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COVID: quand les droits entrent en collision

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On dit souvent qu’on assiste depuis quelques années à une judiciarisation des sociétés démocratiques.

Que ce ne sont plus les politiciens élus par le peuple qui gouvernent, mais les juges, les tribunaux. Ce n’est pas demain que la situation va changer. 

LA MULTIPLICATION DES DROITS

Plus il y a de droits dans une société (droits des animaux, droits de la nature, bientôt droits des arbres et, pourquoi pas, droits des robots ou des avatars virtuels), plus ces droits risquent d’entrer en collision. Et plus on a besoin de juges, d’experts juristes et de constitutionnalistes pour régler les conflits et les différends causés – justement – par cette prolifération quasi exponentielle des droits. Regardez la loi 21, le projet de loi 96 et la lutte contre la pandémie.  

Ces trois dossiers posent des questions fondamentales et extrêmement complexes sur l’étendue – et les limites – des différents droits. Jusqu’où une minorité peut-elle aller pour protéger ses droits ?

La majorité n’a-t-elle pas le devoir de protéger les droits des minorités ?

À partir de quand la liberté de religion peut-elle être considérée comme une menace aux droits fondamentaux de la majorité ? À la liberté de conscience des enfants ? Aux droits des femmes ? Une société peut-elle restreindre les droits individuels pour se protéger ? Si oui, en quels cas ? Pour combien de temps ?

À partir de quel stade peut-on juger que ma liberté met en danger la liberté des autres ? Peut-on obliger un individu majeur (et non vacciné) à prendre un médicament ou à s’injecter une substance dans les veines contre sa volonté ?

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LA POLITIQUE REPREND... SES DROITS

Voilà pourquoi les sensibilités sont si exacerbées, ces temps-ci, si à vif. 

On assiste à une collision frontale entre les droits individuels et les droits collectifs. Comme deux autos qui se seraient foncées dessus à toute vitesse. 

D’un côté, les antivax qui reprennent le slogan des militantes pro-choix : « Mon corps m’appartient, j’en fais ce que j’en veux. » 

De l’autre, les pro-vaccins qui affirment que la liberté des antivax de faire ce qu’ils veulent de leur corps menace directement leur droit tout aussi fondamental de vivre en santé et en sécurité. 

Il s’agit non seulement de deux visions incompatibles, mais chaque groupe tente d’imposer sa vision à l’autre. Pas étonnant que ça « chire » ! Et vu que la situation est urgente, on n’a pas le temps de régler chaque cas d’espèce devant les tribunaux. Alors, c’est le gouvernement qui tranche. En se basant – dit-il – sur des considérations de santé publique, et non sur des considérations légales. Bref, on fait passer la science – et la politique – avant la loi.

Or, ça fait des décennies qu’on n’a que le mot « droit » à la bouche !

J’ai le droit, j’ai le droit !

Et soudainement, le droit (qu’on a érigé en arbitre suprême de la vie en société) n’aurait plus... droit de cité ? Les juges et les magistrats devraient docilement remettre leur couronne et leur pouvoir aux politiciens et aux scientifiques ?

Pas surprenant que ça grince...

Pas facile de demander aux gens de mettre en veilleuse leurs droits individuels quand ça fait quatre-vingts ans que tu les ériges en véritable religion !

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