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Revoir le 3e lien

Bruno Massicotte
Photo d'archives L’ingénieur, Bruno Massicotte

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Après avoir affirmé que le troisième lien était « le moins pire projet » et semblé en quête d’une meilleure proposition, l’automne dernier, le premier ministre François Legault aurait avantage à reconsidérer le tout, mais sans partisanerie politique. 

Repenser le troisième lien : c’est justement ce que propose l’ingénieur Bruno Massicotte. Ce dernier a réalisé, il y a cinq ans et à la demande du gouvernement Couillard, l’étude de faisabilité sur le troisième lien à l’est. 

Dans une lettre publiée mercredi, l’ingénieur croit qu’il faudrait reconsidérer l’option envisagée. Présentée en 2021, celle-ci comprend un tunnel reliant les deux centres-villes, qui deviendrait le plus long en Amérique, le plus profond au Canada et l’un des plus larges au monde.

M. Massicotte, qui est aussi professeur titulaire à Polytechnique Montréal, estime que les défis techniques impliqués, les risques budgétaires associés et les bénéfices économiques réels qui ne sont pas déterminés militent pour une telle remise en question.

Son point de vue éclairé mérite que M. Legault et son équipe en prennent connaissance et s’interrogent. 

Peinturé dans le coin 

Au contraire, depuis des mois, le gouvernement Legault s’est plutôt peinturé dans le coin en présentant un projet sans plan d’ingénieur, avec un simple croquis élaboré à des fins de relations publiques. 

Une grosse partie du problème, c’est que le gouvernement Legault se montre depuis le début fermé à étudier toutes les options possibles. Il a passé sa commande politique et demeure campé sur sa position.

Pourtant, on peut très bien se questionner à savoir si le projet respecte les normes de sécurité les plus élémentaires. À savoir aussi combien coûterait une telle folie sans que le besoin n’ait été démontré. 

Avec la nouvelle mouture du troisième lien, je dirais que c’est comme si on voulait construire le plus gros avion pour un vol Québec-Toronto. 

Malgré ce que peut en dire le maire Bruno Marchand, qui évite soigneusement de se prononcer dans le but de préserver ses relations avec le gouvernement caquiste, nul besoin de se pencher longtemps sur le dossier pour constater qu’on ne va nulle part avec ça. 

Trouver des solutions

Originaire de Québec, M. Massicotte croit qu’il faut trouver des solutions à la congestion à Québec. Je le pense aussi. 

L’ingénieur estime qu’il faudrait plutôt envisager l’option d’un pont. Le projet, selon lui, aurait avantage à être scindé en deux, avec un lien pour le transport collectif entre les centres-villes de Québec et de Lévis, et un lien routier à l’endroit qui serait jugé le plus avantageux. 

Une telle option, même si elle comportait deux infrastructures, coûterait fort probablement moins cher, estime l’ingénieur, et pourrait être réalisée plus rapidement.

Les tunnels coûtent toujours plus cher et les imprévus entraînent régulièrement des délais.

« Il s’agit d’un exercice qui doit être entrepris, sereinement et sans partisanerie politique, au bénéfice des générations futures », écrit M. Massicotte.

À l’automne, François Legault reprochait aux partis d’opposition de ne pas avoir de meilleur projet à proposer. Il doit maintenant faire preuve d’ouverture.