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Pas d’école en plein air pendant la fermeture

Québec interdit l’enseignement à l’extérieur

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le fondateur de la Maison Let’s Go, Guillaume Cormier, devant la maison longue.

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Québec refuse qu’une école primaire privée donne l’enseignement en plein air cette semaine et la force à faire l’école virtuelle à l’intérieur, un « non-sens » pour son fondateur et des parents.

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La Maison d’enseignement Let’s Go, à Saint-George en Beauce, est une garderie et une école primaire privée. L’établissement accueille une quarantaine d’enfants de la maternelle à la deuxième année.

Bien avant la pandémie, l’établissement misait sur l’apprentissage en plein air avec une période d’environ quatre heures à l’air frais chaque jour, explique son fondateur, Guillaume Cormier. Quelques espaces chauffés au bois sont disponibles à l’extérieur, dont une maison longue. 

En prévision de la fermeture des écoles début janvier, M. Cormier a même construit une serre où il faisait 10 degrés mardi, malgré le froid sibérien. Il était prévu que les enfants y reçoivent l’enseignement pendant la journée, à deux mètres de distance et en portant un masque.

Plainte anonyme

Or, le ministère de l’Éducation a contacté l’établissement en début de semaine pour mettre fin à cette pratique, à la suite d’une plainte anonyme. Les élèves, dont la plupart sont admissibles au service de garde d’urgence, recevront donc leurs cours à l’intérieur devant un écran, pendant que leur enseignante sera dans une pièce voisine.

Le nombre d’heures d’enseignement sera réduit puisqu’il se fera de façon virtuelle, comme le prévoient les consignes gouvernementales.

Guillaume Cormier n’en revient pas de la situation, qu’il juge « un peu ridicule ». Ce dernier tient à préciser qu’il a reçu ses deux doses de vaccin et que le projet d’enseignement à l’extérieur ne vise aucunement à contester les mesures sanitaires.

Au contraire, l’objectif était d’offrir un environnement éducatif de meilleure qualité qu’en virtuel et plus sécuritaire qu’à l’intérieur, dit-il.

Des parents fâchés

Des parents d’élèves dénoncent aussi la situation. La pédiatre Marie-Ève Marcotte, dont le fils est en première année à la Maison Let’s Go, est « attristée et très fâchée » de la tournure des événements.

« Ça répondait à un besoin des enfants tout en étant probablement plus sécuritaire qu’un service de garde d’urgence. Des initiatives comme celles-là devraient se multiplier plutôt que de se faire fermer parce que ça ne rentre pas dans les petites cases du ministère », affirme-t-elle.

Interpellé à ce sujet mardi, le ministère de l’Éducation s’est contenté d’indiquer que « tout établissement d’enseignement privé ou public doit veiller à respecter les mesures sanitaires en vigueur ».

« Les services éducatifs, incluant les services complémentaires, doivent être offerts à distance », a précisé son porte-parole, Bryan St-Louis.

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