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De la vente de décos à des produits liés à la cocaïne

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Un commerçant en décoration sans antécédents judiciaires, qui, pendant quelques mois, a vendu à un agent d’infiltration plusieurs kilos de substance servant à « couper » la cocaïne et à en diminuer la qualité, a écopé vendredi d’une peine de 30 mois d’emprisonnement.

Mario Caron, 59 ans, père de trois enfants et grand-père à quelques reprises, ne s’était jamais retrouvé devant les tribunaux. 

Toutefois, le 14 février 2019, l’homme qui possédait un commerce de décoration a été arrêté par le Service de police de la Ville de Québec. 

Il a ensuite été accusé d’avoir vendu à un agent civil d’infiltration quatre kilos d’une substance ayant pour but d’être mélangée à la drogue pour en augmenter la quantité. 

En « plein contrôle »

« L’accusé savait que les produits qu’il vendait étaient utilisés pour être mélangés à la cocaïne et que la colle en aérosol vendue à l’agent allait servir à faire des blocs de poudre blanche », a rappelé le juge Steve Magnan dans le cadre de sa décision. 

Selon l’analyse du magistrat qui a présidé au procès, Caron était « en plein contrôle de son commerce » illicite puisque c’est lui qui fixait le prix des ventes ou de ses produits, c’est aussi lui qui convenait du moment de la livraison et de l’endroit où se faisaient les transactions. 

« En plus, il offre des conseils à l’agent civil d’infiltration sur la façon d’appliquer la colle pour que la drogue puisse être compressée en bloc à l’aide de moule et de presse à kilos », a dit le président du tribunal, en ajoutant que la preuve révélait le « haut degré de contribution de l’accusé ».

« Il est celui qui fournit les produits à ajouter à la cocaïne afin d’en augmenter la quantité et favoriser le commerce. Rien dans la preuve ne permet d’amoindrir son degré de participation dans la commission de l’infraction », a-t‐il précisé. 

Facteurs aggravants

À titre de facteurs aggravants, le juge Magnan a retenu que les transactions réalisées l’étaient « dans un but de lucre » et que celles-ci « ne s’inscrivaient pas dans le cours normal de son commerce de décoration derrière lequel il cachait ses activités légales ». 

En tout, sur une période de quatre mois, Caron aura fait six transactions.