/misc
Navigation

À quoi joue Erin O'Toole?

GEN-Point de presse du chef conservateur Erin O’Toole à Montréal
Photo Agence QMI, Mario Beauregard

Coup d'oeil sur cet article

L’appui d’Erin O’Toole face aux manifestants du « convoi de la liberté » est incompréhensible.

Ce convoi défile présentement sur les routes canadiennes en direction d’Ottawa pour manifester leur mécontentement face à la vaccination obligatoire des camionneurs.

Rapidement, ce convoi s’est transformé en mobilisation où se côtoie le cortège des protestataires habituels : les antivaccins, les combattants de la liberté style Bernier, les complotistes, l’extrême droite...

Rejet

Ce type de manifestation devrait être immanquablement rejeté en bloc par notre classe politique.

On ne badine pas avec des groupes qui veulent s’en prendre à l’autorité de l’État. 

Chez les conservateurs, ce qui devrait être une chose simple s’avère compliqué. Trop compliquée.

Trois conservateurs d’envergure ont décidé de défendre la démarche des camionneurs. Non les moindres, on parle ici d’Andrew Scheer, de Pierre Polièvre et de Candice Bergen.

Erin O’Toole, lui ? Il tergiverse et parle la langue de bois dans une longue lettre tiède dans le Toronto Star qui ne rejette ni n’approuve les manifestants. Et annonce en soirée qu’il ira à la rencontre des camionneurs.

Comme sur l’avortement et les changements climatiques, le chef conservateur court à sa perte pour satisfaire une minorité et contrer Maxime Bernier.

C’est une erreur tactique. Les États-Unis ont déjà obligé la vaccination obligatoire à tout camionneur voulant passer la frontière, ce qui clôt de facto la question.

Et puis, le chef conservateur devrait analyser les politiciens plébiscités et rejetés par les Canadiens.

Est-ce celui qui vacille sur les mesures sanitaires, Jason Kenney ? Aucunement. C’est plutôt François Legault, Justin Trudeau et Doug Ford, les trois ayant comme seul dénominateur commun une ligne dure pour les restrictions.

Ordre

Le Parti conservateur a toujours défendu la loi et l’ordre. 

Leur ambiguïté face aux perturbations d’une minorité laisse un goût de faiblesse et d’impuissance qui, ultimement, leur nuira.

Peut-être qu’Erin O’Toole fait le calcul que s’acoquiner avec les camionneurs le dispensera d’une révolte au sein de son parti.

En revanche, il a oublié un facteur dans son calcul : sa crédibilité auprès des Canadiens, majoritairement vaccinés et exaspérés.