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L’omniprésence de l’anglais au CN dénoncée de toutes parts

Le Canadien National est « un mauvais citoyen corporatif au niveau linguistique »

Le ministre Simon Jolin-Barrette
Photo d'archives Le ministre Simon Jolin-Barrette

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Plusieurs partis politiques ont dénoncé l’omniprésence de l’anglais dans les instances dirigeantes du Canadien National (CN), notamment à sa direction et au conseil d’administration où vient d’être nommé Jean Charest. 

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Le gouvernement caquiste, qui souhaite que les entreprises à charte fédérale comme Air Canada et le CN se soumettent au projet de loi 96, déplore l’anglicisation de la compagnie de chemins de fer.  

« Il s’agit d’une entreprise dont le siège social est basé ici au Québec à Montréal et la langue de travail ici, c’est le français », a souligné le cabinet du ministre Simon Jolin-Barrette dans une déclaration envoyée au Journal.  

« Les Québécois doivent pouvoir travailler, être servis et informés dans leur langue. C’est un droit fondamental. Et le fait qu’ils travaillent dans une entreprise de juridiction fédérale ne devrait rien y changer. Le projet de loi 96 s’en assure », a poursuivi le cabinet. 

De son côté, Québec solidaire espère que le gouvernement aura le courage d’imposer la « langue nationale aux grands PDG ». 

« Encore une fois, on voit que Michael Rousseau n’était que la pointe de l’iceberg. La tendance est de recruter des hauts dirigeants qui ne parlent pas français », s’est indigné Ruba Ghazal, porte-parole de QS en matière d’Économie et de Langue française.

Français rarissime au sommet

Le Journal a rapporté jeudi que le français est rarissime à la tête du CN, que ce soit à la haute direction et au conseil d’administration de l’entreprise. L’ex-premier ministre Jean Charest sera d’ailleurs le seul francophone à siéger au CA. 

Malgré tout, l’entreprise a choisi une unilingue anglophone, Tracy Robinson. Elle a assuré qu’elle allait apprendre le français et vivre à Montréal. 

« Ça n’a aucun sens que le conseil d’administration fonctionne seulement en anglais. Le français est la langue commune et ça démontre que la loi fédérale sur les langues officielles ne permet pas de faire du français la langue commune. C’est un autre exemple où il faut appliquer la loi 101 aux entreprises fédérales », a souligné le député bloquiste Mario Beaulieu en entrevue avec Le Journal.

Selon lui, le Canadien National est depuis longtemps « un mauvais citoyen corporatif au niveau linguistique ». 

« On se croirait il y a 50 ans ! Quand l’anglais était la langue des affaires et de la promotion sociale », a-t-il déploré. 

Ottawa promet d’agir

Le gouvernement Trudeau reconnaît d’ailleurs qu’il y a un déclin du français partout au Canada, y compris au Québec et qu’il faut en faire davantage pour protéger la langue. 

« Notre gouvernement a présenté des mesures fortes dans le projet de loi C-32 pour protéger l’utilisation du français en tant que langue de travail et de service dans les entreprises privées de compétence fédérale au Québec. Nous ne reculerons pas sur ces engagements », a précisé le cabinet de la ministre des Langues officielles, Ginette Petitpas-Taylor. 

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