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«Ma mère croyait que j’étais son mari aux funérailles de mon père»

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le maire de Québec, Bruno Marchand.

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Le maire de Québec, Bruno Marchand a grandi dans le quartier Lairet de l’arrondissement de La Cité-Limoilou. Monsieur le maire me confiait que son emploi de camelot pour le Journal de Québec et Le Soleil lui a permis de découvrir que tout le monde n’est pas à la même case de départ à cause des moyens financiers de leur famille.

Comme plusieurs jeunes, il rêvait de jouer dans la LNH, mais son talent laissait à désirer. La politique n’a jamais fait partie de son plan de carrière, il voulait plutôt devenir policier.


Prenons le temps de découvrir ce que vous avez vécu aux funérailles de votre père.

Si vous me permettez, je vais commencer par vous décrire le parcours de ma jeunesse.


Bon point. Vos parents ont payé les dettes de votre grand-père.

Je suis l’enfant unique de la famille. Lorsque je suis né, mon père, Gilbert Marchand était âgé de 44 ans et ma mère, Thérèse Carrier, avait 43 ans. Avant de se marier sur le tard et de fonder une famille, mes parents se sont assurés de payer les dettes de mon grand-père.


Ton père parcourait le Québec comme vendeur de vêtements.

Papa s’est déplacé dans toutes les régions, dont Montréal, dans sa grande voiture remplie de vêtements pour homme qu’il vendait à différentes merceries.


Votre mère était votre mentor.

J’ai été privilégié tout au long de ma vie de pouvoir compter sur des gens qui me confiaient leurs idées. Cependant maman, c’était la fondation de la famille.


Les livres Jonathan Livingston le Goéland et Le Petit Prince ont influencé votre jeunesse.

Jonathan Livingston le Goéland m’a appris à me développer, même si c’était à contre-courant des autres. Tandis que Le Petit Prince m’a enseigné à ne pas craindre de me surpasser. Aujourd’hui, j’ai toujours un livre ouvert et ma lecture favorite est les livres d’Agatha Christie, j’aime bien la série aussi et mon Hercule Poirot favori, interprété par Sir David Suchet. D’ailleurs, je visionne les vidéos de la série régulièrement chaque année.


Vous avez rêvé de jouer dans la LNH.

Je voulais jouer dans LNH, mais à l’âge de 12 ans, j’ai compris que mon talent laissait à désirer.


Vous avez vécu de beaux moments au parc Victoria, au stade municipal de Québec et au parc Henri-Casault.

Que de beaux souvenirs, surtout, la première fois que j’ai mis les pieds sur le terrain où évoluent aujourd’hui les Capitales de Québec. J’ai affronté un lanceur pee-wee dominant, Patrick Poulin qui a joué dans la LNH, avec le Canadien, notamment.


Comme camelot, la collection était difficile ?

Il y a des gens qui me payaient chaque semaine, d’autres qui repoussaient leur paiement, sans oublier, les gens qui n’avait pas les moyens de me payer avant un mois ou plus.


Vous disiez que la case de départ n’était la même pour tout le monde.

Ma journée de collection m’a fait découvrir que beaucoup de jeunes n’ont pas pu réaliser leurs rêves, même s’ils avaient le talent nécessaire, autant dans leurs études, qu’au travail ou dans le sport.


Étiez-vous discipliné à l’école primaire Saint-Paul-Apôtre ?

Je vais résumer cette situation avec le conseil de l’enseignante : « Je crois que votre fils doit être bien entouré au secondaire s’il veut réussir ». Heureusement, ma marraine Marie Houle Goulet a offert à mes parents de payer mes études secondaires.


Quelle était votre première voiture ?

Une Chrysler Le Baron blanche usagée avec un toit en vinyle bleu.


Votre premier départ de la maison ?

À 19 ans, je suis parti pour visiter 13 pays de l’Europe, avec mon sac à dos à l’épaule, et vivre dans des auberges de jeunesse. À Paris, je suis allé voir le comédien Yves Jacques. Après un mois, un de mes amis universitaire est venu me rejoindre.


Vous aimeriez rencontrer le président Obama.

J’aimerais discuter avec lui afin de lui demander de quelle façon il s’y est pris pour réunir des gens qui ne pensaient pas nécessairement comme lui dans certains dossiers.


Vous étiez entraîneur de hockey ?

Mon fils, Victor et ma fille, Emma-Jeanne que j’aime beaucoup, étaient des gardiens de but, une position qui stresse beaucoup les parents. Pour contourner ce stress, je suis devenu un entraîneur. Aujourd’hui, Victor, 20 ans, et Emma-Jeanne, 16 ans font du vélo de compétition.


Cela fait 28 ans que vous vivez avec votre conjointe.

Ma conjointe, Julie Marion qui est nutritionniste travaille en recherche à l’Université de Laval. C’est incroyable comment elle rassemble tout le monde pour des activités familiales. Elle a toujours le bon message pour nous encourager dans des moments difficiles. C’est une femme extraordinaire que j’aime beaucoup.


Est-ce qu’on peut maintenant parler de votre citation principale ?

Je croyais que c’était par nervosité en raison du décès de mon père que ma mère m’avait pris pour son mari.


Quelle était la réalité ?

Avant son décès pour ne pas m’inquiéter, mon père m’avait caché qu’elle était atteinte de l’Alzheimer.


Quand l’avez-vous appris ?

Nous sommes rendus chez le médecin qui lui avait demandé de dessiner sur une feuille une horloge avec des chiffres. Elle ne savait pas comment placer les aiguilles à 13 h 15. La réalité m’a fait énormément mal. Comme c’est le cas pour tous les gens qui doivent vivre cette épreuve.


Votre mère s’est perdue dans le voisinage.

Les responsables de sa résidence m’ont avisé que ma mère n’était plus à la résidence. J’ai quitté rapidement la maison et pris la voiture à sa recherche dans les rues de Lévis. Après de nombreux insuccès, je me suis souvenu de l’un de ses désirs.


Quel était ce désir ?

Je me suis rendu au 61, Napoléon à Lévis. Ma mère était assise devant sa maison de jeunesse habitée par d’autres gens. Elle attendait sa sœur, Fernande.

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