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Des horaires de jour encore comblés par des infirmières d'agences privées

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Photo d'archives, Hugo Duchaine Les CISSS et CIUSSS ont la possibilité de solliciter la main-d’œuvre indépendante, c’est-à-dire en provenance d’agences de placement privées, lorsque des heures supplémentaires sont nécessaires, dit le ministère de la Santé.

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Beaucoup de quarts de travail de jour en milieux de soins sont encore alloués aux infirmières des agences privées, même si le ministre de la Santé les avait promis aux employés de l’État l’automne dernier. Les établissements doivent respecter les contrats avec les agences, admet Québec.  

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Il y a trois mois, le ministre Christian Dubé avait assuré que les quarts de travail de jour seraient offerts en priorité au personnel du réseau de santé publique, tandis que le personnel des agences privées obtiendrait les horaires de soir, de nuit et de fin de semaine.  

Au cœur d’une grave pénurie de main-d’œuvre dans le réseau, Christian Dubé avait annoncé cette mesure afin de trouver du renfort et diminuer les heures supplémentaires obligatoires. Selon nos informations, rien n’a changé. 

La main-d’œuvre reste difficile à trouver, et pour leur part, les CISSS et CIUSSS ont les mains liées par des ententes ou refusent simplement de modifier leurs méthodes.

« En effet, certains contrats faisant l’objet d’appels d’offres publics ne peuvent être modifiés unilatéralement », a indiqué la porte-parole du ministère de la Santé, Marie-Hélène Émond.

Pas de plan

Les plans de mise en place que le ministre avait exigés des PDG pour le 1er décembre dernier n’ont toujours pas été déposés pour la grande majorité des établissements.  

Entre-temps, plusieurs quarts de travail de jour sont toujours comblés par des employés d’agence.

« Malgré les déclarations du ministre, la machine ne suit pas », a souligné Liliane Côté, porte-parole de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ).

Au mois d’octobre, une directive a été envoyée aux directions des établissements. Le ministre réclamait qu’elles puissent s’affranchir des services d’agences de placement privées.

Ce changement « très intensif » avait été annoncé publiquement par le ministre Dubé le 20 octobre dernier.  

« On demande aux PDG, à compter de ce matin [...], de prioriser les quarts de travail favorables pour le personnel dans le réseau de santé [...], d’imposer les quarts de travail défavorables, ce que ça veut dire : les quarts de nuit, les quarts de soir et les quarts de fin de semaine, les imposer au personnel des agences », avait-il déclaré.

Déjà défavorable

Des agences privées soutiennent que la demande du ministre n’a eu aucun impact sur le terrain, car leurs employés comblaient déjà des quarts de nuit et de fin de semaine. 

« Ç’a toujours été le cas que nous ayons les quarts défavorables. On nous appelle quand les listes de rappel sont épuisées. Alors, pour nous, rien n’a changé », souligne Hélène Gravel, de l’Agence Continuum Hôtel à la Maison.

Par ailleurs, en raison de la crise liée à la cinquième vague, le ministre Dubé a même dû négocier à nouveau avec les agences privées afin qu’elles puissent venir en aide pour vacciner et donner des soins, révélait Le Journal récemment. 

Recrutement plus compliqué que prévu  

L’opération séduction pour embaucher des infirmières à temps plein et s’affranchir des agences privées est beaucoup plus compliquée que prévu. Depuis l’offensive pour recruter de nouvelles infirmières à l’aide de primes, peu ont fait le saut du privé vers le réseau public.

Embauches depuis l’opération séduction  

  • 1980 nouvelles infirmières, dont 182 retraitées.      
  • L’objectif du gouvernement était d’ajouter 4300 nouvelles infirmières dans le réseau.    
  • Québec indique que 4891 personnes qui travaillaient déjà à temps partiel ont été rehaussées à temps complet.         

Source : Données du ministère de la Santé au 19 janvier

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