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Pas trop mollo, monsieur Legault!

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Photo d'archives, Agence QMI L’infantilisation de la population ne peut plus durer.

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Alors voilà, ça déconfine enfin. Ou du moins, ça déconfine un peu. Ça déconfine mollo, dixit François Legault. 

François Legault entend nous restituer nos libertés l’une après l’autre, sous le signe de la plus grande prudence, tout en se gardant le droit de les suspendre à nouveau si la situation l’exige.

Autrement dit, ce déconfinement est circonstanciel, et n’a rien de définitif. Il nous rappelle que la pandémie aura entraîné sans qu’on s’en aperçoive un changement des mentalités. Nous accordons désormais au gouvernement le droit de suspendre la vie sociale et économique au nom de la situation sanitaire. 

  • Écoutez Mathieu Bock-Côté au micro de Richard Martineau sur QUB radio : 

Infantilisation

Nous espérons évidemment qu’il n’aura pas à le faire, mais nous lui accordons cette permission, nous lui reconnaissons cette légitimité. 

L’état d’exception s’est normalisé, l’état d’urgence est désormais celui des jours ordinaires. 

Nous vivons dans un stress permanent, causé non seulement par le virus, qui nous inquiète, mais aussi par l’incertitude quant au droit du commun des mortels de vivre sa vie à peu près comme il l’entend. 

On me dira que selon la science apparemment toujours exacte de la Santé publique, il faudrait toujours être sur nos gardes. 

Certes. 

Mais voilà le fondement de mon analyse : il y a un problème en soi à ce que le gouvernement se donne le droit d’encadrer jusqu’au dernier détail la vie sociale. 

Écoutez Les idées mènent le monde, une série balado qui cherche a éclairer, à travers le travail des intellectuels, les grands enjeux de sociétés.

Il y a dans ce désir tatillon de maîtrise de nos existences une expression caricaturale des pathologies de la bureaucratie québécoise, qui ne doute jamais de son efficacité et de son expertise. 

Elle fixera ainsi avec ses normes kafkaïennes la capacité autorisée des restaurants, et demain, celle des salles de spectacles. 

Elle décidera à quelles conditions et dans quelles circonstances je peux recevoir des amis chez moi.

Le gouvernement se donne ainsi un pouvoir exagéré, pour se donner l’impression de maîtriser la situation et de contrôler autant qu’il peut une vague qui, manifestement, dépasse largement notre capacité à la dominer. 

Qu’on me comprenne bien. Je ne crois pas un seul instant que le gouvernement soit animé par de mauvaises intentions. Ceux qui traitent François Legault de dictateur ne comprennent rien au sens des mots et basculent dans un univers parallèle.

C’est le souci hygiéniste du gouvernement qui parle et qui en vient à se retourner contre le bon sens et le pousse à infantiliser la population. Que faire alors ? 

Bureaucratie

Il faut, si je puis me permettre cette formule peut-être trop audacieuse, banaliser la pandémie. La Covid doit être considérée comme un problème parmi d’autres de notre société.

Que le gouvernement fixe de grandes lignes sanitaires intelligibles, il est là pour ça. 

Fournir à tous les moyens de se protéger, qu’il s’agisse de masques ou de tests rapides. Poursuivre la réforme du système hospitalier. Vacciner ceux qui ne le sont pas encore. 

Et pour le reste, on vivra.

Déconfinons ? Déconfinons ! 

Et ne soyez pas trop mollo, m’sieur Legault. 

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