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Fin de la famine pour les Bengals

Fin de la famine pour les Bengals
Photo AFP

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En 1991, c’était la fin de la Guerre froide. Bryan Adams chantait le succès de l’année avec (Everything I Do) I Do It for You. Le film Maman, j'ai raté l'avion! devenait un grand classique. Et surtout, les Bengals gagnaient leur dernier match en séries.

C’était bien sûr avant la victoire de samedi de 26-19 aux mains des Raiders. Trente et un ans et neuf jours de malheur! Il s’agit de la troisième plus longue période sans une victoire en séries dans l’histoire de la NFL. 

Depuis cette fameuse journée de 1991, les Bengals avaient obtenu leur billet pour les séries à huit reprises, mais le mauvais sort s’acharnait sur eux. 

Cette époque semble bien révolue. Non seulement les Bengals ont gagné, mais ils ont tous les éléments en place pour s’imposer comme prétendants pendant de nombreuses années. 

C’est en grande partie grâce à leur quart-arrière Joe Burrow qu’ils en sont là. Le jeune homme de 25 ans ne semble avoir aucun pouls sur le terrain. L’intensité du moment ne l’atteint pas. Il reste de glace quand la pression monte à son paroxysme.  

Il est encore jeune et, normalement, il faut éviter de s’emporter, mais il semble avoir été conçu dans le moule des grands. Calme, productif, chirurgical! 

Certains diront qu’une nouvelle génération de joueurs — lesquels n’étaient même pas nés quand la déveine de Cincinnati a commencé — n’est pas affectée par le passé. Il n’en demeure pas moins que ces jeunes se font rebattre les oreilles sans arrêt avec les insuccès de cette franchise. C’est là où la confiance inébranlable d’un Burrow change le narratif et l’histoire. 

Chapeau aussi à sa ligne offensive qui, sans faire de bruit, a maîtrisé d’étonnante façon l’arme majeure des Raiders, sa ligne défensive. Sans un match monstre de Maxx Crosby et Yannick Ngakoue, les Raiders étaient condamnés. 

Occasions ratées

Les Bengals ont inscrit des points sur six de leurs huit séquences offensives, mais les quatre placements auraient pu leur faire mal. C’est pas mal de points laissés sur le terrain et contre un adversaire de plus grande qualité, ça peut faire mal. 

En fin de compte, ils ont été aidés par le fait que les Raiders ont fait pire à ce chapitre avec seulement un touché en cinq présences dans la zone payante. Dans l’art de se tirer dans le pied, difficile de faire pire. 

Les Raiders ont été peu enclins à tenter le gros jeu vertical, et leur porteur de ballon Josh Jacobs n’a obtenu que 13 portées malgré une moyenne convaincante de 6,4 verges par course.  

Les Raiders ont maintenant une importante décision à prendre concernant leur poste d’entraîneur-chef. Est-ce que Rich Bisaccia en a fait suffisamment pour conserver son poste? Les joueurs lui ont démontré leur soutien, mais il ne faudrait pas s’étonner que le propriétaire, Mark Davis, regarde ailleurs. 

Quant au quart-arrière Derek Carr, plusieurs diront que les Raiders ont atteint leur plafond avec lui. Il y a effectivement matière à débat. Mais chose certaine, tant que les Raiders ne mettront pas sur pied une défense plus respectable, ils n’iront nulle part. Depuis que Carr est arrivé en poste en 2014, jamais les Raiders n’ont fait mieux que le 20e rang sur le plan des points accordés. Cette saison, ils ont terminé au 26e rang. Il n’y a pas d’amélioration. Carr n’est pas sans faute, mais il y a des limites à lui lancer la pierre. 

Arbitrage douteux

C’est dommage qu’il soit nécessaire d’évoquer l’arbitrage dans un bon match de séries, mais ce fut extrêmement difficile pour Jerome Boger et son équipe d’officiels. 

Sur le deuxième touché des Bengals, le sifflet a été entendu avant la fin du jeu. Le livre de règlements stipule que ce jeu n’aurait jamais dû compter.  

Sauf que si l’arbitre n’avait pas sifflé de manière erronée parce qu’il croyait que Burrow avait mis le pied hors du terrain en décochant sa passe, ce sont les Bengals qui auraient été floués.  

Bref, la décision de siffler allait voler l’une des deux équipes, d’une façon ou d’une autre.  

Quelques autres décisions ont été pour le moins douteuses. Il est sidérant que ce problème revienne aussi souvent et que la NFL n’en fasse pas sa priorité absolue. 

Les Bills sans pitié

Dans le deuxième match au programme, les Bills ont disputé un match parfait en gagnant 47-17 contre les Patriots. Ils ont inscrit sept touchés en huit possessions offensives. La seule séquence où ils n’ont pas atteint la zone des buts était la dernière en fin de match, sans la moindre signification.

Jamais les Patriots, sous les ordres de Bill Belichick, n’avaient encaissé une telle raclée en séries. En incluant tous les matchs de saison régulière, il s’agit de la deuxième plus grosse marge dans une défaite dans l’ère Belichick.  

Offensivement, Josh Allen a offert la meilleure version de lui-même. Il a exploité à souhait la tertiaire éclopée des Patriots, avec cinq séquences d’au moins 70 verges. Il a lancé plus de passes de touchés (5) que de passes incomplètes (4). Le seul quart-arrière qui ait déjà lancé cinq passes de touchés et aucune interception contre une équipe dirigée par Bill Belichick avait été Drew Brees, en 2009. Pas si mal! 

Le coordonnateur offensif Brian Daboll, qui obtient présentement des entrevues pour devenir entraîneur-chef ailleurs, aura grandement aidé sa cause avec un plan de match diversifié et agressif.  

Même avec un confortable coussin au quatrième quart, les Bills ont maintenu le pied sur l’accélérateur et continué d’attaquer. Comme s’ils se vengeaient des nombreuses années où les Patriots ont joué les tortionnaires avec eux.  

C’était le scénario rêvé pour les Bills. En se dotant rapidement d’une bonne avance, les Patriots ont été contraints de délaisser leur seule arme pouvant potentiellement faire tomber les Bills, le jeu au sol.  

L’objectif des Bills, c’est le gros trophée, mais le fait de massacrer les Patriots de la sorte, c’était assurément la vengeance la plus douce qui soit.  

Les étoiles du jour       

Raiders-Bengals

Joe Burrow

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Le jeune quart-arrière des Bengals a été fumant avec 244 verges et deux touchés, en plus de compléter 70,6% de ses passes. Burrow n’a pas tenté de jouer les héros inutilement, adoptant une approche patiente. Pour un premier match éliminatoire, c’est réussi.  


Ja'Marr Chase

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Le receveur recrue a capté neuf passes pour 116 verges. Aucun autre ailier espacé de l’équipe n’a capté plus de quatre passes. Si l’ailier rapproché C. J. Uzomah a été une cible de choix en milieu de terrain, Chase a été la menace des siens sur les extrémités. 


Jessie Bates III

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Le secondeur Germaine Pratt aurait été le choix facile avec son interception en fin de rencontre, mais Bates a été excellent en couverture de passe durant tout le match. Il a brisé trois passes, dont une dans la zone des buts. Il s’est établi comme l’un des meilleurs maraudeurs. 


Patriots-Bills

Josh Allen

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Quand le quart-arrière des Bills joue de la sorte, les Bills peuvent battre n’importe qui. Avec cinq passes de touchés, 308 verges par les airs et 65 au sol, Josh Allen a eu l’air d’un homme parmi les enfants. Il est costaud, mobile et son bras est absurde. 


Dawson Knox

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L’ailier rapproché des Bills est devenu une arme importante dans l’arsenal aérien cette saison, et il a été productif avec deux touchés. Son premier, lorsqu’il a sauté de tout son long pour capter une passe au fond de la zone des buts, était un effort remarquable. 


Micah Hyde

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La marque était de 7-0 en faveur des Bills au premier quart et les Patriots progressaient bien sur le terrain pour tenter d’aller niveler la marque. Mac Jones a repéré Nelson Agholor dans la zone des buts, mais Hyde s’est interposé pour une interception sublime. Un jeu d’anthologie! 

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