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«On a besoin que les élèves lisent beaucoup, beaucoup»

Les livres sont les meilleurs compagnons pour apprendre à aimer les mots

Lecture école des Coeurs-Vaillants
Photo Daphnée Dion-Viens Deux élèves de sixième année de l'école des Coeurs-Vaillants, à Québec, pendant une période de lecture.

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Des livres, beaucoup de livres et encore des livres. Pour apprendre aux élèves à écrire et, surtout, à aimer les mots, les livres sont les meilleurs compagnons des élèves.

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Miser sur les livres pour apprendre à aimer les mots

Voilà en quelque sorte le credo d’Yves Nadon, enseignant retraité, auteur et passionné de littérature jeunesse, qui a depuis des années placé les livres au cœur de son enseignement de la lecture et de l’écriture.

Yves Nadon Courtoisie

Pour ce prof d’expérience, les deux sont indissociables. «La lecture, c’est l’endroit où tu apprends l’orthographe, la syntaxe, les bons coups des auteurs que l’on veut reproduire. On a besoin que les élèves lisent beaucoup, beaucoup.»

En classe, les livres servent de porte d’entrée vers l’écriture, poursuit-il. Il s’agit d’ailleurs d’un des piliers des ateliers d’écriture, une démarche développée aux États-Unis et qu’Yves Nadon a contribué à faire connaître au Québec, par ses publications.

Les élèves apprennent à devenir des auteurs à part entière, en écrivant fréquemment, mais surtout, en s’inspirant des pratiques des auteurs qu’ils côtoient au quotidien en classe.

Budgets «faméliques»

Or, les livres sont encore trop peu présents dans les écoles québécoises, selon M. Nadon. 

«Je vois encore des classes où il y a moins de livres que dans un Jean Coutu», laisse-t-il tomber.     

Sans compter celles pleines à craquer où il n’y a même pas de bibliothèque.

Les budgets accordés à l’achat de livres restent «faméliques», ajoute M. Nadon. Pour l’année 2021-2022, près de 14 millions $ y sont consacrés, ce qui représente environ 15$ par élève.

Certaines écoles organisent même des activités de financement pour permettre à leurs élèves de lire davantage, comme l’école des Cœurs-Vaillants, à Québec, où des soupers spaghettis ont été organisés pour garnir les classes de bouquins.

«Par contre, pour l’informatique, le budget est faramineux, poursuit Yves Nadon. Comment se fait-il que les budgets­­­ pour les livres n’aient pas suivi? C’est un peu comme apprendre à nager dans une piscine dans laquelle il n’y a pas d’eau. Nos attentes sont assez aberrantes par rapport à ce qu’on fournit comme matériel dans les écoles.»

Des sommes bonifiées

Au ministère de l’Éducation, on précise que les sommes consacrées à l’achat de livres, à l’accès à des ouvrages numériques et à l’embauche de bibliothécaires ont été récemment bonifiées.