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La pédagogie du (dé)confinement

GEN-FRANCOIS-LEGAULT
Photo d'archives, Agence QMI François Legault bénéficie encore d’un fort capital de sympathie.

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Oui, le confinement plus sévère qu’ailleurs a sauvé des vies au Québec.

On peut maintenant l’affirmer avec assez de certitude, en fonction de l’indice le plus crédible, soit celui de la surmortalité, c’est-à-dire les décès en excès depuis le début de la pandémie. 

Ainsi, le Québec fait plutôt bonne figure parmi les autres pays et même les autres provinces canadiennes, du moins avant la vague Omicron, puisque les données utilisées s’arrêtent début décembre. 

Le premier ministre avait bien besoin de cette petite victoire. 

Sacrifices nécessaires

Politiquement, François Legault pourra dire qu’il a tout fait pour nous protéger.

Et face aux Québécois qui en ont marre, il pourra avancer que nos sacrifices n’ont pas été vains, ce qui n’est pas rien. 

Mais l’argument du taux de surmortalité qui favorise le Québec a ses limites.  

D’une part, il ne comprend pas la cinquième vague, qui nous frappe plus qu’à bien des endroits.  

Il n’efface pas les décisions controversées sur le couvre-feu, la vaccination lente des enfants et de la troisième dose, la fermeture cavalière des restaurants le 30 décembre, le yo-yo des mesures sanitaires plus ou moins bien communiquées.  

Malgré un certain recul au profit du conservateur Éric Duhaime, François Legault bénéficie encore d’un capital de sympathie que jalousent à peu près tous les politiciens du pays. 

Il en aura bien besoin pour faire la pédagogie d’un plan de déconfinement qui se fait attendre, pendant que les Ontariens connaissent les étapes du leur, qui culminera à la mi-mars.

Chez nous, encore aucune prévisibilité. 

Ras-le-bol

La moitié des 18-35 ans admettent rompre de temps à autre avec les mesures sanitaires.  

Il est impossible de rester insensible aux témoignages de restaurateurs et de propriétaires de petites entreprises qui risquent de tout perdre.  

Les actions de désobéissance civile se multiplient et les Québécois sont de plus en plus nombreux à trouver que les restrictions ont assez duré, selon un sondage CROP-La Presse. 

Le voyage pour arriver au bout du fameux tunnel de François Legault semble interminable.  

La réalité du délestage s’entrechoque à la détresse des petits commerçants qui n’en peuvent plus de voir leurs efforts et leurs économies s’évaporer.  

Une réalité demeure. La sévérité de notre confinement est directement liée à la faiblesse de notre réseau de la santé.  

La vraie lumière au bout du tunnel, ce sera quand le Québec sera sur la voie de vraies réformes qui aplatiront la courbe de notre étouffante bureaucratie, notamment en santé. 

D’ici là, nous sommes condamnés à souffrir des mêmes erreurs.

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