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Peu de changements au projet de tramway, mais des efforts pour réduire les coûts supplémentaires

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le maire de Québec, Bruno Marchand, a présenté mardi l’état des lieux du futur tramway.

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Bruno Marchand n’a pas apporté de grands changements aux éléments majeurs du tramway, mais son administration tentera de réduire la hausse du budget anticipée de 600 millions $. Maintenant, un travail imposant s’annonce et le maire s’est dit déterminé à mettre le tramway sur les rails.

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Les membres du Bureau de projet du tramway ont présenté mardi un état des lieux du projet. Le maire Marchand avait promis cet exercice dans un souci de « transparence » envers la population. 

Une deuxième présentation sur les arbres et les consultations publiques suivra mercredi. 

Appuis en baisse

Malgré un appui populaire en baisse pour le projet, le maire a promis de le réaliser et de jouer le rôle d’un « capitaine rassembleur ».

« Regardez-moi bien aller. Je vais défendre ce projet avec toute ma force, ma détermination et mon acharnement. Le statu quo n’est pas une option pour Québec. » 

10 modifications

M. Marchand avait proposé 10 modifications au projet, en campagne électorale.

Mais il a depuis eu « des dizaines de rencontres » avec le Bureau de projet, pour faire le tour de la question, et il a convenu que ses promesses ne devaient pas devenir « dogmatiques ».

Il a dit avoir été « rassuré » par ses discussions, notamment sur l’impact des fils dans le paysage et sur la plateforme surélevée, des éléments qui sont restés sensiblement inchangés. 

« Il y a beaucoup de choses qui étaient déjà dans les plans. Des choses qu’on ne connaissait pas, de l’extérieur. »

Il promet de mieux expliquer les tenants et aboutissants du projet à la population.

À cet effet, huit chantiers attendent l’administration municipale au cours des prochains mois

LES HUIT TRAVAUX DU MAIRE MARCHAND  

LES COÛTS SUPPLÉMENTAIRES

Les coûts supplémentaires du tramway sont évalués à 600 millions $, mais le maire et le bureau de projet espèrent les ramener à 530 millions $ grâce à un effort de « rationalisation » de 70 millions $.

Le coût total du projet serait donc d’environ 3,9 G$. L’inflation, la volatilité du marché immobilier (la Ville doit faire des acquisitions) et l’année de retard dans la réalisation sont les principaux facteurs en cause.

Pour financer ces dépassements de coûts, le maire souhaite que la facture supplémentaire soit divisée entre le provincial (50 %), Ottawa (40 %) et la Ville (10 %).

Si c’est le cas, la part additionnelle de la Municipalité serait de 50 à 60 millions $. Bruno Marchand assure avoir de la marge de manœuvre pour absorber ce surcoût sans couper dans les services. 

UN TUNNEL DE 1,8 KM

Pour relier la basse ville à la haute ville, un tunnel sera creusé. Ses deux extrémités seront situées non loin du jardin Jean-Paul-L’Allier (dans Saint-Roch) et de l’avenue Turnbull (le Grand Théâtre).

On a appris mardi que ce tunnel fera finalement 1,8 km au lieu des 2,1 km dont il était question jusqu’à maintenant.  

« On a raffiné la conception et on a défini qu’on veut absolument que la trémie et la sortie du tunnel sur René-Lévesque soient à l’est de Turnbull », a expliqué Daniel Genest, directeur du bureau de projet.

Le nombre de stations est désormais fixé à 29 (dont deux souterraines) tout au long du parcours de 19,3 km, entre Cap-Rouge et D’Estimauville. 

DES SONDAGES PLUS FRÉQUENTS

Déterminé à rallier « la majorité de la population » au tramway, le maire Bruno Marchand entend travailler très fort pour faire remonter le taux d’appui, qui sera mesuré sur une base régulière.

Bons ou mauvais, les résultats des futurs sondages, plus fréquents, seront diffusés en toute transparence, comme la Ville l’a fait lundi.

« Quarante et un pour cent d’appuis, pour moi, c’est insuffisant. C’est le point de départ et on va travailler très fort pour que ça ne soit pas le point d’arrivée. » 

DEUX REMONTÉES MÉCANIQUES

Abandonné par Régis Labeaume, le projet de remontées mécaniques entre la Basse-Ville et la Haute-Ville est officiellement de retour.

Le nouveau maire, Bruno Marchand, a confirmé mardi qu’il tiendra sa promesse électorale à cet effet.

À l’origine, les deux remontées prévues devaient favoriser la mobilité des piétons et des cyclistes dans le secteur de l’hôpital Saint-Sacrement et du Cégep Garneau.

« Les lieux restent à déterminer, mais on va de l’avant là-dessus. Ce n’est pas nécessairement un ascenseur qui monte à la verticale. Ça peut être un escalier avec un tapis roulant, il y a un paquet d’options. On va vous revenir là-dessus », a indiqué le maire.  

LA QUESTION DES FILS AÉRIENS

À l’image des tramways de Paris ou de Tours (photo), en France, celui de Québec devrait être alimenté grâce à une ligne aérienne de contact.
Photo courtoisie, Ville de Québec
À l’image des tramways de Paris ou de Tours (photo), en France, celui de Québec devrait être alimenté grâce à une ligne aérienne de contact.

Le maire avait exprimé la volonté de retirer les fils du tramway du paysage, si possible.

Or, le bureau de projet considère que la technologie de l’alimentation par ligne aérienne de contact est la plus adaptée pour les pentes et le climat de Québec.

Une alimentation par le sol est inadéquate en raison des accumulations de neige et de glace, a indiqué Éric Le Hir, de Systra.

On améliorera quand même le paysage grâce à l’enfouissement des fils des utilités publiques et par l’utilisation des poteaux d’éclairage déjà existants.

Mais une autre technologie est aussi dans l’air, celle des batteries « embarquées ». On l’étudiera dans les prochains mois.

« Si un soumissionnaire nous fait une démonstration qu’il a une technologie de batterie embarquée qui fonctionne, on va être à l’écoute », a indiqué le directeur du bureau de projet, Daniel Genest.  

LA PLATEFORME SURÉLEVÉE

La plateforme, dont le maire voulait réduire l’impact dans les quartiers, reste inchangée. Elle sera surélevée de 15 cm sur 25 % du tracé, pour des questions de sécurité.

Sur René-Lévesque, il était déjà prévu d’augmenter les traverses piétonnes et de conserver 100 % des traverses automobiles pour les voies principales.

Cependant, plusieurs virages à gauche interdits demeurent.

Le maire a été « complètement rassuré » sur le fait que plusieurs traversées seront possibles. « Et on est même prêt à en ajouter s’il le faut, avec les discussions que nous aurons avec les citoyens. » 

RENCONTRER LES CITOYENS

Bruno Marchand a passé une commande très claire au Bureau de projet : multiplier les efforts de communication sur toutes les tribunes et aller à la rencontre du citoyen sur le terrain pour ouvrir le dialogue.

Le grand patron du Bureau, Daniel Genest, a bien saisi le message et promet d’aller « à chaque coin de rue » pour répondre aux interrogations.

Des ajustements au projet sont encore possibles, a plaidé le maire, et toutes les idées pour le bonifier sont les bienvenues.

« Les dés ne sont pas joués. L’ouverture est réelle et sincère. Ce n’est pas de la frime », a-t-il insisté. 

GARDER LE CAP SUR LA REDEVANCE

L’administration Marchand ira de l’avant en 2023 avec une redevance de transport, imposée aux grands projets immobiliers le long du tracé.

Des études sont en cours et des discussions ont lieu avec les promoteurs immobiliers.

Le chef de l’opposition, Claude Villeneuve, n’est pas d’accord avec cette idée.  

CE QU’ILS ONT DIT  

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Photo d'archives, Stevens LeBlanc

« Nous sommes très contents de la présentation. Le tramway est un bon projet. Il y a de bons choix qui ont été faits. On a besoin d’arrêter de toujours parler des aspects du projet qui nous apparaissent plus problématiques, plus inquiétants. »

— Claude Villeneuve, chef d’Équipe Savard 

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Photo d'archives, Stevens LeBlanc

« Aujourd’hui, c’est une belle journée pour le tramway. Aujourd’hui, le maire a fait un bon coup. Toutes les préoccupations des citoyens ont été adressées, répondues et bien expliquées. Ça me donne un énorme espoir que l’acceptabilité sociale de ce projet-là va augmenter en flèche. »

— Jackie Smith, cheffe de Transition Québec 

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Photo d'archives, Stevens LeBlanc

« Notre formation politique demeure sur notre appétit. Ce que je crois comprendre, c’est qu’il n’y a rien de nouveau. Mis à part que le maire a promis aux citoyens en campagne électorale des améliorations majeures, comme l’enfouissement des fils et le retrait de la dalle de béton, qui sont techniquement impossibles. C’était un beau mirage en campagne électorale. »

— Éric Ralph Mercier, chef de Québec 21 

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Photo d'archives, Stevens LeBlanc

« Un engagement fort et rassembleur, qui mise sur le dialogue, c’est le bon virage à donner à ce projet qui répond à des besoins criants de mobilité durable dans une perspective de lutte aux changements climatiques. »

— Étienne Grandmont, directeur général d’Accès transports viables

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