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L’inflation est désormais la cible à abattre aux États-Unis

L’inflation est désormais la cible à abattre aux États-Unis
AFP

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De l’administration Biden aux dirigeants d’entreprises, en passant par la banque centrale, l’inflation, qui a déjoué les pronostics en s’élevant à son plus haut niveau depuis près de 40 ans, est devenue aux États-Unis l’ennemi public numéro un. 

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«Je suis très préoccupée par le niveau élevé de l’inflation», a souligné jeudi Lael Brainard, la future vice-présidente de la banque centrale américaine (Fed), lors d’une audition devant la commission bancaire du Sénat.

«Nous entendons des familles de travailleurs à travers le pays parler d’inflation (...). Nous avons un outil puissant et nous allons l’utiliser», a-t-elle assuré.

Face à des prix qui ont grimpé de 7 % en 2021, leur plus forte hausse depuis 1982, la puissante Réserve fédérale est donc sur le pied de guerre.

Son arme : des taux directeurs, qu’elle s’apprête à relever plus tôt et plus fort que prévu. L’objectif : renchérir le coût du crédit, et, par ricochet, faire reculer la consommation.

«Nous avons un outil qui agit sur la demande, qui est le taux directeur», a souligné le futur numéro 2 de la Fed, qui, si sa nomination est confirmée par le Sénat, prendra ses fonctions en février.

Offre et demande

Mais l’exercice est délicat, pour éviter d’agir trop fort, ce qui pèserait sur l’emploi.

Mme Brainard s’est dite convaincue que les mesures que prendra la Fed «réduiront l’inflation tout en continuant à permettre au marché du travail de retrouver sa pleine vigueur au fil du temps. Nous allons donc retrouver le plein emploi tout en ramenant l’inflation à 2 %».

Si la banque centrale peut agir sur la demande, elle n’a en revanche pas de levier d’action sur l’autre origine de la hausse des prix : l’offre.

Les perturbations que connaît la chaîne d’approvisionnement mondiale à cause de la pandémie ont en effet provoqué des pénuries, qui ne se sont pas résorbées comme le prévoyaient de nombreux analystes, et qui pourraient même être accrues par le variant Omicron.

L’inflation s’est donc accélérée dans de nombreuses régions du monde. Elle est cependant particulièrement élevée aux États-Unis, où l’offre est encore plus limitée, car les pénuries de main-d’œuvre ralentissent la production et les livraisons.

En face, la demande est, elle, très forte, grâce notamment aux aides financières du gouvernement face à la pandémie, mais aussi aux fortunes des propriétaires immobiliers et détenteurs de portefeuilles d’actions qui ont grossi, avec la hausse des prix de ces actifs.

Brève éclaircie

L’inflation est même devenue une préoccupation majeure pour les dirigeants d’entreprises, aux États-Unis et dans le monde, qui s’inquiètent de la voir persister au-delà de 2022, selon une enquête publiée jeudi par le centre de recherche économique Conference Board.

Pour les seuls PDG américains, l’inflation arrive également en 2e place des préoccupations, juste derrière les pénuries de main-d’œuvre.

Pour le président Joe Biden, qui risque plusieurs échecs au Congrès sur ses réformes, cette flambée du coût de la vie est un problème politique majeur, et l’opposition républicaine ne manque pas de lui en attribuer les torts, surnommant désormais la hausse des prix, la «Bidenflation».

Pour agir sur l’offre, la Maison-Blanche doit annoncer de nouvelles mesures afin de résorber l’engorgement dans les ports américains.

Une brève éclaircie a toutefois été apportée jeudi par le ralentissement de la hausse des prix de gros en décembre.

Ils ont augmenté de 0,2 %, bien moins vite qu’au cours des mois précédents, selon l’indice PPI, une mesure de l’inflation du côté des fabricants et vendeurs, publiée jeudi par le département du Travail.

Cela est dû «en grande partie (à) une baisse des prix très volatils de l’énergie et de l’alimentation», a souligné dans un communiqué Cecilia Rouse, présidente du Conseil des conseillers économiques de Joe Biden.

Cela reflète aussi, selon elle, les améliorations déjà réalisées sur la chaîne d’approvisionnement.

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