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Une infirmière se fait arracher un bout de doigt par une patiente en psychiatrie à Laval

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Une infirmière de l'unité de psychiatrie de l'hôpital de la Cité-de-la-Santé de Laval s’est fait arracher un bout de doigt par une patiente qui l’a mordue, dans la nuit de mercredi à jeudi.

«Dans la nuit du 19, vers 0h50, il y a eu un code blanc avec une patiente connue pour extrême violence et cette patiente a mordu une infirmière à l’auriculaire droit, juste en bas de l’ongle et a arraché le doigt de l’infirmière et l’a craché par la suite», a rapporté Déreck Cyr, président par intérim du Syndicat des infirmières, inhalothérapeutes et infirmières auxiliaires de Laval – SIIIAL (CSQ).

La patiente, qui était positive à la COVID-19, était en transfert vers une salle d’isolement lorsqu’elle s’est mise à «cracher partout», selon M. Cyr.

Les travailleurs auraient alors tenté de lui mettre un masque de procédure sur la bouche et c’est à ce moment-là que la patiente en aurait profité pour mordre l’infirmière «jusqu’à ce que son doigt arrache».

Devant cet événement, le syndicat a dénoncé l’augmentation de la violence envers les travailleurs et l’inaction de la Cité-de-la-Santé de Laval pour protéger ses travailleurs en psychiatrie.

«On a de la misère à retenir les infirmières dans ce milieu-là parce que depuis 2018, ils nous promettent des rénovations et des changements qui n’arriveront pas avant mars 2023, selon l’employeur», a dénoncé Déreck Cyr.

La patiente en cause dans l’événement avait déjà commis une agression plus tôt dans la semaine.

«Cette patiente-là a agressé un autre travailleur, le 16 janvier, en cassant une brosse à cheveux et en tentant de vouloir s’ouvrir la jugulaire, première des choses, à elle-même, et par la suite a tenté de poignarder un agent d’intervention au dos avec cette même brosse cassée», a raconté le président par intérim.

Ce dernier est d’avis que la patiente aurait dû être transférée à l’Institut Pinel.

«On comprend mal pourquoi, étant donné qu’il y a un événement le 16 janvier, que l’employeur n’a pas mis des mesures en place, n’a pas transféré cette patiente-là à Pinel», a-t-il déploré.

Des travaux devaient être entrepris en avril 2020, selon M. Cyr, pour sécuriser l’unité de psychiatrie de l’établissement de Laval, mais l’employeur, après une réévaluation, parlerait maintenant d’un début des travaux en mars 2023.

«Ce qui, pour nous, est aberrant parce que l’employeur doit protéger et donner des lieux physiques adéquats aux travailleurs et il y a eu un exode des travailleurs qui ont quitté à cause de l’augmentation de la violence de plus en plus extrême», a critiqué l’homme.

Le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) de Laval se défend, par écrit, en disant avoir déjà effectué plusieurs améliorations aux unités de la Cité-de-la-Santé et avoir dû augmenter le budget pour la réalisation des travaux en psychiatrie.

«L’identification des besoins en vue de la rénovation des unités de psychiatrie effectuée en 2019-2020 a démontré un besoin de rehausser ce budget. Ainsi, afin que la rénovation des unités puisse permettre de déployer les meilleures pratiques cliniques, ce budget a été rehaussé à 8M$ au printemps 2021», a indiqué le CISSS dans un courriel.

Une rencontre avec les employés en poste au moment de l’incident a eu lieu pour faire la lumière sur les circonstances.

«Tous les employés ont été rencontrés dans des débreffages. [...] S’il y a des choses à améliorer à l’intérieur du processus, où est-ce qu’il y a eu une défaillance et si c’est de la formation, si c’est de l’aménagement des lieux parce que, bon, telle affaire aurait besoin d’une amélioration, à ce moment-là on procède», a expliqué Éric Gauthier, directeur du programme santé mentale et dépendance au CISSS de Laval.

Le président du syndicat interpelle maintenant le ministre de la Santé, Christian Dubé, pour lui demander des investissements en santé mentale.

«On le sait que pour les CHSLD, il y a eu du sous-financement, mais le deuxième enfant pauvre du réseau c’est la psychiatrie. Il y a de plus en plus d’agressions, même les organismes disent que depuis la COVID, il y a 30% plus de codes blancs et d’agressions envers les travailleurs de la santé. Donc qu’est-ce qu’ils vont mettre en place pour protéger nos membres à Laval?», a-t-il questionné.

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