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Pas moyen d’avoir la paix

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2021 nous avait fait l’effet de virevolter dans un manège perpétuel : la pandémie en montagnes russes ; les démocraties vacillantes ; le climat, toujours plus chaud. 2022 s’annonce pour être tout aussi folle, à commencer par les menaces de guerre en Europe... encore une fois.

Nous vivons dans l’illusion que nous sommes... plus civilisés d’une génération à l’autre. Retomber dans les boucheries de la Première, puis de la Deuxième Guerre mondiale ? Voyons donc !

Pourtant, une semaine de pourparlers sur le sort de l’Ukraine – de Genève à Vienne, en passant par Bruxelles – ne semble avoir conduit qu’au durcissement des positions russes et américaines. Dans la salle de presse de la Maison-Blanche, jeudi, Jake Sullivan, le conseiller à la Sécurité nationale du président, est venu nous dire que les Américains se préparaient à tout : négocier avec les Russes ou défendre leurs alliés.

Vendredi, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, s’est montré encore moins rassurant : Moscou « est à bout de patience » avec les Occidentaux. Les tambours de la guerre n’ont jamais autant grondé en Europe depuis les combats qui ont déchiré l’ancienne Yougoslavie dans les années 90.

CES TRACAS QUI PERSISTENT

La Russie d’aujourd’hui ne se compare pas à l’Union soviétique d’hier : beaucoup moins une menace et beaucoup plus une nuisance. Il n’en reste pas moins que les États-Unis de Joe Biden sont en train de se positionner pour mener une guerre froide sur deux fronts.

Parallèlement à la nécessité de rassurer les alliés est-européens de l’OTAN, Washington s’est engagé à contrecarrer la montée en confiance et en puissance de la Chine. Débarrassé du boulet que constituait l’engagement militaire en Afghanistan, le président américain préférerait concentrer son attention vers le Pacifique, où les Chinois en mènent de plus en plus large.

Le Moyen-Orient risque de se rappeler à son... mauvais souvenir. Sept séances de négociations avec les Iraniens ne les ont pas convaincus de revenir à l’accord limitant leur programme nucléaire, un accord brisé avec fracas par Donald Trump. Les Israéliens sont inquiets et le font savoir.

DES BOÎTES À SURPRISE ÉLECTORALES

Une série d’élections au cours de l’année pourraient ajouter au caractère explosif de 2022, qui commence à peine. En France, Emmanuel Macron devrait réussir à se faire réélire à la présidence, mais le scrutin ne manquera pas de controverse alors que pas un mais deux candidats d’extrême droite vont chercher à lui faire face.

Controverse aussi aux Philippines, où le candidat en avance dans la course à la présidence est le fils de l’ancien dictateur Ferdinand Marcos. Pendant ce temps, au Brésil, Jair Bolsonaro, impopulaire, pourrait décider de copier son mentor, Donald Trump, et contester le résultat de l’élection présidentielle s’il est battu.

Parlant de Trump, on le verra en long et en large, préparez-vous ! Historiquement, les élections de mi-mandat font souffrir le parti du président en fonction. Novembre se dessine donc sombrement pour les démocrates.

L’ancien président républicain soutient des candidats qui, comme lui, prétendent qu’il s’est fait voler l’élection en 2020. Attendez-vous à ce qu’il crie vengeance et s’octroie l’essentiel du crédit si le parti de Joe Biden, tel que prévu pourtant, s’effondre. On n’en a pas fini, je vous le dis ! 

CINQ ÉLECTIONS À SURVEILLER EN 2022  

Corée du Sud – 9 mars

Photo AFP

La constitution limite Moon Jae-in à un seul mandat de cinq ans.

Son objectif d’apaiser la Corée du Nord n’a pas été atteint.

L’opposition, qui mène dans les sondages, veut « préparer le déploiement d’armes nucléaires américaines en cas d’urgence ».


France – 10 et 24 avril

Photo AFP

Les sondages donnent 25 % d’appui à Emmanuel Macron, le président sortant.

Ses adversaires au centre droit – Valérie Pécresse – et à l’extrême droite – Marine Le Pen et Éric Zemmour – récoltent chacun 15 %.

Des étincelles et pire encore à escompter !


Philippines – 9 mai

Là aussi, la constitution empêche le controversé président Rodrigo Duterte de se représenter.

Sa fille toutefois brigue la vice-présidence, alors que Ferdinand « Bongbong » Marcos Jr, le fils de l’ancien dictateur, domine dans les sondages.


Brésil – 2 octobre

Photo AFP

Jair Bolsonaro a si mal géré la crise de la Covid qu’une commission du Parlement brésilien veut le faire juger pour crimes contre l’humanité.

Pourtant, le populiste de droite croit en ses chances de se faire réélire.

Il devrait affronter l’ancien président de gauche Luiz Inacio Lula da Silva.


États-Unis – 8 novembre

Photo AFP

Lors des élections de mi-mandat de la présidence de Trump, les démocrates avaient gagné 40 sièges à la Chambre des représentants.

À l’inverse, en 2010, sous Barack Obama, les républicains en avaient récolté 63.

Avec Joe Biden à la présidence, les démocrates peuvent s’attendre au pire.

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