/misc
Navigation

L'heure est venue de réapprendre à vivre

L'heure est venue de réapprendre à vivre
Photo d'archives, AFP

Coup d'oeil sur cet article

Omicron nous a appris qu’il arrive un moment dans une pandémie où le coût de freiner une vague en vaudra plus que la chandelle.

Malgré un confinement presque total, la 5e vague a quand même terrassé notre système de santé. C’est la nature même de ce variant.

Cette fois-ci, il fallait acheter du temps pour donner la 3e dose. Mais l’excuse ne tiendra plus la prochaine fois. 

Les gouvernements ont raison de préparer le déconfinement. Encore faudra-t-il qu’ils se sèvrent des pouvoirs extraordinaires qu’ils se sont donnés depuis deux ans.

La peur

Depuis 22 mois, la société carbure à la peur. La peur du virus, la peur de contaminer nos proches, puis la peur de ne pas être soigné par un réseau hospitalier à bout de souffle.

Omicron avait de quoi faire peur. Un groupe de chercheurs associés au CIRANO estimait que jusqu’à 400 000 Québécois ont pu être infectés en une semaine !

Or voilà, si la taille de la vague a submergé le réseau de la santé, elle n’a pas pour autant décimé la population du Québec. Le vaccin a fait son œuvre, le masque aussi, puis la distanciation et tout le reste.

Voilà où on en est. La Covid de 2022 n’est pas celle de 2019.

L’heure est venue de reprendre, petit à petit, le contrôle de nos vies.

Ça ne veut pas dire balancer toutes les consignes par la fenêtre. Ça veut dire aller obtenir sa 3e dose, utiliser intelligemment les tests rapides. Ça veut dire, aussi, cesser de s’imaginer que les gouvernements peuvent parfaitement contrôler les aléas de cette pandémie.

Sortir de l’urgence

François Legault s’est bien gardé de dire quand il a l’intention de lever l’urgence sanitaire au Québec. Or s’il veut garder la confiance de la population, il devra offrir des critères clairs, précis.

On comprend, mardi, son refus de donner un calendrier de déconfinement. L’incertitude demeure trop grande. Mais le portrait se clarifiera. À ce moment, il devra mettre cartes sur table.

Car la tolérance collective à voir les droits individuels sacrifiés a atteint sa limite. C’est égoïste ? Peut-être. Ce sont surtout des droits chèrement gagnés qu’il faudra bien reconquérir.

Le couvre-feu du 31 décembre nous a rappelé la propension d’un gouvernement pandémique à adopter des mesures radicales. L’opacité des avis de la Santé publique incarne l’affection des autorités pour le secret. Les mesures draconiennes à la frontière illustrent leur prédilection pour des mesures simplistes qui rassurent.

Mais chacune d’entre elles a un coût. Pour la démocratie, l’économie, la santé mentale, l’équilibre de la société.

Comme le suggère le gourou de la pandémie, Tomas Peyo, une fois Omicron passé, il faudra aussi offrir une prévisibilité à plus long terme. C’est-à-dire définir quand et pourquoi on osera imposer à nouveau ces fermetures et limites qui empoisonnent notre vie depuis près de deux ans.

Car, plus les semaines passent, moins la pandémie a le dos large. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.