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Une journée noire

Patrice Bernier se souvient d’une raclée au Honduras

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Photo AFP Le Canada en avait eu plein les bras contre le Honduras en s’inclinant 8 à 1 à San Pedro Sula en octobre 2012.

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Le Canada rendra visite au Honduras jeudi soir et il tentera d’exorciser l’une de ses défaites les plus humiliantes de son histoire.

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C’est au même endroit, à l’Estadio Olimpico Metropolitano de San Pedro Sula que le Canada a subi une dégelée de 8 à 1 contre les Honduriens, le 16 octobre 2012.

Au-delà de la marque, la défaite a laissé des traces parce que le Canada était alors éliminé d’une participation à la phase finale de qualification pour la Coupe du monde de 2014.

Pourtant, l’équipe canadienne n’avait besoin que d’un verdict nul pour passer à l’étape ultime.

Contexte difficile

Patrice Bernier se souvient bien de cette rencontre même s’il l’a regardée du bout du banc sans aller sur le terrain. Le contexte était difficile, le stade était négligé et la foule était hostile.

Et une fois au stade, les choses ont rapidement dégénéré. Le Honduras a pris une avance de 4 à 0 en seulement 25 minutes entre la 7e et la 32e minute.

« C’est comme si une vague avait déferlé surtout après avoir pris le premier but. Dès le deuxième but, on sentait qu’on était déjà dans les cordes. On essayait de tout faire pour moins encaisser. On dirait que chaque montée qu’ils faisaient, ils avaient de la réussite. »

Pas besoin de dire que tout le monde avait le moral dans les talons à la mi-temps, car comme le mentionne Bernier, « à 4 à 0 dans le monde du soccer, normalement tu es éliminé ».

À tout cela, on ajoute des Honduriens métamorphosés lors de ce match.

« Certains des joueurs du Honduras jouaient en MLS et ils n’étaient pas dominants. C’était le cas de Jerry Bengtson qui a marqué trois buts. »

« Benny Feilhaber de la Nouvelle-Angleterre m’avait même demandé comment Bengtson avait marqué trois fois contre nous quand il n’arrivait pas à marquer avec eux. »

« Les joueurs de ces petits pays, quand c’est le temps de jouer pour leur sélection, ils veulent vraiment tout donner et nous remettre dans le visage qu’on est meilleurs au hockey qu’au foot. »

Humiliation 

« C’est un match que tu veux oublier, mais que tu ne peux pas oublier parce que tu avais besoin d’un point dans un match crucial et tu te fais lessiver 8 à 1 comme si c’était un match amical.

« Les images ont fait le tour du monde. On sentait qu’on était un peu la risée du soccer à ce moment-là parce que d’habitude, ce sont des grandes nations contre les petites qui font des scores comme ça. »

D’ailleurs, ce revers a laissé des traces au sein de l’effectif qui a grandement été renouvelé par la suite.

« Je sais que les joueurs qui étaient là ont écopé et n’ont pas été rappelés en sélection. On a eu l’impression que plusieurs avaient été pris comme boucs émissaires de cette défaite. »

Jour sombre

« Sans le cacher, c’est le jour le plus sombre de ma carrière, admet Bernier. Quand je suis revenu à la maison, les gens m’ont dit que j’étais chanceux de ne pas avoir joué ce match. Mais c’est un jour qui te marque et qui reste gravé dans ta mémoire. »

C’est précisément pourquoi il a continué de jouer plus longtemps qu’il l’entendait avec la sélection nationale.

« C’est une des raisons pourquoi en 2017, quand je n’avais pas besoin de retourner en équipe nationale, j’y suis retourné.

« Je sentais qu’il y avait une vague qui changeait avec les jeunes joueurs aspirants comme Mark-Anthony Kaye, Jonathan Osorio et Alphonso Davies qui était mon cochambreur. C’était un baume sur la plaie. »

Transition

Il y a eu une période de transition pendant quelques années, mais les choses sont tranquillement rentrées dans l’ordre avec un bel essor à la fin de sa carrière internationale.

« C’était une période grise parce que c’était la fin d’une génération et il y a eu du flottement jusqu’à la Gold Cup de 2017 où on a vu qu’il y avait un nouvel élan avec un quart de finale contre la Jamaïque. »

Sans que Bernier le dise ainsi, on sent qu’un tel massacre ne pourrait pas se reproduire.

« Le programme est maintenant entre bonnes mains et est positif et j’ai l’impression que ça va durer longtemps », souligne l’ancien capitaine de l’Impact.

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