l’initiative, des leaders en santé publique ailleurs au pays jugent la mesure trop punitive.

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  • Écoutez Yves Daoust, directeur de la section Argent du journal de Montréal et du Journal de Québec, sur QUB radio : 

Un sondage de la firme Maru indique que 60 % des 1510 personnes sondées appuyaient l’imposition d’une taxe aux personnes non vaccinées, avec un sommet de 69 % chez les 55 ans et plus.

C’est en Colombie-Britannique et au Québec que l’on retrouve les plus hauts niveaux d’appui pour un «vaccimpôt», avec 64 % et 63 % respectivement.

Ces Canadiens risquent d’être déçus par leurs leaders provinciaux. Nombre d’entre eux ont balayé du revers de la main la possibilité de suivre le sentier tracé par Québec.

«Ce n’est pas une proposition que nous ferions [au gouvernement Ford]. À mon avis [la mesure] me semble punitive», a déclaré mercredi le directeur de la santé publique de l’Ontario, le Dr Kieran Moore.

Même son de cloche en Colombie-Britannique, où la Dre Bonnie Henry, cheffe de la santé publique, a fait savoir qu’elle ne suggérerait pas la même chose à son gouvernement. Le ministre de la Santé a tôt fait d’ajouter qu’il n’y songeait pas de toute façon.

De son côté, l’Association canadienne des libertés civiles estime qu’un «vaccimpôt» «soulève d’importantes préoccupations en matière d’équité» et que «le gouvernement devrait abandonner cette proposition controversée et vulnérable sur le plan constitutionnel».

Trudeau reste prudent

Le gouvernement fédéral reste prudent au sujet de la «contribution santé». Justin Trudeau et Jean-Yves Duclos, ministre de la Santé, préfèrent attendre les modalités de la politique avant de se prononcer.

«Évidemment, les détails vont être importants au Québec parce qu’on veut que les principes de la Loi sur la Santé soient respectés», a déclaré M. Trudeau, qui n’a pas voulu se prononcer sur la légalité de la proposition.

Une décision «sage», selon le porte-parole du Bloc québécois en Santé, Luc Thériault. Puisque la sévérité de la vague d’Omicron sur le système québécois est largement tributaire au manque de personnel et de lits en soins intensifs, M. Thériault a réitéré l’appel de Québec et des autres provinces à augmenter les transferts en santé.

Pour le conservateur Luc Berthold, «il est clair que des mesures spécifiques au niveau provincial ne sont introduites qu'en raison des échecs de Justin Trudeau sur la COVID-19». M. Berthold ne s’est pas prononcé sur la décision de Québec, mais affirme que «les conservateurs veulent la fin des restrictions à la liberté et des effets néfastes sur la santé mentale et le bien-être des Canadiens».

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