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La CAQ joue gros pour qu’on oublie sa pire semaine

STOCKQMI-COVID-19
Photo Agence QMI, Joël Lemay

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Avez-vous déjà joué au poker ?

Vous savez, quand ça fait quelques mains de suite que vous perdez, et que vous décidez de forcer le destin en y allant « all in » ?

Eh bien, c’est ce que vient de faire François Legault.

Il a tenté de faire oublier la pire semaine qu’a connue son gouvernement depuis son élection le 18 octobre 2018 en misant tous ses jetons sur la réouverture des écoles. 

TANNÉS DU YOYO

En faisant ça, monsieur Legault joue gros.

Très gros.

Car il suffirait que les cas de COVID explosent (et que les écoles soient obligées à nouveau de fermer leurs portes) pour que le gouvernement perde encore des points dans les sondages.  

Parce que s’il y a quelque chose que les parents détestent plus que voir leurs enfants scotchés devant un écran d’ordinateur six heures par jour, c’est jouer au yoyo.

Confine, déconfine.

Va à l’école, reste à la maison.

Un moment donné, peut-on prendre une décision et s’y tenir ?

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Sous la pression des parents qui sont tannés de voir leurs petits chéris déranger leurs réunions Zoom, et des pédiatres qui ne cessent d’annoncer une pandémie de dépressions nerveuses chez les enfants du Québec, monsieur Legault a décidé de voir le verre à demi plein plutôt qu’à demi vide. 

Et de retourner les enfants sur les bancs d’école... même si le nombre d’hospitalisations atteint un niveau record, et que le système de santé songe à ajouter un cinquième niveau de réduction des opérations pour accueillir les malades qui ont eu la merveilleuse idée de ne pas se faire vacciner.

Monsieur Legault a-t-il raison d’être aussi optimiste ?

L’avenir le dira. Et assez rapidement, merci.

Reste que c’était assez surréaliste d’entendre notre PM nous dire dans la même phrase 1) que le Québec traversera probablement le pire week-end de toute l’histoire de la pandémie, et 2) que malgré ça, il ouvrira les écoles lundi !

Québécois, Québécoises, préparez-vous au pire, ça va être épouvantable samedi et dimanche.

Mais lundi, tout va être beau !

Euh... Pardon ?

De kessé ?

EN FRANCE, ÇA EXPLOSE

S’il y a quelque chose qu’on a appris, au cours des deux dernières années, c’est que ce qui arrive en Europe arrive ici quelques semaines plus tard. 

Or, en France, ces temps-ci, on assiste à une flambée des cas dans les écoles.

Tellement que les enseignants, débordés et épuisés, ont décidé de faire la grève !

La station de radio France Inter a publié des témoignages de professeurs sur son site internet, cette semaine.

Voici des extraits des messages qu’on peut y lire.

« Le tiers des élèves de ma classe ont la COVID. »

« 20 % de mes élèves sont absents. »

« Le gouvernement laisse filer l’épidémie à l’école. »

« Des parents d’élèves sont hospitalisés car ils ont attrapé la COVID de leurs enfants qui eux l’ont attrapée à l’école... »

« Depuis la rentrée d’après les Fêtes, nous enregistrons entre 10 et 20 cas de COVID par jour à l’école où je travaille... »

« Il y a tellement d’élèves absents que c’est difficile de faire un suivi... »

Rassurant, non ?

Espérons – pour lui et pour nous – que monsieur Legault a de bonnes cartes dans son jeu.