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Agression au marteau à Val-Bélair: 8 ans de prison pour un ex-militaire qui a voulu se faire justice

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Jadis décoré pour ses missions à l’étranger, un ex-tireur d’élite des Forces armées a été condamné à 8 ans de prison jeudi pour s’être introduit au domicile d’un homme et l’avoir violemment battu à coups de marteau.

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Yannick-Gary McManus avait notamment été reconnu coupable d’introduction par effraction, de voies de faits graves, de voies de faits armés et d’usage négligent d’une arme à feu en août dernier.

Jeudi, le juge Stéphane Poulin l’a condamné à 8 ans et 6 mois d’emprisonnement pour ses crimes, sentence à laquelle il reste 46 mois à purger en raison de la détention provisoire.

Agression violente

Le militaire déchu avait agressé sa victime en novembre 2018 dans un appartement de Val-Bélair. Convaincu que Sylvain Beaudet avait agressé sexuellement sa conjointe, l’ex-militaire s’était vengé en attaquant l’homme à coups de marteau en plus de le menacer avec une arme à feu.

Or, l’agression sexuelle à l’origine de cette violence n’a jamais été démontrée. Même que la conjointe de l’époque de l’accusé est venue contredire ce fait durant le procès.

Elle a témoigné être allée faire le ménage chez la victime quelques mois auparavant et qu’elle avait ressenti un malaise en raison de la chaleur. C’est à ce propos que McManus a plutôt imaginé, de façon erronée, qu’elle avait été droguée et agressée.

Ce pan de l’histoire démonté, ne restait donc que les faits liés à l’agression et présentés jeudi par le juge comme étant «graves», «prémédités» et «basés sur la vengeance».

Après avoir attaqué sa victime en s’introduisant dans son appartement par le balcon, McManus l’a pourchassé jusqu’à l’extérieur et même «quatre terrains plus loin» pour continuer à le battre jusqu’à la «perte de conscience». La victime s’en est tirée avec une lacération au front, des fractures au visage et plusieurs traumatismes au corps.

Stress post-traumatique

Décoré de plusieurs médailles pour ses missions à l’étranger au sein des Forces armées canadiennes, Yannick-Gary McManus avait reçu un diagnostic de syndrome de stress post-traumatique avec hypervigilance en 2017, après sa dernière mission en Afrique.

Ce fait n’a toutefois pas été retenu comme facteur atténuant par le juge Poulin qui estime que la preuve n’a pas «révélé de lien avec les actes commis par l’accusé».

«Le degré de responsabilité de l’accusé est entier. Non seulement il est le seul responsable, mais les circonstances de la commission des crimes ne sont pas de nature à atténuer son degré de responsabilité», a souligné le magistrat lors du prononcé de la sentence, insistant sur le désir de vengeance de l’homme motivé par des croyances qui se sont avérées non fondées.

Effets COVID

Le juge Poulin a toutefois reconnu certains des effets de la pandémie sur la détention provisoire du prévenu, accordant un crédit additionnel de 90 jours à Yannick-Gary McManus. La défense demandait une réduction de 12 mois en raison des impacts de la COVID-19.

«L’effet de la pandémie sur les détentions provisoires ne saurait permettre de réduire une peine au point où celle-ci n’est plus proportionnelle à la gravité de l’infraction ou à la culpabilité morale du délinquant», a tenu à rappeler le juge en expliquant sa décision.

McManus a subi deux transferts depuis son incarcération, qui ont chaque fois entraîné une quarantaine en confinement complet de 14 jours. Ses temps de sorties ont aussi été limités à divers moments.

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