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Santé: c'est une reconstruction qu'il nous faut

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Photo d’archives, Agence QMI

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Entre les Québécois et leur système de santé et de services sociaux, le contrat social, politique, voire moral, est rompu. De fait, il l’était déjà bien avant le tsunami covidien.

Institué en 1971, son objectif principal était pourtant clair : nous garantir l’accès universel et gratuit à des services de qualité. Or, depuis les années 1990, des compressions répétitives l’ont affaibli.

Un glissement vers le privé l’a rendu inéquitable. Une brochette de réformes mal avisées l’a aussi désorganisé, déresponsabilisé et déshumanisé.

En pandémie, l’état piteux des services publics en santé mentale ou en CHSLD (dont les milliers de morts de la première vague) en est devenu le symptôme le plus visible. Derrière lui se cachent cependant plusieurs autres carences majeures.

Depuis deux ans, la pandémie nous fait éclater le tout en plein visage. Malgré même un budget annuel de 52 milliards $, soit 43 % du budget de l’État.

Résultat : jour après jour, le premier ministre, François Legault, doit nous implorer de « protéger » un système incapable de faire face à une crise sanitaire et dont les soignants sont carrément épuisés.

Magané depuis longtemps

La grande faiblesse du système dicte jusqu’au rythme des déconfinements – « mollo » imposé pour celui-ci.

Bref, sur la planète Québec, c’est le monde à l’envers. Au lieu d’être au service des Québécois, les Québécois sont obligés de se mettre au service de leur propre système de santé pour ne pas le faire craquer encore plus.

Ils comprennent donc qu’ils doivent y faire appel le moins possible ou devoir subir des délestages risqués pour eux.

À ce compte-là, ce n’est pas tant d’une refondation que ce réseau a besoin, mais d’une reconstruction visant à ressusciter sa vocation véritablement universelle, gratuite, accessible et de qualité.

Conditionnés depuis longtemps à ne plus voir à quel point la situation est aberrante, les Québécois ont fini toutefois par basculer dans le fatalisme.

En cette année électorale, croiront-ils alors aux promesses des partis, jurant tous de pouvoir réparer ce pauvre train, déraillé et « magané » depuis bien avant la Covid ?

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