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La contribution santé est une solution logique

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Photo Agence QMI, Joël Lemay La contribution des non-vaccinés sépare bien l’aspect financier et l’aspect santé.

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Lorsque l’idée d’imposer une contribution santé aux non-vaccinés fut présentée par François Legault, elle fut surtout jugée comme un flash politique. Un gouvernement qui traverse une période houleuse sort un lapin de son chapeau.

Nous devinions spontanément que l’idée serait populaire auprès de la majorité vaccinée. Avec le débordement des hôpitaux et les contraintes de la vague Omicron, l’impatience envers les non-vaccinés atteint des sommets.

Peu d’analyses ont été faites de cette idée sur le fond. Est-ce une bonne politique gouvernementale au-delà de son éventuelle popularité dans l’électorat ? Je me suis fait une idée finale là-dessus au moment où Santé Canada a approuvé le Paxlovid.

Pilules recherchées

Ce nouveau médicament contre la COVID sera donné aux patients qui viennent d’être déclarés positifs et qui présentent des facteurs de risque particuliers. L’âge, les maladies chroniques, le fait d’être immunosupprimé constituent des exemples de facteurs de risque connus.

Or, le fait d’avoir refusé la vaccination doit médicalement être inclus dans cette liste des facteurs de risque. Le ministre Jean-Yves Duclos a été clair là-dessus. Une personne non protégée par le vaccin aura plus de chance de voir un médecin lui prescrire un traitement de Paxlovid, un traitement rare et coûteux.

On imagine vite l’objection. Pourquoi administrer un médicament qui coûte près de 1000 $ à une personne qui a refusé le vaccin, une protection nettement moins coûteuse et très facile à obtenir ? Des voix s’élèveront pour priver les non-vaccinés du nouveau médicament ou pour les faire reculer dans la liste de priorité.

C’est là que la contribution santé intervient. En séparant l’aspect de l’argent et celui de la santé. En séparant le besoin d’être juste envers tous les contribuables et le devoir médical de protéger la vie de tous avec les moyens disponibles.

Le choix d’administrer le Paxlovid doit rester une affaire de calcul de risque médical. La contribution santé devient une réponse à ceux qui évoqueront le coût supplémentaire de ce traitement par rapport au vaccin.

Risque à assumer

Collectivement, les personnes qui refusent le vaccin décident de prendre un risque. Dans notre système de santé gratuit et universel, un coût important est associé à ce risque. Nous l’avons eu en plein visage ces derniers mois alors que les non-vaccinés étaient largement surreprésentés dans les hospitalisations COVID.

Collectivement, ils vont donc assumer une partie du risque qu’ils choisissent de prendre. Il n’est pas question de les priver de soins. Il n’est pas question de les traiter comme des citoyens de deuxième ordre lorsqu’ils tombent malades. Il n’est pas question de leur demander 1000 $ sur le bord du lit d’hôpital pour obtenir leur Paxlovid.

Il est simplement question de leur faire assumer une partie des conséquences du choix énorme qui est le leur. Les fumeurs connaissent bien cela. Via les taxes énormes sur les produits du tabac, ils paient depuis longtemps pour le risque supplémentaire lié à leur choix.

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