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Qualité de l’air en classe: encore des fenêtres ouvertes à -20 degrés

L’installation de lecteurs de C02 est loin d’être complétée pour le retour en classe

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Photo courtoisie L’appareil : Le premier chiffre qui apparaît sur l’afficheur, en haut, permet d’indiquer le taux de concentration de C02 dans l’air (calculé en partie par million/ppm). Le seuil jugé « acceptable » par Québec a été fixé à 1500 ppm, mais la « cible » est d’arriver à un niveau de 1000 ppm et moins. Le lecteur indique aussi la température et le taux d’humidité dans la classe.

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Même si Québec assure que 68% des lecteurs de Co2 ont été livrés, des centres de services n’ont installé aucun appareil et des enseignants devront continuer à ouvrir les fenêtres en plein hiver pour assurer une meilleure qualité de l’air en classe.

Daphnée Dion-Viens, Le Journal de Québec

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Au centre de services scolaire de Charlevoix, aucun appareil n’avait encore été livré vendredi après-midi. Pourtant, quatre écoles de ce centre de services apparaissent sur la liste des écoles prioritaires établie par le ministère de l’Éducation et transmise au Journal cet automne. 

Lors d’une rencontre avec les médias vendredi avant-midi, des responsables de l’opération au ministère ont pourtant assuré que toutes les écoles jugées prioritaires, en raison d’une moins bonne qualité de l’air, avaient reçu leurs appareils en décembre. 

En fait, la situation sur le terrain varie considérablement d’une région à l’autre (voir encadré). Au centre de services de la Rivière-du-Nord, dans les Laurentides, 13% des lecteurs ont été installés alors que l’opération est complétée au centre de services du Lac-Saint-Jean. 

Québec a connu des retards de livraisons des appareils cet automne, en raison de contraintes d’approvisionnement liées à la pénurie. 

Fenêtres ouvertes

Résultat : des enseignants devront à nouveau ouvrir des fenêtres et demander à leurs élèves de se vêtir plus chaudement en classe, déplore Monique Brassard, président du Syndicat de l’enseignement de Charlevoix. 

«Le même scénario va se répéter encore une fois cet hiver», laisse-t-elle tomber. 

Même dans les classes où des lecteurs de C02 sont installés, l’ouverture des portes et des fenêtres reste la principale solution pour améliorer la qualité de l’air lorsque le seuil «acceptable» de 1500 ppm (partie par million) est dépassé. 

Québec assure que le fait d’avoir une lecture «en continu» du niveau de C02 permettra de faire «une gestion plus efficace» de l’ouverture des fenêtres, afin d’éviter de refroidir considérablement un local. 

S’il n’est pas possible de maintenir à la fois un taux de C02 acceptable et une température d’au moins 20 degrés dans la classe, des échangeurs d’air pourront alors être installés. Québec assure qu’il pourra en fournir au réseau scolaire en nombre suffisant. 

Les situations sont toutefois loin d’être corrigées partout. Des enseignants qui ont des lecteurs de C02 en classe indiquant des taux frôlant les 3000 ppm rapportent avoir dû ouvrir fréquemment les fenêtres en décembre, au point de «faire geler» des élèves assis à proximité. 

«J’ai des profs qui ont même dû déplacer des élèves dans la classe parce qu’ils avaient trop froid», affirme Daniel Gauthier, président du Syndicat de l’enseignement de la région de Québec. 

Québec a investi 76 millions $ dans l’achat de lecteurs de C02 et a mis à la disposition du réseau de l’éducation au moins 500 échangeurs d’air. Des «centaines de millions» ont par ailleurs été dépensés dans les écoles au cours des derniers mois pour des travaux permettant d’améliorer la qualité de l’air (changement de fenêtres, remplacement et nettoyage des systèmes de ventilation, etc), indique-t-on au cabinet du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. 

Au cours des derniers mois, plusieurs acteurs du milieu scolaire et experts ont reproché au gouvernement Legault son inaction dans le dossier de la qualité de l’air dans les écoles. 

L’installation de lecteurs de C02 représente «un très bon début» mais l’initiative aurait dû être mise en branle beaucoup plus rapidement, affirme l’épidémiologiste Nima Mâchouf, qui rappelle que le variant Omicron est beaucoup plus transmissible.  

«C’est plutôt inquiétant», laisse-t-elle tomber.  

- Avec la collaboration de Dominique Scali

LES ÉCOLES NE SONT PAS TOUTES ÉGALES

Proportion de classes ou d’écoles où les lecteurs de C02 sont installés par centre de services scolaire :    

  • Charlevoix : 0%  
  • De la Capitale : 30% des classes     
  • Des Premières-Seigneuries : 56% des écoles     
  • Des Découvreurs : 41% des écoles     
  • Portneuf : 83% des écoles     
  • Navigateurs : 27% des écoles     
  • Côte-du-Sud : 63% des écoles     
  • Lac-Saint-Jean : 100% des écoles     
  • Pays-des-Bleuets : 79% des écoles     
  • Kamouraska-Rivière-du-Loup : 50% des classes     
  • Mont-et-Marées : 71% des classes     
  • Hauts-Cantons : 32% des écoles     
  • Sommets : 27% des écoles     
  • Portage-de-l’Outaouais : 52% des classes     
  • De Montréal: 26% des écoles      
  • Rivière-du-Nord: 13% des classes    
  • Saint-Hyacinthe: 17% des classes     
  • Des Chênes: 34% des écoles      
  • Seigneurie-des-Mille-Iles: 37% des bâtiments    
  • Draveurs: 41% des bâtiments      
  • Des Patriotes: 52% des écoles      
  • Marie-Victorin: 70% des écoles      
  • Pointe-de-l'Île: 88% des classes    
  • Hauts-Cantons : 32% des écoles       
  • Sommets : 27% des écoles          

Que font les autres provinces pour améliorer la qualité de l’air ?  

Des centaines de millions $ ont été dépensés par les provinces canadiennes pour améliorer la qualité de l’air dans les écoles depuis le début de la pandémie. Voici quelques exemples de mesures mises en place ailleurs au pays.

Charles Mathieu, Agence QMI 

NOUVELLE-ÉCOSSE  

  • 2,3 M$ d’investissements en 2022   
  • Installation de 1600 purificateurs d’air à filtre HEPA portables utilisés dans les classes où la seule source de ventilation est l’ouverture des portes et des fenêtres.       

ONTARIO  

  • Plus de 600 M$ d’investissements à ce jour    
  • Installation de 73 000 unités de filtration    
  • 2000 projets de ventilation dans quelque 1670 écoles       

MANITOBA  

  • 6,8 M$ en 2021-2022 pour l’amélioration des systèmes de ventilation dans les écoles situées dans les régions où il y a une plus grande transmission communautaire.   
  • 20,4 M$ à ce jour pour les projets d’amélioration des systèmes de 14 écoles.    
  • 40 M$ à ce jour pour les divisions scolaires pour la santé et la sécurité, incluant la ventilation.       

SASKATCHEWAN  

  • 6,1 M$ investis au cours de l’année scolaire actuelle    
  • Installation et amélioration des systèmes de filtration de l’air       

ALBERTA  

  • 44 M$ d’investissements en 2020    
  • Sommes utilisées par les divisions scolaires pour améliorer les systèmes liés à la qualité de l’air.    
  • Les divisions scolaires Edmonton Public Schools et Edmonton Catholic Schools ont notamment décidé d’installer de nouveaux filtres dans leurs systèmes de ventilation.       

COLOMBIE-BRITANNIQUE  

  • 87,5 M$ d’investissements à ce jour    
  • Projets de remplacement et d’amélioration des systèmes liés à la qualité de l’air, incluant l’installation de purificateurs d’air à filtre HEPA.     
  • Achat de 45 000 filtres de ventilation.     

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