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Retour en classe: encore beaucoup d’inquiétudes

Le retour en classe lundi en réjouit plusieurs, mais des intervenants redoutent le manque de personnel

Isabelle Lemieux
Photo Pierre-Paul Poulin Isabelle Lemieux fait partie des parents soulagés par le retour en classe. Lundi dernier, elle n’a pas pu enseigner comme prévu à ses élèves de maternelle car elle devait s’occuper des cours à distance de ses propres enfants, Émile et Marie.

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Les parents sont divisés à propos du retour en classe des élèves lundi prochain, certains étant soulagés et d’autres craignant le « délestage » qui pourrait frapper les écoles.

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« Ça urge que les enfants retournent à l’école », lance Isabelle Lemieux, qui est à la fois enseignante en Estrie et maman de deux enfants. 

Entre les appels désespérés de sa fille anxieuse, convaincue qu’elle va échouer son année, et les demandes répétées de son garçon dyspraxique, elle n’a pas été capable d’enseigner à l’écran comme prévu à ses élèves de maternelle 4 ans lundi.  

« Je suis ravie », dit Martine Vallée, dont la maisonnée compte trois enfants de 8 à 12 ans avec différents troubles. Tout le monde ayant été adéquatement vacciné dans cette famille de Saint-Hyacinthe, elle préfère prendre le risque du présentiel que de continuer à s’arracher les cheveux en virtuel. 

Plusieurs parents d’enfants à besoins particuliers ont par exemple raconté au Journal que leur jeune faisait des crises d’angoisse à répétition, les profs n’étant pas toujours en mesure de voir toutes les mains levées à l’écran.

« Il n’y a pas d’unanimité » dans les réactions des parents, remarque toutefois Kévin Roy, président de la Fédération des comités de parents du Québec.  

  • Écoutez l'entrevue de Philippe-Vincent Foisy avec Isabelle Lemieux sur QUB radio:    

Bris de services anticipés

Une des craintes est celle du « délestage », souligne Sylvain Martel, co-porte-parole du Regroupement des comités de parents autonomes du Québec. 

Dans son plan de contingence, on peut lire que le ministère de l’Éducation prévoit qu’un « très grand nombre de salariés [...] devront s’isoler », ce qui pourrait mener à des « bris de services » et forcer à un « éventuel “délestage” ». 

C’est-à-dire que le personnel pourrait être réaffecté à de nouvelles tâches ou qu’un enseignant gère deux groupes, par exemple. 

« C’est ma très grande inquiétude », avoue Dominique Saumur, une mère de Montréal dont les deux enfants ont des besoins particuliers. 

Elle redoute que les orthopédagogues et éducateurs soient libérés pour prendre des classes en charge alors que ses enfants ont besoin de leurs services pour progresser. 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec Kévin Roy sur QUB radio : 

« Apprenti sorcier »

Pour certains, les craintes relèvent d’une question de santé. C’est le cas de Violaine Cousineau, mère et ex-commissaire scolaire à Montréal, qui se dit « sidérée » de voir le gouvernement jouer à « l’apprenti sorcier » avec le variant Omicron.

Elle a elle-même contracté le virus par sa fille en 2020. Quinze mois plus tard, elle a toujours des séquelles cognitives et respiratoires qui l’empêchent de retourner travailler.

– Avec Daphnée Dion-Viens

Cas positifs dans les écoles : quoi savoir  

  • Les cas positifs ne seront plus recensés, seulement le taux d’absentéisme des élèves et des membres du personnel.      
  • Les parents ne seront plus informés lorsqu’il y a un cas positif dans la classe de leur enfant.      
  • Il n’y aura pas de distribution de tests rapides pour les élèves du secondaire, seulement pour ceux du primaire d’ici la fin janvier.       
  • Les adolescents n’auront pas la possibilité de se faire tester à l’école s’ils développent des symptômes pendant la journée, comme c’est le cas dans les écoles primaires.          

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