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Aux limites de la science

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Photo Agence QMI, Joël Lemay Le premier ministre du Québec, François Legault

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La pandémie et les mesures sanitaires exacerbent les tensions. La grogne populaire monte depuis quelques jours.

Certains craignent que le gouvernement perde le contrôle alors que plusieurs agitateurs sont encouragés par les Duhaime et Bernier de ce monde.

François Legault n’est pas responsable de tous les maux. Cependant, son manque de transparence contribue à la colère montante.

Il dit s’appuyer sur la science, toutefois le cheminement est trop souvent incohérent pour qu’on puisse croire toutes ses explications.

À sa décharge, la science n’a pas réponse à tout. Elle ne doit surtout pas servir de socle pour justifier des décisions politiques fondées sur d’autres considérations.

La sincérité a bien meilleur goût !

La qualité des opinions

Les repères scientifiques ont de meilleures valeurs que les croyances basées sur des mythes et des préjugés. Il incombe aux citoyens de faire la distinction.

Il est cependant plus complexe d’évaluer la qualité des arguments scientifiques en considérant les travaux desquels ils découlent.

L’opinion d’experts, l’étude universitaire, la recherche-action et la recherche fondamentale ne peuvent pas être considérées comme de même niveau. Les méta-analyses s’avèrent la source la plus fiable en matière de données probantes.

Comme la COVID-19 est récente, la science est loin d’avoir toutes les solutions, et ainsi les États évoluent au rythme de la connaissance. Cela vaut mieux que de se faire croire qu’on
nous injecte des micropuces avec les vaccins.

La science n’est pas neutre

Il faut également savoir que la science n’est pas neutre, plus particulièrement dans les sciences humaines, en se rappelant que les chercheurs clament leur posture et essaient d’étayer leur théorie.

Deux exemples récents et externes à la pandémie nous permettent de comprendre que la science n’est pas une nouvelle religion.

L’appel du gouvernement pour des recherches sur la laïcité et les manières de la favoriser ont été décriés par certains. Malgré cela, l’État part de sa posture et cherche ce qu’il l’intéresse de trouver.

Le récent rapport sur les échecs en orthographe a fait bondir et ressortir les vieux clichés, tels l’effort, la répétition et les méthodes d’antan. Pourtant, la problématique se situe au sein même du ministère de l’Éducation, qui favorise les chercheurs de la posture du constructivisme, plutôt que ceux de la posture de l’enseignement explicite.

Dans une telle conjoncture, on ne peut reprocher aux citoyens d’être perplexes devant les contradictions et de se poser des questions.

Cela n’en fait pas des complotistes.

Les vraies affaires

Pour éviter une révolte sociale, le premier ministre devra faire preuve de plus de transparence et distinguer les fondements politiques et scientifiques qui orientent son gouvernement dans la gestion de la pandémie.

Il aurait dû avouer qu’il maintient les écoles ouvertes pour leur fonction de garderie afin que les parents puissent travailler tout en ne cachant pas que c’est un énorme risque.

Était-ce pour se donner bonne conscience qu’il a fermé d’autres milieux qui comportaient moins de risques ?

La cohérence et la sincérité doivent s’imposer !

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