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On ne peut pas «se ficher» du français la majorité du temps

Il faut s'attaquer aux fautes dans toutes les matières

Collège Jean-Eudes
Chantal Poirier / Le Journal de Montréal

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La qualité du français doit être une préoccupation pour tous les enseignants dans toutes les matières afin d’envoyer un signal clair aux élèves, affirment plusieurs experts.

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S’attaquer aux fautes de français dans toutes les matières

Présentement, un élève qui fait des fautes de français est pénalisé uniquement lors d’une évaluation en écriture. Il est interdit de lui enlever des points pour des erreurs d’orthographe dans les autres matières et même lors d’évaluations en lecture dans un cours de français.

«Comment un enfant peut penser que c’est important de savoir écrire correctement si on s’en fiche à l’école la majorité du temps?», lance Suzanne-G. Chartrand, professeure retraitée de l’Université Laval. 

Mais pénaliser un élève pour ses erreurs de français en univers social ou en sciences est loin de faire l’unanimité parmi les enseignants, qui craignent d’en «rajouter une couche» sur le dos de leurs élèves déjà en difficulté. 

Des fautes «soulignées»

Plusieurs s’entendent toutefois pour affirmer que les fautes de français dans les autres matières devraient être «soulignées» par l’enseignant, sans toutefois être prises en compte dans la note finale. 

Pascale LeFrançois Courtoisie

«On devrait souligner la faute et la faire corriger par l’élève pour envoyer le message que le français, c’est important en tout temps», affirme Pascale Lefrançois­­­, doyenne à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université de Montréal.

«Dans toutes les matières, du temps devrait être prévu lors d’une évaluation afin de permettre aux élèves de réviser leur texte», ajoute Carole Fischer, professeure associée à l’Université du Québec à Chicoutimi.

À l’Association québécoise des professeur.e.s de français, on souligne toutefois que cette approche est beaucoup plus difficile à mettre en place au secondaire, puisqu’un enseignant en français corrige habituellement les copies de ses élèves en fonction du contenu qui a été vu en classe.

«Je ne pense pas que tous les enseignants connaissent la progression des apprentissages en français pour chaque niveau du secondaire, indique son vice-président, Antoine Dumaine. Ça enverrait un drôle de message si moi, en français, je ne corrige pas certaines notions parce que mes élèves ne sont pas rendus là, alors qu’on leur souligne les mêmes fautes en univers social.»

Une telle approche doit alors reposer sur un véritable travail de concertation entre les enseignants, ajoute-t-il.