/news/education
Navigation

Résultats en hausse grâce à des interventions rapides

Le taux de réussite en écriture en quatrième année est passé de 80 à 90%

dossier sur le français dans les écoles
Photo Ben Pelosse / Journal de Montréal À l’école primaire Henri-Beaulieu, à Montréal, les enseignants se réunissent régulièrement pour discuter des progrès de leurs élèves en écriture, comme c’est le cas dans plusieurs écoles du centre de services scolaire Marguerite-­Bourgeoys.

Coup d'oeil sur cet article

Grâce à de solides interventions pour prévenir les retards en français dès le début du primaire, le Centre de services scolaire Marguerite-Bourgeoys, à Montréal, a réussi à faire grimper les résultats de ses élèves en français écrit.

Grand dossier
Des solutions pour améliorer le français
#
Suivre les élèves à la trace dès le début de leur parcours

En cinq ans seulement, le taux de réussite de ses élèves de quatrième année en écriture est passé de 80 à 90%.

À l’école primaire Henri-Beaulieu, à Montréal, les enseignants de chaque niveau se réunissent quatre fois au cours de l’année pour discuter des «portraits» de leurs élèves en écriture, établis grâce à différentes données recueillies.

Un premier dépistage est réalisé dès les premières semaines de la rentrée. Les textes rédigés par les élèves sont minutieusement analysés par leur enseignant, au moyen d’une grille de correction. Les élèves sont informés de leurs bons coups et de leurs défis.

Les profs discutent par la suite de leurs constats, de stratégies d’enseignement à mettre en place pour mieux répondre aux besoins des élèves et de services plus spécifiques à offrir à certains, au besoin. 

«On sait où se situent nos élèves, ça nous aide à enseigner selon leurs besoins et on s’adapte constamment, c’est ça qui est génial», affirme l’enseignante Chantal Viau.       

Des stratégies payantes

À la suite du premier dépistage, l’enseignante Djessira Kourouma a beaucoup travaillé l’organisation des idées et les stratégies de révision de textes en classe. «Les élèves escamotent souvent cette partie-là. Pour eux, ce n’est pas toujours facile de se relire, mais on leur enseigne des stratégies pour y parvenir», affirme-t-elle.

La démarche, qui est appuyée par les résultats de la recherche en éducation, donne des résultats convaincants, si bien que 90% des écoles de ce centre de services y ont adhéré au cours des dernières années.

«On n’échappe pas d’élèves et on priorise nos services en fonction de leurs besoins. Ce n’est pas aléatoire: on décide en groupe des meilleures interventions à faire, qui sont beaucoup plus ciblées», explique la directrice adjointe des services éducatifs, Sylvie Gagné.

Une approche saluée

Cette approche, mieux connue sous le nom de «réponse à l’intervention» dans le milieu scolaire, est saluée par plusieurs, dont l’Association des orthopédagogues du Québec. 

Isabelle Gadbois Courtoisie

«Il faut vraiment suivre régulièrement les progrès de nos élèves si on veut s’assurer­­­ que leurs fondations sont solides. Lorsqu’on se rend compte qu’il y a un maillon faible quelque part, il faut s’y arrêter. Sinon, ce sera une question de temps avant que l’élève trébuche », affirme sa présidente sortante, Isabelle Gadbois.

Cette dernière insiste par ailleurs sur l’importance de trouver un équilibre entre les exercices décontextualisés, comme apprendre une liste de mots de vocabulaire ou mémoriser des conjugaisons de verbes, et les situations d’écriture en classe. 

«La bonne vieille drill, ça en prend, dit-elle. Mais on ne peut pas faire juste ça. Pour jouer au basket, il faut savoir dribbler. Mais le basket, c’est beaucoup plus que dribbler.»

Plaidoyer pour le dico en ligne 

Marie-Claude Tardif, enseignante de cinquième année dans une école de Québec, plaide pour un meilleur accès au dictionnaire électronique en classe, maintenant que les tablettes et ordinateurs sont plus accessibles. Ses élèves corrigent leurs textes en utilisant l’application du dictionnaire Robert et un outil numérique de conjugaison, accessibles sur tablette. 

«C’est d’une efficacité exceptionnelle, lance-t-elle. Le dictionnaire papier, c’est long, ce n’est pas convivial. On a la chance d’avoir des outils numériques, est-ce qu’on peut les utiliser? Ça donne le goût à nos jeunes de se corriger et de remettre des textes impeccables.» 

À ceux qui y voient de la paresse, Mme Tardif demande à quand remonte leur dernière utilisation d’un dictionnaire papier. «Pour savoir comment écrire un mot, tout le monde utilise son cellulaire, maintenant. Pourquoi faudrait-il que ce soit différent pour les élèves?»