/opinion/columnists
Navigation

Netflix: de l'achat vraiment pas local

Coup d'oeil sur cet article

Netflix a connu une poussée folle de popularité pendant la pandémie. Forcés de rester à la maison, les gens regardaient des séries en rafale. L’interruption des sorties et des voyages libérait aussi de la place dans le budget pour des loisirs plus casaniers.

La nouvelle de la semaine, c’est que la croissance ralentit vraiment pour Netflix. Ça ralentit un peu partout en Amérique du Nord... sauf au Québec ! C’est l’analyse que nous fournit l’Académie de la transformation numérique, chiffres à l’appui.  

Netflix a gagné un autre cinq parts de marché au Québec l’an dernier pendant qu’ailleurs on approchait plutôt d’une stagnation. En étudiant de plus près les parts de marché, j’ai été stupéfait d’apprendre que les Québécois sont, toutes proportions gardées, plus nombreux que les Américains à être abonnés à Netflix (57 % contre 52 %).

Contradiction 

Nous n’en sommes pas à une contradiction près, nous les Québécois ! Le peuple fier de sa culture et de ses artistes, qui a ses propres plates-formes de diffusion en ligne, mais qui consomme plus de Netflix que les Américains eux-mêmes. Du traduit, du mal traduit s’il le faut, si ça vient d’ailleurs, ça doit être meilleur ! Netflix détient des parts de marché de 5 à 10 fois supérieures aux plates-formes québécoises de contenu.

Vous savez quoi ? Ce sont aussi deux autres plates-formes américaines qui arrivent au deuxième et au troisième rang. Je ne mets pas en doute que ces géants américains regroupent des contenus de qualité. Mais la prépondérance des abonnements à Netflix, Amazon et Disney devant les services d’ici est renversante. Et elle contredit le discours dominant de nos gouvernements et de nos artistes sur l’attachement à la culture d’ici.

Les gouvernements ont laissé toute la place à ces services, les soustrayant même pendant un temps aux taxes de vente. Leur statut les soustrait de toutes les contributions aux divers fonds culturels qui sont imposés aux producteurs d’ici.  

Des retombées ?

Les Québécois sont donc généreux envers Netflix et fidèles au service, est-ce au moins réciproque ? Est-ce que Netflix investit chez nous ? Hélas. Le gouvernement canadien s’était entendu avec Netflix sur un investissement de 500 millions $ au Canada. Avec la croissance de l’entreprise, ce montant fut si facilement atteint qu’on a vu à quel point le gouvernement Trudeau s’était fait rouler.

Et pour le Québec ? Pas de chiffres disponibles par province. À ma connaissance, un seul film fut produit à date, en plus de quelques acquisitions. Tristement, pour la réciprocité, c’est nul. 

Si les gouvernements ont aidé les Netflix et autres, plusieurs chroniqueurs culturels font aussi leur part. Dès qu’on parle d’une sortie Netflix, on s’excite, on s’enthousiasme, on parle au superlatif. Au point où la personne qui n’est pas abonnée au service américain finit par se sentir comme un citoyen de seconde classe.

Le pire, c’est que lorsqu’un produit québécois est diffusé sur une plate-forme payante comme le Club illico, les mêmes abonnés Netflix sont fâchés que ce ne soit pas gratuit !

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.