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Plus de tests rapides demandés en entreprise

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Des acteurs du monde des affaires plaident pour que les prochaines livraisons de tests rapides soient destinées en priorité aux entreprises, vu l’absentéisme causé par les soupçons de COVID-19.

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«Avant, les employés pouvaient faire un test PCR, et c’était une journée ou deux d’absence. Mais là ils doivent s’isoler cinq jours», souligne Manon Poirier, directrice générale de l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés du Québec (CRHA). 

Cette dernière aimerait, comme plusieurs, que les entreprises aient facilement accès aux 30 millions de précieux tests rapides que la province recevra en janvier du fédéral et aux 24 millions de tests commandés par Québec. 

En effet, sans possibilité d’obtenir un diagnostic, les employés doivent s’absenter par mesure de précaution, ce qui peut ralentir, voire paralyser les activités des entreprises. 

«On ne peut pas continuer d’exclure des travailleurs pour des symptômes de la COVID [sans savoir s’ils l’ont réellement]. Ça va devenir ingérable», renchérit Karl Blackburn, président du Conseil du patronat du Québec. 

Selon lui, la distribution de ces tests par les entreprises pourrait même permettre de «faire d’une pierre deux coups» en facilitant le traçage par la Santé publique des éclosions en milieu de travail. 

Un flou inquiétant

En attendant, certaines compagnies se sont procuré des tests rapides à leurs frais, illustre-t-il. D’autres demandent un résultat négatif de test PCR passé au privé avant leur retour au travail, témoigne Mme Poirier. 

Or, faire payer ses employés pour un test PCR que l’on exige est «très délicat, d’un point de vue juridique», prévient Marie-Claude Riou, avocate en droit du travail. 

Du côté des syndicats, on prévient que le flou qui règne concernant les absences liées à la COVID-19 en l’absence de tests rapides ouvre la porte à des abus. 

«C’est notre crainte que les employeurs mettent de la pression pour que les gens reviennent au travail plus rapidement à cause de la pénurie de main-d’œuvre», affirme Denis Bolduc, secrétaire général de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). 

En ce moment, l’impossibilité de produire une preuve qu’on a la COVID provoque aussi de l’anxiété chez des employés malades. 

«Ça rajoute une couche d’inquiétude. Les employés se disent: “Est-ce que mon employeur va me croire?”» affirme Caroline Senneville, présidente de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). 

Dans tous les cas, les intervenants consultés par Le Journal appellent à faire preuve de confiance et de flexibilité les uns envers les autres. 

Pour sa part, le cabinet du ministre de la Santé précise qu'il continuera de prioriser les populations les plus vulnérables, dont celles qui fréquentent les écoles et les garderies. 

On note aussi que la distribution en pharmacie permet à la population générale, et non seulement aux travailleurs, d'avoir accès aux tests. 

«La transmission est communautaire, c’est le Québec en entier qui est à la demande de ces tests rapides», soutient par écrit Marjaurie Côté-Boileau, attachée de presse. 

Dans la dernière année, plus d’un million de tests ont tout de même été octroyés aux entreprises.

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