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Notre système de santé est une minoune

Infirmières
Photo d'archives, Agence QMI

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On peut discuter longtemps de la pertinence de garder les restaurants fermés ou d’imposer le passeport vaccinal dans les grandes surfaces.

Ce n’est pas le débat essentiel.

Si les mesures sont plus sévères au Québec, c’est pour une seule raison : protéger un système de santé plus fragile qu’ailleurs.

« Minoune »

En langage clair, c’est pour qu’on ne doive pas dire à une personne alitée dans un hôpital ou en attente d’une chirurgie grave que sa place doit être donnée à un non-vacciné.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

En temps normal, notre système fonctionne déjà au maximum de ses capacités.

Il suffit d’un rien pour le perturber. Quand la crise est massive, il craque de partout.

Fondamentalement, nous manquons de lits et de personnel.

La France a 3,1 lits d’hôpital pour chaque lit au Québec. On n’y forme pas à toute vitesse du personnel supplémentaire.

Il s’en trouve pour dire : s’il faut faire des réformes pour retrouver nos libertés, qu’est-ce qu’on attend ?

Pour réparer un bateau de fond en comble, il faut d’abord le ramener en cale sèche.

Mais quand le pire sera passé, quoi faire ?

Investir d’autres milliards dans le système actuel ? On l’a fait, on voit les résultats, et la moitié du budget du Québec y passe déjà.

Ceux qui proposent d’engloutir plus d’argent dans cette baignoire sans bouchon ont le devoir de nous dire qu’ils estiment en effet que les Québécois ne sont pas assez taxés ou quels autres services publics ils supprimeraient.

Changer les structures ? On l’a fait et on voit les résultats.

Puiser dans le grand sac des clichés, du style « renforcer-la-première-ligne-pour-désengorger-les-hôpitaux » ? On ne fait que cela depuis des lunes et on voit le résultat.

Quand un cheval est à l’agonie, le fouetter davantage n’est pas une solution.

« Il ne faut jamais gaspiller une crise », disait Churchill, mais y voir une occasion à saisir.

Pour l’essentiel, notre système est un monopole d’État.

Ses fondements n’ont pas changé depuis 1970. Les réformes successives se sont faites sans s’interroger sur ceux-ci.

On enlevait un mur, on réaménageait les pièces, on les repeignait, mais la charpente et les fondations de la maison restaient les mêmes.

Les problèmes d’un monopole d’État sont que l’absence de concurrence ne le force pas à s’améliorer, que le citoyen n’a pas de choix, et qu’il y a des limites à ce que l’on peut exiger des 65 % de contribuables qui paient des impôts alors que 100 % des gens tombent éventuellement malades.

Quant aux 35 % de gens qui ne paient pas d’impôt, c’est parce que leurs revenus sont trop faibles. On ne peut leur demander plus.

Europe

Depuis longtemps, au nom du « pas-de-médecine-à-deux-vitesses », on impose la vitesse lente à tous.

Le secteur privé joue un beaucoup plus grand rôle en France, en Allemagne, en Scandinavie, ailleurs en Europe, et cela n’a rien à voir avec les États-Unis.

Tous y sont correctement soignés.

Nous en sommes là.

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