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Les compétences en lecture et en écriture avant la littérature

Les élèves doivent savoir lire et écrire avant d'apprendre à décortiquer les subtilités littéraires d’un texte

Visite du collège Régina Assumpta
Photo Journal de Montréal

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Avant d’apprendre aux élèves à décortiquer les subtilités littéraires d’un texte, encore faut-il s’assurer qu’ils sachent lire et écrire correctement.

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C’est ce qu’affirme Luc Papineau­­­, enseignant au secondaire depuis 28 ans. 

«J’ai des élèves devant moi qui ne font pas la différence entre “a” et “à” et je dois leur enseigner la différence entre un point de vue neutre ou subjectif. Il y a une discordance très claire entre les élèves et le programme. Soit il faut mettre à jour les programmes, soit il faut mettre à jour les élèves», lance-t-il.     

Cet enseignant plaide pour qu’on se concentre d’abord et avant tout sur les compétences en matière de lecture et d'écriture, avant les notions littéraires.

Beaucoup «à couvrir»

Carole Fisher, professeure associée à l’Université du Québec à Chicoutimi, admet que la littérature «a peut-être pris un peu trop de place» dans les programmes à la fin du secondaire. «Le raisonnement, c’était de les faire travailler la littérature pour ne pas qu’ils frappent un mur au cégep», explique-t-elle.

Même les notions de grammaire auraient intérêt à être mieux ciblées, ajoute Isabelle Gauvin, professeure en didactique du français à l’UQAM, puisqu’il y a «tellement à couvrir» en peu de temps.

«Ce n’est pas vrai que la maîtrise de l’accord des participes passés avec avoir se règle en trois heures d’enseignement. Demandez à la plupart des enseignants, ils vous diront qu’ils n’ont pas vraiment le temps d’y consacrer davantage de temps, puisque le programme est très chargé. Et on va répéter la même manière d’enseigner d’une année à l’autre, sans que les élèves apprennent réellement», dit-elle.      

Savoirs essentiels

La réflexion est aussi en branle du côté de l’Association québécoise des professeur-e-s de français. 

Marie-France Morin Courtoisie

Avec la pandémie, les enseignants se concentrent depuis deux ans sur les savoirs essentiels, une orientation qui pourrait être une avenue à privilégier à long terme, indique-t-on.

Or même la liste de savoirs essentiels reste longue, soulignent certains enseignants. En quatrième secondaire par exemple, «l’index des contenus à enseigner systématiquement» est représenté dans un tableau qui s’étire sur... 10 pages.

Marie-France Morin, professeure à l’Université de Sherbrooke, plaide par ailleurs pour une mise à jour des programmes d’enseignement, à la lumière des nouvelles connaissances issues de la recherche en éducation.

Des exemples de savoirs essentiels enseignés en quatrième secondaire   

Types de contenus «à enseigner systématiquement» en contexte de pandémie  

  • Argumentation: argumen­­­t et contre-argumen­­­t, séquence argumentative, etc.  
  • Explication: procédés explicatifs, séquence explicative, etc.  
  • Justification: procédés, séquence justificative, etc.  
  • Description: aspect, procédés descriptifs, séquences descriptives, etc.  
  • Discours rapporté: direct, indirect, dialogue, monologue, citation, etc.  
  • Narration: cadre spatio-temporel, narrateur, personnages, etc.  
  • Poésie: langage poétique, thème et vision du monde, langage inséré, etc.  
  • Théâtre: auteur, didascalies, mise en scène, séquences dialogales, etc.  
  • Point de vue neutre ou subjectif    

Source: Progression des apprentissages au secondaire, Français langue d’enseignement 4e secondaire, année scolaire 2020-2021, apprentissages à prioriser en contexte pandémique