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Tramway: la réalité rattrape le maire Marchand

Tramway: la réalité rattrape le maire Marchand
Photo Stevens LeBlanc

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Élu maire de Québec en novembre après avoir lancé plusieurs promesses dans le dossier du tramway, Bruno Marchand a vite été rattrapé par la réalité. 

Comme prétendant à la mairie ambitieux qui souhaitait se démarquer durant la campagne électorale, Bruno Marchand s’était engagé à apporter dix améliorations pour le projet de tramway. 

Le candidat proposait notamment d’abaisser la dalle de béton à certaines intersections, et de diminuer la présence de fils pour éviter de « défigurer nos quartiers emblématiques de Québec ».

Il y a cependant une différence énorme entre des promesses effectuées sans détenir une fine connaissance du dossier, et la réalité qui rattrape l’élu qui a plongé le nez dans le projet et qui a pu s’entretenir avec les experts.

Travail des experts

Déjà en début d’année, M. Marchand s’était employé à modérer les attentes par rapport à ses promesses électorales. 

Le maire prétendait hier avoir réussi à éviter le pire, soit un « plafond de fils » qu’aurait signifié l’arrivée du tramway. Pour avoir assisté à tous les breffages techniques sur l’infrastructure, il n’a jamais été question d’une telle aberration.

Le peu de changements apportés s’avère tout de même rassurant, en ce qu’il démontre que les experts du bureau de projet ont effectué un travail professionnel et avisé. 

On a souvent tendance à l’oublier, mais un tel projet, s’il a été soutenu par des politiciens, n’a pas été élaboré par eux, mais par des professionnels du domaine.

Les bons choix avaient visiblement été faits concernant la dalle de béton et les fils, en fonction des besoins et des coûts, et non seulement des désirs des politiciens. 

Capitaine du projet

Parmi les autres changements proposés par le maire figurait aussi cette idée d’impliquer les citoyens au cœur du projet, en allant à leur rencontre avec un comité de « bon voisinage ». 

J’écrivais hier que Bruno Marchand souhaitait visiblement s’inscrire en sauveur du tramway. Ses déclarations lors de cette première journée « d’état des lieux » à laquelle il avait convoqué les médias le confirment. 

Le maire entend se faire le capitaine du projet, afin de susciter l’adhésion d’une majorité de gens. Le statu quo n’a pas sa place. 

Son discours bien senti laisse entrevoir des jours meilleurs pour un projet mal défendu qui a souffert de critiques trop souvent injustifiées. Il ne faut pas oublier que les deux tiers des électeurs de Québec ont voté pour un parti en faveur du projet de tramway. Tout est donc possible si on explique mieux.

Le maire est habité par une grande volonté de réussite et fait de cette tâche qu’il a qualifiée de « titanesque » un défi personnel. Il s’agit d’une excellente nouvelle pour un projet qui contribuera au développement de la région de Québec et pour lequel il faut d’ores et déjà réfléchir aux phases subséquentes.

Le partage des coûts projetés supplémentaires, qui s’élèvent pour le moment à 530 M$, fait toujours l’objet de négociations avec les gouvernements du Québec et du Canada, qui se montrent ouverts à un partage de la facture. 

Il faudra maintenant voir comment Bruno Marchand parviendra, dans les discussions à venir sur le projet, à imposer son rapport de force. Comme l’a relevé hier le chef de l’opposition, ce rapport ne sera « jamais meilleur que présentement », à quelques mois d’une élection provinciale. 

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