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Repêchage LNH: pas un grand cru

Le Canadien ne semble pas avoir choisi la bonne année pour obtenir un exceptionnel au repêchage

Shane Wright of the Kingston Frontenacs. Photo by Terry Wilson / OHL Images.
Photo d’archives Alors qu’il est considéré comme le meilleur espoir de sa cuvée depuis plus de deux ans, le statut de Shane Wright ne fait plus l’unanimité à quelques mois du repêchage de la LNH.

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Point positif, s’il en est un, à la saison de misère du Canadien : l’équipe comptera vraisemblablement sur un très haut choix de première ronde au repêchage qui se tiendra dans la métropole, les 7 et 8 juillet. Toutefois, il semble que ce ne soit pas nécessairement l’année idéale pour parler aussi haut...

Ceux qui croient que le Tricolore réussira à mettre la main sur un joueur de concession de la trempe des Nathan MacKinnon, Connor McDavid ou Leon Draisaitl devront peut-être revoir leurs attentes à la baisse.

Trois recruteurs de la LNH consultés par Le Journal vendredi ont eu un discours presque identique : il ne s’agit pas, à première vue, d’un repêchage d’exception.

« En première ronde, c’est très ordinaire, remarque un premier recruteur sondé. L’équipe qui va sélectionner dans les cinq premiers choix n’aura pas de joueurs à la Miro Heiskanen, Cale Makar ou Elias Pettersson comme on a vu en 2017. Dans nos rencontres, on est parfois plus excités par certains joueurs qu’on classe dans les rondes deux ou trois plutôt qu’au premier tour. »

« Je ne pense pas que ce soit une année pour repêcher dans le top 5, confirme un autre dépisteur interrogé. Il y a de super bons joueurs disponibles, mais je ne vois pas de vedette incontestée. Je pense même que certains joueurs repêchés au milieu de la première ronde deviendront meilleurs que certains des premiers choix. Ça arrive chaque année, mais c’est encore plus plausible cette année. »

L’ÉNIGME SHANE WRIGHT

Un peu à l’image de la première ronde, celui qui est pressenti depuis plusieurs années pour être le premier de classe en 2022, Shane Wright, en laisse plusieurs sur leur appétit. 

Après avoir réussi 39 buts en 58 matchs à 15 ans seulement, à sa première saison avec les Frontenacs de Kingston en 2019-2020, le joueur de centre n’a disputé que cinq matchs la saison dernière, ceux du Championnat mondial des moins de 18 ans, parce que la saison complète de l’OH a été annulée en raison de la pandémie.

Cette saison, Wright présentait, avant son match de vendredi soir, des chiffres honnêtes avec un total de 31 points en 25 parties.

S’il conserve encore son statut de meilleur espoir de cette cuvée à l’heure actuelle, plusieurs estiment que s’il n’atteint pas la vitesse supérieure en deuxième moitié de saison, il pourrait être coiffé au fil d’arrivée par d’autres espoirs.

« Shane Wright, ça va être un excellent joueur de hockey qui va avoir une belle carrière. Ce n’est toutefois pas le genre de gars qui va exciter les amateurs et qui va faire vendre une tonne de chandails. Certains le comparent à Patrice Bergeron, mais il reste à voir si Wright peut atteindre le même niveau de leadership. C’est un gars qui sera plus apprécié par ses entraîneurs que par les spectateurs », a confié notre troisième intervenant, qui œuvre pour une équipe de l’Ouest.

L’un de ses collègues n’a toutefois pas été aussi tendre envers l’Ontarien.

« Quand je l’ai vu au Championnat mondial des moins de 18 ans l’an dernier, je trouvais qu’il ne compétitionnait pas très fort. Cette année, je vois un très bon joueur avec de super qualités. Par contre, Kent Hughes a mentionné hier (mercredi) que le caractère serait un attribut essentiel pour lui. Je vais te dire une chose, je ne suis pas certain que Shane Wright en a tant que ça. »

COMME « RNH »

Ce même recruteur explique sa pensée. Selon lui, Shane Wright a les aptitudes pour devenir un centre de premier trio, sans toutefois changer à lui seul l’identité d’une équipe.

« Ça va être ton premier centre par défaut, mais je ne pense pas que tu puisses bâtir autour de lui. Il me donne des airs de Ryan Nugent-Hopkins, pas nécessairement dans le style, mais dans le genre d’impact qu’il apporte à une formation. RNH, c’est un premier choix au total, il fait des points, mais ce n’est pas le genre de gars qui rend ta culture meilleure. »

Pour un autre dépisteur, toutefois, Wright aura le bénéfice de jouer dans la LNH, avec des joueurs de la LNH.

« Son style de jeu va se transposer dans le pro. Je dois le lui donner, il va être meilleur en jouant avec de meilleurs joueurs. »

Tout ça pour dire que rien n’est coulé dans le béton à l’heure actuelle.

« Je suis convaincu qu’au repêchage, des équipes vont l’avoir deuxième, troisième ou même quatrième sur leur liste », conclut un recruteur.


Les deux dernières fois que le Tricolore a repêché dans le top 3 du repêchage, en 2012 et 2018, ils ont sélectionné Alex Galchenyuk et Jesperi Kotkaniemi. Ils espéreront avoir la main plus heureuse s’ils sélectionnent à nouveau dans le haut du tableau, en juillet prochain. 

Classement de mi-saison de la Centrale de recrutement de la LNH 

Matthew Savoie – Winnipeg (WHL)
Photo courtoisie
Matthew Savoie – Winnipeg (WHL)

Cutter Gauthier – Programme national américain
Photo AFP
Cutter Gauthier – Programme national américain

Jimmy Snuggerud – Programme national américain
Photo AFP
Jimmy Snuggerud – Programme national américain

AMÉRIQUE DU NORD

  1. Shane Wright – Centre – Kingston (OHL)
  2. Logan Cooler – Centre – Programme national américain M18
  3. Matthew Savoie – Centre – Winnipeg (WHL)
  4. Conor Geekie – Centre – Winnipeg (WHL)
  5. Pavel Mintyukov – Défenseur – Saginaw (OHL)
  6. Cutter Gauthier – Ailier gauche – Programme national américain M18
  7. Jack Hughes – Centre – Northeastern (NCAA)
  8. Jimmy Snuggerud – Centre – Programme national américain M18
  9. Denton Mateychuk – Défenseur – Moose Jaw (WHL)
  10. Tristan Luneau – Défenseur – Gatineau (LHJMQ)

EUROPE

Joakim Kemell – JYP (Finlande)
Photo courtoisie
Joakim Kemell – JYP (Finlande)

Juraj Slafkovsky – TPS (Finlande)
Photo AFP
Juraj Slafkovsky – TPS (Finlande)

David Jiricek – Plzen (Tchéquie)
Photo AFP
David Jiricek – Plzen (Tchéquie)

  1. Joakim Kemell – Ailier droit – JYP (Finlande)
  2. Juraj Slafkovsky – Ailier gauche – TPS (Finlande)
  3. Danila Yurov – Ailier droit – Magnitogorsk (KHL)
  4. David Jiricek – Défenseur – Plzen (Tchéquie)
  5. Brad Lambert – Centre – Pelicans (Finlande)
  6. Simon Nemec – Défenseur – Nitra (Slovaquie)
  7. Marco Kasper – Centre – Rögle (Suède)
  8. Ivan Miroshnichenko – Ailier gauche – Omsk (VHL)
  9. Jonathan Lekkerimaki – Ailier droit – Djurgarden Jr (Suède)
  10. Alexander Perevalov – Ailier gauche – Yaroslavl (MHL)   

De bons mots pour Shane Wright

Louis Robitaille a eu la chance de bien connaître Shane Wright avec l’équipe canadienne lors du dernier Championnat mondial de hockey junior, et il n’a que de bons mots à son endroit.

L’entraîneur-chef et directeur général des Olympiques de Gatineau était adjoint à Dave Cameron avec Équipe Canada junior.

« C’est un jeune homme extrêmement assidu et très sérieux, a-t-il commenté. C’est un passionné, mais un gars assez réservé. Ce n’est pas le genre de gars extraverti qui va déplacer de l’air. Son éthique de travail est incroyable et c’est un gars qui veut devenir un joueur de hockey. »

Robitaille, comme à peu près tous les gens intéressés au hockey junior, a été témoin des critiques envers le jeune joueur de centre de 17 ans. Il tient à apporter un bémol.

« Il a marqué 39 buts à 15 ans, mais malheureusement, il n’a pas joué l’an dernier. D’arriver à son année de repêchage après une saison complète d’inactivité, c’est difficile. Petit à petit, les classements commencent à sortir et ça crée beaucoup de bruit extérieur. Parfois, les gens ne réalisent pas à quel point ça peut affecter un jeune de cet âge. Par contre, je n’ai pas eu l’impression que ça l’affectait tant que ça. Ce que j’aime de lui, c’est qu’il est là pour travailler. Que ça aille bien ou pas, il est là le lendemain prêt à mettre les bouchées doubles. »

Un mondial décevant ?

Évidemment, l’échantillon de deux matchs de ronde préliminaire en plus d’un autre pré-compétition empêche de dresser un portrait exact du travail de Wright dans cette compétition. En deux parties, il a récolté une passe. 

Une production insuffisante selon plusieurs, surtout en considérant que le Canada a inscrit 17 buts en deux matchs.

« On parle ici d’un joueur de 17 ans à qui on a confié un rôle sur le top-6 de l’équipe canadienne au Championnat mondial de hockey junior, tempère à nouveau Robitaille. C’est extrêmement rare. Il jouait sur notre première ligne et il avait beaucoup de pression. Sa production ne reflète pas ce qu’il a fait sur la patinoire. Dans notre deuxième match, il a généré plusieurs chances de marquer qui ne se sont pas soldées en buts. On dirait que les gens s’attendaient à ce qu’il arrive à ce tournoi et joue comme un gars de 19 ans. »

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