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Les dommages de l'inflation

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Photo Chantal Poirier Plusieurs experts prévoient que le prix du litre d’essence ordinaire grimpera jusqu’à 1,80 % d’ici la fin juin.

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L’inflation annuelle est à son plus haut niveau en trois décennies. Sur une base annualisée, elle a atteint en décembre 5,1 % au Québec.

Pendant ce temps-là, le salaire hebdomadaire moyen augmentait à peine de 2,3 % en 2021, soit d’un « gros » 23,30 $ pour atteindre 1027,73 $, selon l’Institut de la statistique du Québec.

Si vous n’avez pas de marge de manœuvre financière, vous risquez fort de vous retrouver dans le rouge avec la flambée inflationniste des prix des produits et services essentiels, tels l’alimentation, le transport, le logement.

Parlant de logement... Quand je pense au gouvernement de François Legault qui permet maintenant à Hydro-Québec d’augmenter ses tarifs d’électricité en fonction de l’inflation, on s’entend que ça va nous coûter une beurrée cette décision gouvernementale. Auparavant, Hydro devait soumettre sa demande d’augmentation à la Régie de l’énergie, qui, nombre de fois, autorisait des hausses nettement sous l’inflation. 

Globalement, avec une inflation annuelle de 5 %, cela revient à dire qu’un panier d’achat de biens et services qui vous coûtait 10 000 $ vous coûtera 10 500 $, soit 500 $ de plus. Si vous dépensez annuellement 50 000 $, ce sera 2500 $ de plus pour le même panier ! 

Les ménages qui disposent d’une marge de manœuvre vont pour leur part écoper des conséquences de l’inflation en se retrouvant avec moins d’argent à épargner à la fin de l’année. 

  • Écoutez Michel Girard sur QUB radio:

SOURCE D’ENDETTEMENT

Les dommages causés par l’inflation s’annoncent dramatiques pour les ménages et les entreprises lourdement endettées. 

À l’instar de la Réserve fédérale américaine, la Banque du Canada sera contrainte d’enchaîner plusieurs révisions à la hausse de son taux afin de ralentir les pressions inflationnistes. 

Cette année, les économistes s’attendent à une augmentation d’au moins 1 point de pourcentage du taux directeur. Et peut-être autant en 2023. 

Quand la Banque du Canada va hausser son taux directeur, les emprunteurs, tant les particuliers que les entreprises, devront s’attendre à des hausses similaires. 

HYPOTHÈQUES

Lors du renouvellement de leurs hypothèques, les ménages auront avantage à miser sur le long terme, soit les termes de cinq ans ou plus. Simple question de profiter au plus sacrant de la faiblesse actuelle des taux hypothécaires. Alors que le taux « officiel » affiché par les institutions bancaires s’élève à 4,79 % pour le terme de cinq ans, il est possible présentement de se négocier un taux aussi bas que du 2,4 à 2,6 %. 

Par tranche de 100 000 $ d’hypothèque amortie sur 25 ans, une augmentation d’un point de pourcentage du taux hypothécaire d’un terme de 5 ans se traduira par une hausse mensuelle de l’ordre de 50 à 56 $, soit de 600 à 672 $ sur 12 mois. 

À 200 000 $ d’hypothèque, le supplément annuel chevauchera de 1200 à 1344 $ ; à 300 000 $ d’hypothèque, la facture additionnelle grimpera de 1800 à 2016 $ et ainsi de suite selon le montant de son hypothèque.

Si les taux hypothécaires devaient grimper de 2 points de pourcentage, il faut multiplier par deux les chiffres précédents. 

QUELQUES CONSEILS 

Une des façons d’essayer de minimiser les conséquences de l’inflation sur son portefeuille consiste à « magasiner » en courant les aubaines chez les marchands d’alimentation. 

Quand on fait le tour des circulaires des grandes chaînes, Metro, IGA, Provigo, Maxi, Super C, Costco... il y a moyen de se « remplir » un panier de provisions à bon compte. 

Chose certaine, ce n’est pas en allant s’approvisionner chez les grandes chaînes de dépanneurs que vous allez survivre à l’inflation. Au contraire ! 

Des aubaines, il y en a toutes les semaines, peu importe les secteurs de la vente au détail : quincaillerie, vêtements, appareils ménagers, etc. Mais pour en profiter, il faut prendre le temps de les courir. 

L’ÉPARGNE

Selon les récentes données désaisonnalisées des comptes économiques du Québec, l’ensemble des ménages québécois continuaient de bénéficier d’un solide coussin financier. 

À la fin du troisième trimestre 2021, selon l’Institut de la statistique du Québec, ils avaient réussi à accumuler 47,7 milliards $ d’épargne nette, soit 15,8 % de leur revenu disponible désaisonnalisé. C’est 2,6 fois l’épargne nette accumulée lors de l’année normale qu’était 2019.

Cette bonne nouvelle ne vise malheureusement que les mieux nantis des ménages québécois. D’ailleurs, la hausse des taux d’intérêt va leur permettre d’obtenir un meilleur rendement sur l’épargne qu’ils injecteront dans les placements sans risques, comme les certificats de placement garantis et autres placements à terme. 

Concernant la Bourse, généralement, l’inflation représente un souci majeur pour les investisseurs en raison de la pression à la hausse qu’elle exerce sur les taux directeurs des banques centrales. 

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