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COVID-19: triple dose d’amour à la maison

Un couple de jeunes mamans du Saguenay et ses triplés accueillis le 29 novembre ont dû affronter le virus

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Laurence Fortier et Nykia Rossignol avaient bien hâte de ramener Jake, Mila et Ellie à la maison.

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Un couple de jeunes mamans entreprend la plus grande aventure de sa vie après avoir accueilli des triplés dans les dernières semaines, un défi déjà important décuplé par une cinquième vague de COVID qui n’a pas épargné la petite famille.

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Quand Nykia Rossignol, 28 ans, et Laurence Fortier, 22 ans, ont lancé leur projet de former une famille en mars 2020, elles n’avaient jamais envisagé que ce n’est pas un, mais bien trois enfants qui se pointeraient le bout du nez.

Après une année de démarche en procréation assistée, tout fonctionne dès la deuxième tentative pour le couple. La plus grande des surprises est toutefois venue à la première échographie, huit semaines plus tard. «On stressait de savoir s’il y a un cœur qui bat, si notre bébé était viable. Quand on a vu le petit cœur, on s’est dit “ouf”, mais là, la sonde tasse et on en voit un deuxième», raconte Laurence, qui avait eu un pressentiment pour des jumeaux. 

«Mais là, on a vu le troisième», ajoute sa conjointe en riant, happée par ce qui les attendait.

«J’ai vu tout de suite le changement d’auto, la poussette triple qui fait sept pieds de long, les trois couchettes, notre maison avec juste deux chambres, etc. Disons que ça a changé nos plans de vie», confie Nykia Rossignol. 

Les triplés ont déjoué les prévisions en quittant l’hôpital avec l’arrivée de 2022, soit une vingtaine de jours plus tôt que prévu.
Photo courtoisie
Les triplés ont déjoué les prévisions en quittant l’hôpital avec l’arrivée de 2022, soit une vingtaine de jours plus tôt que prévu.

Beaucoup de stress

Cette dernière a donné naissance à Mila, Ellie et Jake le 29 novembre dernier, au CHUL, à Québec. 

Les petits sont nés à 32 semaines puisque le cœur de Mila peinait à garder le rythme et qu’elle présentait un «retard de croissance assez sévère».

Donc après une grossesse hors du commun, voilà que le couple se heurtait à l’imprévisibilité des naissances avant terme.

Heureusement, après quelques semaines angoissantes et une infection sous contrôle pour Ellie (voir plus bas), le trio est tiré d’affaire. La nouvelle famille a même pu quitter le CHUL et mettre le cap vers sa région natale juste à temps pour Noël. Et les bébés, qui ne devaient pas rentrer à la maison d’ici la fin janvier, ont déjoué les pronostics en sortant de l’hôpital au Nouvel An.

Mais comme si ce n’était pas déjà assez, la COVID-19 s’est invitée au domicile familial. Les trois petits ont reçu un test positif, mais outre «un bon rhume et de la congestion», ils s’en tirent bien. Leur maman Nykia a toutefois eu des symptômes plus sévères, qui se sont résorbés depuis.

Les petits ne risquent pas d’être dépaysés puisque leur chambre a des allures de pouponnière.
Photo courtoisie
Les petits ne risquent pas d’être dépaysés puisque leur chambre a des allures de pouponnière.

«Un clan»

C’est donc à travers tout ce brouhaha que les deux jeunes mamans découvrent tranquillement leurs petits. Et c’est là que la magie opère, que les regards de Nykia et Laurence s’illuminent. 

«C’était tellement beau quand on a pu les mettre les trois ensemble pour la première fois et qu’ils se sont retrouvés, raconte le couple. On a vu tout de suite que c’est un clan.»

Pour les nouveaux parents, cet imprévu de la vie chamboule les plans, mais elles vivront une aventure «que pas grand monde a la chance de vivre». Les défis seront nombreux, à commencer par un déménagement, mais elles les prendront un à un.

«On avait construit la maison pour nous et un enfant», indique Laurence, précisant que leur petit nid n’a que deux chambres. La maison est donc en vente et les plans d’une nouvelle autoconstruction, «pour réussir à économiser un peu en le faisant», se feront entre les biberons et les changements de couches.

«Le plus beau des cadeaux»

«Mais peu importe tout ça, le plus beau des cadeaux, c’est nous qui l’a cette année. On a des triplés en santé», confient-elles, le regard rempli d’espoir de moments inoubliables à cinq malgré la part d’incertitude qui les attend.

«Ils vont grandir ensemble, jouer ensemble, toujours compter les uns sur les autres. [...] On les regarde et on voit déjà l’avenir. C’est beau.»


 TOUT LE NÉCESSAIRE POUR BÉBÉ... FOIS TROIS !

Poussette triple ; une autre double en plus d’une simple pour les sorties «parce que la triple ne passe pas partout» ; trois couchettes, deux tables à langer, une chaise d’allaitement triple, trois sièges d’auto en plus d’une fourgonnette pour les installer, la liste d’achats des Rossignol-Fortier a de quoi donner le tournis.

«Et tu ne peux pas rien réutiliser des plus vieux, c’est tout en même temps. Financièrement, quand on le calcule, c’est hallucinant», indique Nykia.

Et c’est sans parler du lait et des couches.

«Une maman nous a écrit pour nous dire qu’elle fait deux jours avec une boîte de préparation de lait pour des jumeaux. Ce qui veut dire que nous, on fait une journée et demie. Ce sont ces choses-là qui nous ont frappées quand on a compris ce qui nous attendait», relatent en riant les deux mamans. 


LA MAGIE DES RÉSEAUX SOCIAUX

Nykia Rossignol et Laurence Fortier ont créé une page Instagram en début de grossesse pour permettre aux gens intéressés de suivre leur aventure. Mais depuis la mise en ligne de «triple.a.deux», la magie des réseaux sociaux a opéré.

Elles se sont notamment fait offrir la location d’une maison pour la durée de leur hospitalisation à Québec, un cadeau tombé du ciel. «C’est une maman qui nous a offert la maison pour un prix dérisoire. Elle loue pour des familles d’enfants hospitalisés au CHUL. C’est super généreux et ça nous a sauvées», salue le couple, reconnaissant.

Plusieurs personnes leur ont aussi demandé de lancer une campagne de sociofinancement pour pouvoir les aider à souffler un peu. «Les gens sont vraiment gentils. Ils sont curieux de notre histoire, ils s’intéressent au développement des bébés, c’est une super relation. [...] Et l’aide nous fait chaud au cœur. On sait très bien qu’on n’aura probablement jamais de garderie avec trois enfants à placer d’un coup, donc on va vivre avec juste un salaire pendant quelques années», confie Nykia.  

  • Vous pouvez accéder à la campagne de sociofinancement, ici.   

UNE ARRIVÉE AU MONDE PAS FACILE

Comme bien des bébés prématurés, les trois petits Fortier ont dû traverser des montagnes russes avant de voir enfin leur état se stabiliser. En plus du retard de croissance de la petite Mila qui a forcé une césarienne à 32 semaines, sa sœur Ellie a développé une infection intestinale. 

«Elle a fait une entérocolite nécrosante. C’est comme une partie de l’intestin qui est en train de mourir. Elle a dû passer sept jours à jeun complètement et c’est celle qui était le plus loin dans son gavage. Ça a été difficile», racontent Laurence et Nykia. 

«Tu penses que tu es prête à vivre la montagne russe d’émotions qui vient avec tout ça, mais on ne l’était pas, confient-elles. C’est toujours trois pas en avant pour dix en arrière.»

La petite a finalement bien réagi au traitement et a pu recommencer à s’alimenter après une semaine. Cette petite frousse a toutefois fait réaliser aux mamans à quel point leurs enfants luttaient.

«Ils sont tellement forts. C’est tellement d’amour qu’on reçoit en voyant comment ils se battent qu’on a l’impression qu’on ne pourra jamais leur rendre ce qu’ils nous font vivre.» 

Un fait rare au Québec      

Statistique des naissances triples et plus au Québec  

  • 2020 : 29  
  • 2019 : 46  
  • 2018 : 53  
  • 2017 : 56  
  • 2016 : 46  
  • 58,5 par an (moyenne des 30 dernières années)        

Source : Institut de la statistique du Québec

Les trois petits trésors de Nykia et Laurence       

Nés le 29 novembre 2021 

Jake, Mila et Ellie, dormant paisiblement sur leur maman, Nykia Rossignol.
Photo courtoisie
Jake, Mila et Ellie, dormant paisiblement sur leur maman, Nykia Rossignol.

JAKE  

  • Né à 10 h 55      
  • Pesait 3,81 livres             

MILA  

  • Née à 10 h 56      
  • Pesait 2,91 livres            

ELLIE  

  • Née à 10 h 58      
  • Pesait 3,94 livres      

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