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Accelia Capital: le rendement au féminin

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Annick Charbonneau et Christine Beaubien, cofondatrices et associées directrices d’Accelia Capital, à Montréal, mardi dernier.

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Je vous raconte une histoire de solidarité. Je crois que ce sont celles qui sont les plus puissantes. Celles qui sont capables de vraiment changer la société parce qu’elles créent les vagues de fond, à l’abri du bruit.

Il y a un an, en plein confinement, deux femmes d’affaires déterminées ont décidé de passer à l’action pour réaliser leur projet de fonds d’investissement en capital de risque destiné majoritairement à soutenir des entreprises technologiques dirigées ou détenues par des femmes. Elles ont pris le téléphone et ont commencé à solliciter d’autres femmes d’affaires. En une semaine, elles étaient 20. 

Ensuite, il y a eu sollicitation et négociations avec des partenaires institutionnels et des entreprises privées ; gouvernement du Québec, Caisse de dépôt, Fondaction, Fonds de solidarité FTQ, bien sûr, mais aussi Beneva, Cossette, Stingray et d’autres. Certains ne sont pas dans le capital de risque d’habitude, mais ont fait exception en reconnaissant la valeur du projet.

« On ne voulait pas être seules à bord, on voulait créer un mouvement », dit Annick Charbonneau, cofondatrice et associée directrice d’Accelia Capital, issue de l’entrepreneuriat technologique.

« On veut avoir un fonds qui fasse ses preuves, qui crée un nouveau modèle de réussite. On va normaliser la présence des femmes. On donne un coup de barre, sinon ça va prendre 200 ans pour changer les choses », renchérit Christine Beaubien, l’autre moitié d’Accelia Capital, entrepreneure et investisseuse qui a occupé dans son impressionnante carrière des postes clés chez Bombardier Capital, Desjardins et la Banque Paribas.

Favoriser la promotion

Changer les choses lui importait depuis longtemps parce qu’une infime partie du capital de risque est attribué à des femmes. Aux États-Unis, en 2018, elles n’ont reçu que 3 % des fonds disponibles. Ça n’est probablement pas très différent ici, même si ça évolue. Plusieurs études démontrent un biais décisionnel défavorable aux femmes entrepreneures, qui se font davantage poser des questions de prévention que de promotion par les investisseurs, alors qu’elles mènent à six fois plus d’investissements. 

Annik Charbonneau a senti son désavantage en 2008 quand elle cherchait des capitaux pour sa plateforme de vente en ligne destinée aux designers. Au point d’envoyer des cupcakes à des investisseurs potentiels pour s’assurer un rendez-vous. 

« Mais les portes se refermaient rapidement sur les femmes à ce moment. On n’entendait pas ce que j’essayais de promouvoir, un produit résolument féminin. »

Accompagnement

L’ouverture est plus grande aujourd’hui, mais il reste du chemin à faire. Accelia Capital va changer la donne en signant des chèques ET en accompagnant les entrepreneures choisies. Comme pour n’importe quel autre fonds, le but premier est le rendement. Mais le deuxième, c’est l’impact : un portefeuille composé à 70 % d’entreprises dirigées ou détenues par des femmes et l’inclusion de femmes comme investisseuses. 

« C’est important, dit Christine Beaubien, parce que si on fait toujours les mêmes choses, avec le même type d’investisseurs, on aura toujours la même sorte de rendement. » 

Avec 53 M$ en capital, Accelia est le plus important fonds de capital de risque destiné aux femmes au pays et un des mieux garnis en Amérique du Nord. Dans un éventuel fonds successeur, d’autres segments de la diversité pourraient être appelés à joindre le mouvement solidaire. Mais pour le moment, 20 femmes vont déployer leur savoir-faire pour démontrer que cette vision est payante.

Accelia Capital  

Fondatrices: Christine Beaubien et Annick Charbonneau

Lieu du siège social: Montréal

Secteur d’activité: Capital de risque

Année de fondation: 2021


Profil des deux fondatrices  

  • Poste : Cofondatrices et associées directrices  
  • Âge : 60 ans et 46 ans  
  • Scolarité : Sciences informatiques, MBA Affaires internationales et MIT Sloan School of Management    

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