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Quelle cruelle déception!

SPO-STEPHEN BROFMAN ET MITCH GARBER
Photo d'archives, Martin Alarie Mitch Garber et Stephen Bronfman ont tellement cru et travaillé au projet du retour du baseball majeur à Montréal.

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Le beau et grand rêve de Stephen Bronfman, le rêve d’Alain Bouchard, d’Éric Boyko, de Mitch Garber, de Stéphan Crétier pour un temps et de Rodger Brulotte vient de s’effondrer.

Ce sont trois vieux rabougris du comité exécutif du baseball majeur qui ont piétiné le projet. Incapable d’obtenir l’unanimité du comité exécutif pour appuyer le projet d’une garde partagée, Rob Manfred, le commissaire du baseball, est revenu sur ses appuis et encouragements. Le baseball a dit non.

Pour faire passer un projet d’expansion ou de déménagement, on demande un appui de 75 % des propriétaires. 

Sauf que la vieille tradition du baseball veut que la proposition présentée par l’exécutif soit unanime. Cette semaine, trois propriétaires plus conservateurs ont refusé le rêve. Ça s’est arrêté drette, frette là.

Maudite quinzaine...

Hier, Stephen Bronfman avait récupéré. Il a été clair et souriant pendant un point de presse par zoom en après-midi. Mais la veille, il était à ramasser à la petite cuillère. C’était des années de travail, un espoir nourri, une vision des Expos et de Montréal qui perdaient leur sens. Un monde qui faisait rêver Stephen Bronfman et qu’il chérissait, venait de s’écrouler. 

Hier, encore par zoom, il a passé une heure et demie avec les professeurs de ses enfants, ce qui le ramenait dans un quotidien covidien. Il était brûlé, vidé.

Cette garde partagée, il y croyait. C’était à la grandeur de Montréal et de Tampa. Un bel été à Montréal, un beau printemps en Floride. Une équipe qui n’aurait pas à jouer par 6 degrés à Montréal en mai ni à 105 F en juillet en Floride. La solution idéale. 

Des billets plus faciles à vendre à Montréal et au Québec et peut-être vendables dans la baie de Tampa. 

Rêve foutu. Dans la même quinzaine, Gary Bettman a fait savoir au ministre Eric Girard que la Ligue nationale n’était pas intéressée à Québec et Rob Manfred a envoyé le même message à Stephen Bronfman via Stuart Steinberg. 

Maudite quinzaine.

Mes déceptions

J’ai déjà été plus déçu dans ma vie. Le 20 mai 1980, le soir du premier référendum. Mais j’étais jeune et je me disais qu’on avait encore du temps.

Puis le 30 octobre 1995, c’était de la déception mais aussi de la colère. Le feeling de m’être fait voler ce deuxième référendum était très fort. 

Puis la vie se déroule. Les parents, les amis, les enfants, les joies et les déceptions finissent par sculpter une âme. 

Mais cette fois, peut-être à cause de l’âge, peut-être à cause de l’état de la société québécoise et du gouffre de trous qu’est ce Montréal qu’on aimait tant, c’est une déception douloureuse que je ressens.

Il n’y aura pas d’Expos. On va construire rapidement des condos sur les terrains réservés pour le stade de baseball, les millions qu’on aurait pu investir pour bâtir le rêve, vont couler à pic dans un système de santé devenu obèse et ankylosé dans sa graisse technocrate. 

Pensez-vous que vous allez être mieux soignés parce qu’on ne retrouvera pas les Expos ?

J’ai vécu les grands projets. Le métro, la Manicouagan, Terre des Hommes, LG 2, les Expos, les Coupes Stanley et les Nordiques...

Le dernier grand projet collectif demeure sans doute le CHUM. 

Reste le REM, on l’espère et le troisième lien. Lévis, c’est tellement important. Stephen Bronfman, Mitch Garber et les autres sont des amoureux fous de Montréal. Une ville vibrante, belle, qui se rappelle qu’elle est française et que son nom, Mont Réal est une vieille forme de Mont Royal.

Mais ce Montréal qu’ils voulaient recréer, qui donc en veut ? 

Geoff Molson et le français 

Le français de Kent Hughes est bien correct. C’est un anglophone de l’Ouest de Montréal qui a bien appris la langue de Jean-Charles puisqu’après 30 ans passés aux États-Unis, il demeure fort à l’aise. Si le Canadien le laisse parler français de temps en temps au chic 7e étage du Centre Bell, Hughes va encore s’améliorer. 

Ce qui compte, c’est qu’il puisse être compris par les Québécois de tout le Québec qui parlent la langue officielle de la province. Mission accomplie.

Geoff Molson est celui qui a commis le plus gros impair. Meeker Guerrier a posé une question en français au président. Il comptait sans doute sur une réponse pour son reportage à Noovo. Molson lui a dit qu’il répondrait en anglais pour que Jeff Gorton comprenne ce qu’il disait. 

Fuck Roberval, fuck Rimouski, fuck Matane, fuck Baie-Comeau, fuck Québec ! Plus colonisateur que ça, tu rougis de honte. On se retrouve porteurs d’eau forcés de parler anglais à une table parce qu’un Anglo sur les dix convives ne comprend pas le français. 

La traduction simultanée existe. Une paire d’écouteurs et Big Boss Jeff aurait tout compris. Sinon, que Molson réponde en français et qu’il traduise ou fasse traduire sa réponse. 

Qu’il respecte Roberval, Rimouski, Matane, Baie-Comeau et Québec. Sinon, ça sera toujours la même bouillabaisse infecte.

Y a déjà assez des joueurs qui se contrefoutent des gens, un vice-président, un officier supérieur d’une compagnie qui dépend des tickets et des cotes d’écoute du bon peuple pour s’enrichir, c’est une autre histoire...

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