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Problème d’abus envers une aînée

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Mes parents étaient de la génération qui était sévère avec ses enfants, surtout avec les quatre premiers. Moi la cinquième et dernière, j’ai eu droit à une éducation un peu plus souple. Et tout au long de ma vie, mes frères et soeurs ne se sont pas gênés pour me remettre sur le nez à quel point j’avais été chanceuse par rapport à eux, en plus de blâmer ouvertement nos parents pour le traitement qu’ils avaient eu. Des parents qui d’ailleurs ne méritaient pas autant de blâmes, puisqu’ils avaient fait avec ce qu’ils avaient comme connaissances à l’époque.

Comme toute bonne famille québécoise, et malgré les divergences qu’il y avait entre les membres la composant, on se rencontrait aux fêtes importantes comme Noël, le Nouvel An, Pâques et la fête des mères. On sautait la fête des pères parce que le nôtre n’aimait pas ce genre de réunion, et parce que dans le fond, mes frères et sœurs gardaient de lui l’image d’un homme d’une telle froideur et de si peu de mots, qu’il ne méritait pas un tel hommage.

Il y a cinq ans, mes parents ont cassé maison pour aller habiter chez mon frère aîné et sa femme qui avaient fait construire une rallonge à leur maison (avec l’argent de mes parents) pour les accueillir. En février 2020, mon père est décédé d’un cancer. Désormais, ma mère est seule à occuper ledit logement. Comme je suis celle qui la visite le plus souvent, j’ai remarqué qu’elle perdait des plumes au fil des jours. 

C’est évident que le départ de son compagnon de tant d’années de vie commune l’a marquée. Mais au-delà de ça, je lui trouve l’air triste et taciturne. Elle m’a dit à mots couverts que mon frère et sa femme, qui s’occupaient de mon père et d’elle avec régularité, la laissent souvent à elle-même depuis qu’elle est seule, malgré le fait qu’ils n’ont pas diminué le prix de son loyer et malgré qu’ils n’aient plus qu’une seule bouche à nourrir.

J’ai tenté de questionner ma mère plus avant pour lui tirer les vers du nez, mais elle refuse d’aller plus loin. Elle se rabat toujours sur le fait que « ...dans le fond, ton frère et sa femme font leur possible avec la vielle femme que je suis devenue ». Comme ils sont rarement présents quand je visite ma mère, et que quand ils y sont, leur froideur ne donne pas envie d’engager la conversation, je ne parviens pas à saisir vraiment ce qui se passe dans cette maison. Je suis inquiète pour ma mère, alors qu’aucun autre de frère ou sœur ne veut se mêler de ça. Comment parvenir à me rassurer sur son cas ?

Seule

Il existe une ligne téléphonique d’aide qui s’appelle « Ligne Aide Abus Aînés » qui offre un service confidentiel et gratuit de 8h00 à 20h00 à raison de 7 jours par semaine. On la joint au (514) 489-2287 quand on habite Montréal et les environs, ou au 1-888-489-2287 de partout au Québec. On peut contacter cette ligne même si on n’a pas de preuves qu’il y a effectivement maltraitance, comme dans votre cas. On pourra vous recommander certains recours ainsi que certaines pistes de solution.