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Les favoris en vacances

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Les Packers et les Titans ont terminé la saison régulière au sommet de leur conférence respective. Les voilà en vacances, au terme d’une soirée remplie de surprises pour amorcer le deuxième tour éliminatoire.

C’est la première fois depuis 2010 que les deux favoris s’écroulent au deuxième tour. Les 49ers, en l’emportant 13-10, et les Bengals, en gagnant 19-16, ont causé tout un émoi, alors qu'ils ont mérité leur place en finale de conférence dimanche prochain.  

C’est donc dire que celui qui est perçu comme l’éventuel joueur le plus utile de la saison, Aaron Rodgers, va regarder le reste des séries chez lui. Tout comme celui qui est pressenti pour être nommé entraîneur-chef de l’année, Mike Vrabel, des Titans. 

Dans le cas des Packers, qui étaient même favoris pour remporter le Super Bowl, c’est une déception aux proportions épiques. 

Même si la défensive a limité les Niners à 12 premiers jeux et 212 verges de gains, l’attaque n’est pas parvenue à saisir ses chances. En 10 séquences offensives, les Packers ont quitté le terrain à cinq reprises après trois petits jeux. 

C’est la quatrième fois que Rodgers perd contre les 49ers en séries. On ne parle plus de bête noire, mais de monstre indomptable. 

Depuis que les Packers ont remporté le Super Bowl en 2010, Rodgers montre un dossier de 8-8 en séries. Tout n’est évidemment pas de sa faute, mais il n’en demeure pas moins qu’un joueur au talent exceptionnel comme lui devrait élever davantage les siens. 

Bien sûr, il jouait derrière une ligne offensive rapiécée. Ses ailiers espacés, à l’exception de Davante Adams, n’ont récolté que six verges de gains. C’est une récolte pathétique. 

C’est aussi en raison de la tenue médiocre de leurs unités spéciales — un fléau toute la saison — que les Packers se sont effondrés.  

Un placement bloqué à la fin de la première demie et un touché sur un dégagement bloqué au quatrième quart ont permis aux 49ers de gagner, même s’ils n’ont inscrit aucun touché offensif. Sur le placement victorieux des 49ers, les Packers n’étaient que 10 sur le terrain. C’est plutôt gênant! Et quelle ironie que ce soit l’ancien botteur des Bears — leurs ennemis jurés — qui achève les Packers sur le dernier jeu du match!

Les Niners sont parvenus à survivre malgré la tenue de leur quart-arrière Jimmy Garoppolo, pour qui chaque passe tentée semblait une aventure. Cette équipe est formée de guerriers qui ont tout laissé sur le terrain, de Deebo à Samuel et George Kittle, en passant par Trent Williams, Fred Warner, Nick Bosa et Arik Armstead. Plusieurs ont fini la rencontre sur une patte dans un environnement hostile.  

Ils méritent certainement ce qui leur arrive... tout comme les Packers. 

QUEL AVENIR POUR RODGERS?

Les prochaines semaines seront remplies d'hypothèses concernant l’avenir de Rodgers. Après le match, il a indiqué qu’il parlerait aux bonzes de l’organisation et qu’il prendrait une décision avant la période des joueurs autonomes, à la mi-mars. 

La relation tendue avec l’état-major semble avoir pris du mieux, mais peut-être que Rodgers évaluera qu’il aura une meilleure opportunité de remporter le Super Bowl ailleurs. Les Packers ont plusieurs joueurs qui deviendront agents libres, dont Davante Adams, et ils sont présentement à 45 millions au-dessus du plafond salarial pour 2022. Il y aura des décisions difficiles à prendre, qui ne feront probablement pas le bonheur de Rodgers.  

DES BENGALS DIFFÉRENTS

L’irrésistible épopée des Bengals se poursuit. Ils deviennent l’équipe Cendrillon des présentes séries en atteignant le carré d’as pour la première fois depuis 1988.  

On savait que les Bengals formaient une bonne équipe, mais leur parcours est le plus rafraîchissant des équipes toujours en vie, après leur interminable traversée du désert. Voilà les Bengals en finale de la conférence américaine contre le gagnant du duel qui opposera les Bills aux Chiefs.  

Ces mêmes Bengals qui venaient de boucler les trois saisons précédentes dans les catacombes de leur division. Ces mêmes Bengals qui n’avaient pas gagné un match de séries depuis 1991. Ces mêmes Bengals qui n’avaient jamais, en 53 ans d’existence, remporté un match de séries sur la route avant d’aller surprendre les Titans à Nashville. 

Le plus enrichissant dans cette victoire pour les Tigrés, c’est que, malgré tout ce qui a été dit depuis des semaines sur l’attaque explosive, ils ont démontré qu’ils pouvaient gagner autrement que par leur force de frappe aérienne. 

Cette fois, c’est plutôt le travail défensif qu’il faut souligner. Toute la semaine, c’est le retour de Derrick Henry qui a attiré l’attention. Le porteur des Titans ne semblait pas à son meilleur, lui qui revenait d’une blessure au pied qui le tenait à l’écart depuis la semaine neuf. 

N’empêche que les Bengals l’ont limité à 62 verges en 20 portées. Finalement, la défense a concédé 140 verges au sol, mais à part une longue course de 45 verges de D’Onta Foreman, les Titans ont été muselés, avec une moyenne de 3,6 verges par portée. 

Encore mieux, l’unité défensive a réussi trois interceptions, dont une sur le tout premier jeu du match, par Jessie Bates. Mike Hilton s’est payé la deuxième quand les Titans cognaient à la porte des buts, un jeu clé. Enfin, le secondeur Logan Wilson a réussi la troisième en complétant un beau jeu d’Eli Apple, qui a d’abord fait dévier la passe. C’est ce jeu qui a ensuite permis aux Bengals de réussir le placement victorieux, un quatrième de la part du botteur recrue Evan McPherson. Un choix de cinquième ronde payant au dernier repêchage! 

BURROW RÉSILIENT

Même si l’attaque des Bengals n’a pas offert le plus grand spectacle, Joe Burrow a encore démontré un cran remarquable, lui qui a été victime de neuf sacs du quart. Combien de pivots de deuxième année auraient appelé leur maman, en position fœtale?  

Burrow a d’ailleurs réussi ce qu’un seul autre quart-arrière dans l’histoire avant lui avait réussi, c'est-à-dire de remporter un match malgré neuf sacs à ses dépens. Il faut remonter aux Chiefs de 1966, menés par Len Dawson! 

La ligne offensive des Bengals avait tenu son bout la semaine dernière, mais son vrai visage est ressorti. À force d’opter pour des champs arrière sans porteur et de ne pas offrir de protection additionnelle dans ses schémas offensifs, l’entraîneur-chef, Zac Taylor, va finir par réduire Burrow en chair à canon.  

Chez les Titans, c’est une fin de saison en queue de poisson. L’équipe a le mérite d’avoir résisté cette année en dépit d’innombrables blessures, mais le bilan de santé s’est amélioré et il n’y avait pas d’excuse.  

Rien ne va justifier les trois interceptions de Ryan Tannehill, qui a coulé les siens. Quand une équipe comme les Titans mise sur un style physique et conservateur, le quart-arrière ne peut absolument pas se permettre autant de revirements coûteux.  

Plusieurs demanderont sa tête durant la saison morte, mais il sera difficile de se départir de lui avec son contrat.  

Pour en revenir aux Bengals, il est difficile d’imaginer l’ampleur monumentale de la cuite collective à Cincinnati. Après tant de souffrances, le party est sans doute gargantuesque! Une tournée offerte en partie par Tannehill... 

Les étoiles du jour  

Bengals-Titans

Burrow et Chase

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Le tandem de Joe Burrow et Ja’Marr Chase a encore frappé. Le quart-arrière des Bengals a amassé 348 verges et Chase en a récolté 109. Chase est ainsi devenu le premier receveur recrue dans l’histoire à connaître deux matchs de plus de 100 verges en séries.


D. J. Reader

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Le gros plaqueur des Bengals a grandement contribué à l’effort des siens pour contrer le redoutable jeu au sol des Titans. Il a terminé avec six plaqués, dont deux pour des pertes aux dépens de Derrick Henry. Reader a joué un rôle critique toute l’année. 


Jeffery Simmons

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Dans la défaite, Jeffery Simmons a rappelé qu’il peut devenir l’un des joueurs de ligne défensive les plus dominants du circuit. Il a été dans la face de Joe Burrow en permanence, récoltant trois sacs du quart. Avec Harold Landry, les Titans ont de quoi bâtir. 


49ers-Packers

Jordan Willis

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Son jeu restera dans les annales des 49ers. C’est lui qui a bloqué le botté de dégagement des Packers, recouvert par Talanoa Hufanga pour le touché qui a permis aux 49ers de niveler la marque en fin de match. Quand l’attaque ne marche pas, il y a toujours les unités spéciales. 


Nick Bosa

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L’ailier défensif des Niners était un cas incertain pour cette rencontre jusqu’à vendredi. Il faisait partie du protocole des commotions cérébrales et il a livré la marchandise avec deux sacs du quart et plusieurs pressions. C'est un joueur indispensable pour les Niners. 


Rashan Gary

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Les Packers ont perdu, mais leur défense n’a certainement pas à rougir. Rashan Gary a connu un fort match avec deux sacs du quart et un autre plaqué pour une perte. Les 49ers menaient la ligue au chapitre des verges par jeu (6,1), mais ils ont été limités à 4,1 verges par jeu. 

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