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Remerciements pour faveurs obtenues

Remerciements pour faveurs obtenues
Photo d'archives, Agence QMI

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Je ne suis pas croyante pour un sou, mais hier à 14 h, j’ai eu envie de crier « Alleluia » !

Je suis athée, je n’ai donc jamais fait de prières de ma vie, mais disons que mes « vœux » ont été exaucés et que j’ai eu envie de monter à genoux les marches de l’Oratoire et d’aller faire brûler un cierge : le gouvernement rouvrira les salles de cinéma et de spectacles... en même temps que les lieux de culte.

Mais permettez-moi d’être cynique et de poser une question : comment se fait-il que Québec a pu penser deux secondes que ce serait correct d’ouvrir les lieux de culte AVANT les lieux de culture ?

LA SAINTE-CULTURE

Quand les informations ont commencé à sortir au compte-gouttes au sujet du début du commencement de l’amorce d’un assouplissement, il était question d’ouvrir les lieux de culte le 31 janvier... et pas un mot sur les salles de spectacle.

Ben voyons donc ! On aurait pu aller à la mosquée, à l’église, au temple, à la pagode pour assister à des cérémonies religieuses... mais pas au théâtre, dans une salle de danse, au cinoche ou dans un club de comédie pour assister à des cérémonies païennes ? Oui aux grenouilles de bénitier, mais non aux amateurs de variété ?

Et tout ça dans un État qui se prétend laïque ?

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J’ai poussé un certain nombre de mots d’église quand j’ai entendu le directeur intérimaire de la santé publique, Luc Boileau, affirmer que c’était parce que pour bien des gens, la religion est... un service essentiel.

Heu pardon ! Un service essentiel, c’est se nourrir et se soigner. Si vous élargissez votre définition à « nourrir l’âme », alors vous devez aussi l’appliquer aux arts. Vous allez me dire que la culture, la beauté, ce n’est pas essentiel ?

Je l’avoue, j’ai poussé un cri dans mon salon quand j’ai entendu la pâtissière subversive de Jonquière lancer à Tout le monde en parle : « Je suis à boutte, ça me tente pas de me déguiser en juif hassidique pour avoir des droits ».

Même si je trouve cette femme abrasive et que je ne cautionne pas du tout le fait qu’elle ouvre la salle à manger de son commerce en violation de la loi, je trouvais qu’elle avait tout à fait raison quand elle soulignait ce deux poids/deux mesures : pourquoi les policiers ne sévissent pas quand des juifs orthodoxes vont dans une synagogue qui doit être fermée, mais qu’ils sévissent contre les commerces qui sont ouverts en contravention de la loi ?

UN VIRUS À L’EAU BÉNITE

Si le gouvernement n’avait pas annoncé la réouverture simultanée des lieux de culte et de culture, j’aurais fondé ma propre religion.

Ça ce serait appelé Les Témoins de Théâtra, les fidèles se seraient appelés Les apôtres de Molière (dont on fête ces jours-ci le 400e anniversaire de naissance) et nos rencontres auraient eu lieu dans des temples appelés Rideau-Vert, Bordée, Périscope ou Nouveau-Monde.

On aurait fait brûler des lampions devant la scène, comme ça, personne n’aurait pu nous coller de contravention.

Comme les vraies religions, on aurait eu notre mantra et nos prières : « Sainte Denise Filiatrault, riez pour nous, et dites-nous, c’est à quelle heure le punch ? ».

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