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Santé mentale : la détresse toujours en hausse

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L’annonce par Québec d’un investissement de 1 milliard $ en santé mentale, mardi, arrive au moment où on observe dans la population une augmentation marquée des troubles anxieux, des cas de dépression, des difficultés relationnelles et une montée faramineuse des consultations en urgence pour des gens en détresse. 

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Les vagues successives de la pandémie font bien des ravages, juge la présidente de l’Ordre des psychologues du Québec, Christine Grou. Avec un délai d’attente pouvant aller jusqu’à deux ans dans le réseau public et un système privé qui est presque autant congestionné, la situation ne devrait pas se rétablir de sitôt, estime-t-elle.

«Les cabinets débordent. Sans avoir de statistiques sur la hausse des demandes au privé, je peux vous dire que les appels de gens qui n’ont pas de place sont nombreux même si la télépratique a été développée.»

Selon elle, tout le monde à son niveau de résilience en fonction du contexte dans lequel la pandémie est vécue. «Une perte d’emploi ou d’un proche ainsi que l’incapacité de se faire soigner sont des facteurs contextuels. En ce moment, la population court un marathon. Y’a des gens qui vont tomber au 20e kilomètre, d'autres au 31e et certains vont se rendre au bout. Plus nous avançons dans la situation sans adresser le problème de santé mentale, plus il y aura d’individus qui vont se sentir moins bien», avise-t-elle.

La professionnelle remarque aussi des difficultés au niveau des fonctions cognitives chez les jeunes. Elle fait référence à l’attention, la concentration et la capacité de résolution de problèmes. «Après deux ans de pandémie, il y a une fatigue au cerveau qui s’est installée», dit-elle, ajoutant du même souffle que le développement social et affectif des jeunes en a pris pour son rhume depuis le début de la pandémie.

Revaloriser le public

En outre, selon elle, l’enjeu de rétention de psychologues au public demeure un frein à l’accessibilité. «Ils quittent en raison des conditions de pratique et de la rémunération. C’est une erreur de ne pas faire ce qu’il faut pour retenir ou attirer les psychologues dans le réseau public.»

À ce sujet, la Coalition des psychologues du réseau public québécois rapporte que l’écart de rémunération qui subsiste entre les psychologues travaillant au public et ceux au privé est d’au moins 27,3 % en prenant en considération tous les avantages sociaux du public.

Un bon départ

En réaction au plan d’action en santé mentale déposé cette semaine par le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, Mme Grou a salué la volonté du gouvernement de se pencher sur la santé mentale. Cela dit, elle croit que la santé mentale doit devenir un enjeu de santé publique. «Il faudra travailler vite, fort et rapidement pour offrir les bons services aux bonnes personnes au moment opportun.»

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