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Ex-conjointe brûlée vive à Québec: la Couronne demande la prison à vie pour Haj Messaoud

L’accusé a plaidé coupable de tentative de meurtre

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Photos d’Archives Frej Haj Messaoud s’est présenté chez son ancienne conjointe le soir du 9 août 2019. Alors qu’elle récupérait des achats dans le coffre de sa voiture, l’accusé l’a saisie par-derrière, lui couvrant la bouche, avant de l’asperger d’essence et de l’allumer.

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La Couronne réclame la peine maximale, soit l’emprisonnement à perpétuité, pour Frej Haj Messaoud, qui a plaidé coupable de tentative de meurtre après avoir immolé sa conjointe à l’été 2019.

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Les avocats de la poursuite ont noté plusieurs facteurs aggravants dans cette troublante affaire, qui s’est déroulée dans le quartier Saint-Sauveur le soir du 9 août 2019.

L’accusé présenterait notamment un risque de récidive élevé, selon le rapport présententiel déposé lundi.

«Il demeure campé dans des perceptions distorsionnées et s’acharne sur le peu de moyens qu’il lui reste pour conserver une emprise sur madame et s’attaquer à sa réputation. Ainsi, le risque de récidive nous apparaît important», a exposé la poursuivante Sabrina Lambert-Michel, citant le rapport d’expert.

Les passages ciblés par la poursuite mettent en lumière la dynamique conjugale violente et le rapport de force qu’aurait exercé le prévenu sur sa victime. «Au final, le besoin de contrôle du contrevenant, sa possessivité, son égocentrisme, son intolérance au rejet, sa gestion émotionnelle lacunaire et sa perception distorsionnée du statut de la femme sont les principaux éléments associés à la violence.»

«Elle avait détruit sa vie, il devait détruire la sienne», a résumé Me Lambert-Michel.

«Violence extrême»

Le contexte de «violence et de brutalité extrême» ainsi que le moyen choisi par l’homme pour tenter de prendre la vie de son ancienne conjointe ont aussi été portés à l’attention du juge Guy De Blois.

Pour la Couronne, l’utilisation du feu et les cicatrices indélébiles permettaient à l’accusé de «laisser une empreinte» sur la femme en cas de tentative ratée.

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«L’intention de monsieur était de tuer madame. Mais il a choisi une façon de faire de sorte que si ça ne fonctionnait pas, elle en resterait marquée de façon permanente», insiste Me Lambert-Michel. «Ça frappe l’imaginaire, tant c’est violent.»

«La seule chose qui sépare M. Messaoud d’un meurtrier, c’est l’intervention rapide de citoyens qui ont sauvé la vie de Wiem Haj Amor», ajoute son collègue de la Couronne Matthieu Rochette.

Le contexte particulier d’évolution de la gestion des cas de drames conjugaux doit aussi être pris en considération, estiment les procureurs. Faisant remarquer que la «société bouge», Me Rochette a invité le juge à avoir ce mouvement «sociétal et législatif» à l’esprit au moment de rendre la sentence de Fraj Haj Messaoud.

«Il faut que votre peine soit une déclaration collective ayant valeur de symbole. La conduite du contrevenant doit être punie parce qu’elle a porté atteinte au code de valeur fondamentale de notre société», cite le poursuivant.

L’étape des observations sur la peine se poursuivra mardi avec les représentations de l’avocat de la défense, Me Luc Picard. Le juge De Blois aura ensuite tout en main pour rendre sa décision.

Rappel des faits

Frej Haj Messaoud s’était présenté chez son ancienne conjointe le soir du 9 août 2019 après avoir passé plusieurs jours à épier ses déplacements à l’aide de l’application GPS de son cellulaire.

Alors qu’elle récupérait des achats dans le coffre de sa voiture, l’accusé l’a saisie par-derrière, lui couvrant la bouche, avant de l’asperger d’essence. Malgré les supplications de la victime, il avait allumé un briquet, transformant Wiem Haj Amor en véritable torche humaine. Le tout sous le regard horrifié de la fille du couple.

Aidée par un voisin, la victime réussira à s’extirper de ses vêtements en flamme, mais la rage de l’homme avait déjà laissé ses traces. Elle a été brûlée majoritairement au troisième degré sur 30% de son corps, principalement au dos, au cou et aux bras.

Cinquante-cinq jours d’hospitalisation à l’unité des grands brûlés, une dizaine de chirurgies et deux années et demie de réadaptation plus tard, la femme garde toujours de nombreuses séquelles de l’événement, a-t-elle témoigné en novembre.

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SOS violence conjugale