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Comme des pee-wee

Le ministre des Finances, Eric Girard
Photo d'archives Le ministre des Finances, Eric Girard

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Des pee-wee en culottes courtes. Tant de flaflas en novembre pour que ça finisse par un zoom avec Gary Bettman et un communiqué de la Ligue nationale qui rappelle cruellement que Québec n’a pas de place dans la Ligue nationale. 

C’est humiliant pour les gens de Québec. C’est humiliant pour les Québécois. Quand on veut jouer dans la cour des grands, on s’assure qu’on connaît les règles et qu’on n’aura pas l’air d’un gamin qui veut s’inviter pour avoir l’air grand. 

Pensez-vous une seconde que le ministre Eric Girard, un bon monsieur, a fait progresser le dossier de Québec pour un éventuel retour des Nordiques dans la Capitale ? 

Un zoom ! Finir avec un zoom !

BRIAN MULRONEY

Je ne veux pas jeter la pierre à l’honorable Girard ni au premier ministre François Legault. Quand ils ont lancé un projet de relance pour ramener les Nordiques, on était en novembre. Les restaurants roulaient, le premier ministre parlait de réunions et de fêtes à 20 ou 25 personnes à Noël et visiblement, il désirait un ballon politique pour brasser la morosité avant la campagne électorale.

Dix jours plus tard, l’Omicron lui tombait dessus, il forçait les restaurateurs à perdre une fortune le 31 décembre et il foutait un couvre-feu improvisé sur sa province. Fait que vous comprendrez que le zoom pour les Nordiques fait pique-pique pas pour rire. Et arrive à un très mauvais moment. Et puis Gary Bettman est passé d’une visite régulière à ses bureaux de Brian Mulroney, président du conseil d’administration de Québecor et ancien premier ministre du Canada, à un zoom avec Eric Girard.

Si au moins, M. Girard avait pris un avion pour se rendre Avenue of Americas et avait rencontré Bettman. Son bureau est dans le fond de l’étage et est accueillant, c’est le bureau d’un travaillant, pas d’un péteux de broue. Les deux hommes auraient pu établir un vrai contact. Mais un zoom...

LA TIRE D’ÉRABLE DE LILLEHAMMER

J’ai déjà vu bien pire qu’un zoom au temps d’Omicron. La ville de Québec a déjà eu l’air bien plus village. À Lillehammer, aux Olympiques de 94, pendant que les Américains et les autres candidats aux Jeux d’hiver de 2002, recevaient les membres du CIO qui avaient droit de vote dans les plus grands restaurants et hôtels de la petite ville, les représentants de Québec 2002 avaient installé sur le trottoir devant l’édifice du comité organisateur, une table recouverte de neige sur laquelle ils faisaient durcir de la tire d’érable.

C’est un folklorique monsieur à grosse barbe grise et à ceinture fléchée qu’on avait amené de Rigaud, qui servait la tire. En dedans, les gens de Québec écoutaient des cassettes d’André Arthur qui riaient d’eux autres à gorge déployée.

C’est évidemment une humiliation pour les Québécois. Mais ce n’est pas un recul pour le rêve de revoir les Nordiques. La résurgence de la pandémie a faussé le jeu. 

Eric Girard vaut mieux qu’un zoom. Mais il doit s’assurer que sa prochaine rencontre avec Gary Bettman sera celle d’un représentant d’un État politique de 8,5 millions d’habitants rencontrant un commissaire d’une entreprise de sports. Les hommes comme Bettman ont l’intelligence de reconnaître l’importance du pouvoir politique. 

Mais faut savoir jouer la game des grands...